La Journée internationale des femmes - Interview avec la spécialiste en genre de la BAD, Laeticia Mukurasi

29/02/2008
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La Journée internationale des femmes - Interview avec la spécialiste en genre de la BAD, Laeticia Mukurasi

Question: «L’investissement axé sur les femmes et les filles», tel est le thème choisi par la Banque africaine de développement cette année pour la Journée internationale des femmes (JIF). Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’importance de ce thème?

Réponse: Vous savez que la Banque est membre de la communauté internationale et qu’à ce titre, elle a participé à des réunions de haut niveau, notamment à la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue en mars 2002, et au Forum de haut niveau qui a abouti à l’adoption de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, tenu en mars 2005. Ces deux réunions ont permis à la communauté internationale de s’accorder sur la nécessité d’adopter une approche globale de financement du développement, notamment la promotion d’un développement égalitaire, ainsi que sur la nécessité de revoir les politiques de fourniture et de gestion de l’aide afin d’en améliorer l’impact et les résultats. Ces deux cadres mondiaux devraient donc permettre l’intégration des initiatives pour le financement des questions de genre et ce, précisément dans le cadre de ces vastes processus de développement durable. Les questions que se posent les défenseurs d’une politique égalitaire sont les suivantes: (i) quelles sont les ressources disponibles pour financer les initiatives destinées à la promotion de l’égalité entre l’homme et la femme ? ii) quels mécanismes peuvent être adoptés pour le suivi de l’impact de l’augmentation de l’aide sur différents groupes, principalement les femmes ? et iii) comment dans le contexte des nouveaux mécanismes de l’aide, cette augmentation se traduira-t-elle en ressources pour le financement des questions de genre, sachant qu’il est prévu en 2010 une aide totale de 128 milliards de $EU ?

Des études ont souligné que pendant cinq ans (1999-2003), la proportion de l’aide publique bilatérale au développement (APD) consacrée à la problématique homme-femme était négligeable, se chiffrant à 3,1 milliards de $EU en moyenne sur une allocation sectorielle prévisible de 17,2 milliards de $EU. De même, le déficit de financement pour la réalisation de l’objectif 3 des objectifs de développement du millénaire – à savoir promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes – dans les pays à faible revenu, a quant à lui varié, se situant dans une fourchette de 8,6 milliards de dollars en 2006 et 23,8 milliards de dollars en 2015.

Ces évolutions revêtent une importance pour la BAD, en tant qu’institution de financement du développement, d’autant plus qu’elle promeut l’égalité des sexes et l’autonomisation avec sa politique sur le genre. La BAD que s’est par ailleurs engagée à créer un outil de suivi des ressources financières affectées à la promotion de ces questions et de l’impact de ces investissements sur les femmes.

Question: Le Président du Groupe de la BAD Donald Kaberuka, a récemment déclaré qu’au sein de la Banque, la question de l’égalité des sexes devrait bénéficier de « la même attention que l’agriculture ». Pourriez-vous éclairer nos lecteurs sur ce propos ?

Réponse: Bien qu’ignorant le contexte dans lequel le Président Kaberuka a fait cette déclaration, il tentait, à mon sens, de souligner que l’agriculture et la problématique homme-femme étaient toutes deux essentielles pour le développement économique de l’Afrique. L’économie du continent repose principalement sur l’agriculture. Celle-ci représente environ 60 % de la force active, 20 % de l’ensemble des exportations de marchandises et 17 % du PIB. En outre, les femmes d’Afrique sont qualifiées de « réserve cachée de croissance » car elles représentent plus de la moitié de la main d’œuvre de la région. En fait, ainsi que s’en réclame la Politique de la Banque sur le genre, femmes et hommes ont tous des rôles significatifs dans l’économie. Cependant, force est de constater que l’économie africaine est essentiellement aux mains des femmes, principalement les secteurs agricole et informel. A titre d’exemple, les femmes travaillent plus d’heures que les hommes, leur journée de travail étant parfois de 50 % plus longue du fait de l’étroite corrélation qui subsiste entre leurs activités de production et de procréation. Pour une division du travail par sexe, il faudrait combiner le travail agricole, la charge des enfants et les tâches ménagères. Il ressort d’une récente étude de la Banque mondiale que les femmes contribuent à environ 90 % des activités de transformation des cultures vivrières et de ravitaillement des ménages en eau et en bois de chauffe, à 80 % des activités de stockage et de transport des produits alimentaires du champ au village et à 60 % des activités de récolte et de commercialisation. D’autres études qui ont été réalisées sur les structures de transport dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne révèlent que les femmes déplacent en moyenne et ce, généralement par chargement sur la tête, 26 kilomètres-tonnes par an, eau et bois de chauffe principalement, contre moins de 7 kilomètres-tonnes pour les hommes. En y ajoutant leur contribution à l’agriculture, les femmes assureraient selon les estimations, les deux-tiers de l’ensemble du transport rural.

Question: En dépit de la Déclaration de Beijing de 1995 et du Plan d’action sur l’autonomisation des femmes, ainsi que de nombreuses déclarations et discours sur l’égalité des sexes en Afrique, c’est sur le visage des femmes du continent qu’on continue de percevoir les stigmates de la pauvreté. Comment expliquer ce phénomène ?

Réponse: Votre question met en exergue le fait que dans certains milieux, la pauvreté est perçue comme un phénomène touchant particulièrement les femmes et ce, sous des formes qu’on ne peut appréhender au travers d’indicateurs, tels que le revenu ou autres dispositions conventionnelles. Pour certains intellectuels, chercheurs et acteurs du développement, le poids de la pauvreté sur les femmes peut être évaluée en termes de capacités individuelles et de rendement, ainsi qu’il en ressort des relations entre hommes et femmes, tels que soutenus et entretenus à travers les mécanismes et pratiques des ménages, des communautés, des Etats et autres institutions. Par exemple, la Politique de la Banque sur la pauvreté reconnaît que les hommes et les femmes partagent différemment la charge de la pauvreté. Les femmes et les filles sont généralement défavorisées en termes de prestations sociales, telles que l’éducation et la santé. De plus, elles ont rarement droit à la parole sur des questions qui affectent leurs vies ; elles subissent la violence domestique et sont plus vulnérables aux maladies infectieuses. En outre, si l’on associe tâches « ménagères » et travail « productif », elles travaillent en définitive plus que les hommes. La Politique de la BAD sur le genre se fait l’écho de ce constat et souligne que la pauvreté féminine est directement liée à l’absence d’opportunités économiques, à un manque d’accès aux ressources économiques, notamment le crédit, aux us et coutumes en termes de propriété et d’héritage, au manque d’accès à l’éducation et aux services d’appui. Cette situation a été exacerbée par la migration de la main d’œuvre, les changements qui sont intervenus dans les structures familiales et l’inégalité des niveaux de revenus et de consommation, auxquels vient s’ajouter l’inégale distribution de l’autorité tant au sein des familles que d’une famille à une autre, ce qui a défavorisé les femmes et les a empêchées de développer tout leur potentiel.

Cependant, des arguments et des contre-arguments ont été développés sur cette question. Certains avancent par exemple que l’analyse de l’intersection entre femme et pauvreté ne cadre pas nécessairement avec les grands concepts généraux, et qu’accoupler femme et pauvreté sous prétexte que la pauvreté a toujours eu des effets pervers sur les femmes, peut prêter à confusion, tant au plan de l’analyse que des hypothèses. C’est ainsi que la thèse selon laquelle les ménages dirigés par les femmes (FHH) sont forcément plus pauvres est de plus en plus contestée car elle sous-entend que la pauvreté est principalement liée aux caractéristiques des ménages plutôt qu’à l’environnement socioéconomique de la femme. Prétendre qu’un ménage est pauvre parce qu’il est dirigé par une femme peut avoir deux conséquences fâcheuses: premièrement, un tel argument contribue à détourner l’attention des causes plus générales et structurelles de l’inégalité des sexes et du déséquilibre socioéconomique qui en est le terreau ; deuxièmement, il sous-entend que seuls les ménages dirigés par les femmes sont pauvres, occultant ainsi le fait que les femmes vivant dans des ménages dirigés par les hommes sont également affectées par la pauvreté et que leur situation est parfois pire que celle des FHH. Le besoin d’une recherche nuancée et contextuelle sur la corrélation femme-pauvreté au sein des pays et d’un pays à un autre a été souligné.

Question: Selon vous, est-il un pays africain susceptible d’atteindre les buts des ODM sur l’égalité des sexes ?

Réponse: De nombreux pays africains atteignent déjà certains des objectifs des ODM sur l’égalité des sexes. Selon le Rapport sur l’évaluation des progrès de l’Afrique vers les objectifs de développement 200, établi par la BAD, la CEA et l’Union africaine, l’Afrique australe est de loin la région la plus performante pour ce qui est de l’ODM 3 ; vient ensuite l’Afrique du Nord, puis l’Afrique de l’Est. Il ressort dudit rapport que l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale devraient déployer davantage d’efforts concernant ce but.

En ce qui concerne l’enseignement primaire, la plupart des pays africains sont susceptibles d’atteindre la parité garçons-filles d’ici à 2015, ainsi qu’on peut l’observer dans neuf pays – Libye, Gambie, Lesotho, Malawi, Maurice, Namibie, Rwanda, Seychelles et Ouganda – qui ont déjà atteint cette parité dans l’enseignement primaire en 2005. Dans certains pays, tels que le Lesotho et la Namibie, le nombre de filles inscrites est supérieur à celui des garçons. Les gouvernements ont donc déjà introduit des programmes proactifs afin de corriger ce déséquilibre.

Les progrès vers la parité des sexes dans le secondaire sont cependant plus lents. Le but a été atteint en 2004, principalement dans douze pays, notamment l’Algérie, le Botswana, le Cap Vert, le Lesotho, la Libye, la Namibie, Sao Tome et Principe, les Seychelles, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, le Swaziland et la Tunisie. D’autres pays pourraient aussi y parvenir. Il s’agit des suivants: Egypte, Kenya, Madagascar, Maurice, Soudan et Zimbabwe. Onze pays parviendront très probablement à une parité filles-garçons dans l’enseignement secondaire d’ici à 2015, à savoir: Congo, Gabon, Gambie, Ghana, Malawi, Mauritanie, Maroc, Nigeria, Rwanda, Ouganda et Tanzanie.

Le paysage est plutôt sombre s’agissant de l’enseignement tertiaire. Il ressort en effet des statistiques disponibles que de nombreux pays n’atteindront probablement pas le but fixé d’ici à 2015. Cependant, neuf pays – Algérie, Cap Vert, Lesotho, Libye, Maurice, Namibie, Afrique du Sud, Swaziland et Tunisie – sont parvenus à la parité homme-femme dans l’enseignement tertiaire, tandis que Madagascar et le Soudan n’en sont pas loin.

S’agissant des taux d’alphabétisation des adultes de 15 à 24 ans, l’on a pu observer une tendance optimiste dans 30 pays dont les statistiques sont disponibles. Ainsi, 24 pays ont déjà atteint l’égalité des sexes en matière d’alphabétisation ou sont susceptibles d’y parvenir d’ici à 2015. Les huit pays ayant déjà atteint ce but en 2004 pour la tranche d’âge 15-24 ans sont les suivants: Botswana, Guinée équatoriale, Kenya, Maurice, Namibie, Seychelles, Afrique du Sud et Swaziland

En ce qui concerne la représentation féminine au sein des parlements nationaux, des progrès sont certes enregistrés mais le rythme du changement est lent dans 27 pays sur les 32 dont on dispose des données pour 1990 et 2005. Les pays ci-après ont plus que doublé le pourcentage de sièges tenus par les femmes au sein de leurs parlements: Algérie, Bénin, Botswana, République démocratique du Congo, Kenya, Mozambique, Namibie, Niger, Rwanda, Swaziland, Afrique du Sud et Tunisie. Huit autres pays ont accompli des progrès significatifs, à savoir: Ouganda, Zambie, Seychelles, Sénégal, Malawi, Gambie, Guinée équatoriale, Cote d’Ivoire, Togo, Madagascar et Angola. Les meilleurs élèves sont le Rwanda, qui a atteint l’égalité des sexes avec quasiment 48,8 % de femmes parlementaires, le Mozambique avec 34,8%, l’Afrique du Sud 32,8%, et les Seychelles 29,4%. De plus, un nombre croissant de femmes détiennent le pouvoir dans certains pays, au Liberia par exemple, ou sont nommées à la tête de ministères importants. En Gambie, la vice-présidence est détenue par une femme. Il en est de même en Afrique du Sud. Au Mozambique, les postes de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères sont occupés par des femmes tandis qu’au Cap Vert, c’est une femme ministre qui préside le Conseil des ministres, les réformes gouvernementales et la défense nationale. Au Liberia, le portefeuille des finances est tenu par une femme.

Question: La Banque procède actuellement au développement d’un outil de suivi des ressources destinées à la promotion de l’égalité des sexes. Pouvez-vous nous éclairer sur le fonctionnement de cet outil et sur son degré d’efficacité ?

Réponse: Les objectifs de cet outil dénommé GRARTS (Gender Resource Allocations and Results Tracking System), autrement dit Système de suivi des affectations de ressources et des résultats, sont les suivants: i) renforcer l’articulation entre les objectifs de la Politique du Groupe de la Banque sur le genre et les affectations de ressources ; ii) assurer une allocation judicieuse les ressources ; iii) faciliter le suivi des ressources destinées à l’amélioration de l’égalité des sexes dans le cadre d’opérations telles que les programmes ou projets ; iv) promouvoir une gestion plus responsable des engagements du Groupe de la Banque pour l’égalité des sexes et fournir des indications sur les pratiques de bonne gouvernance économique et financière ; v) permettre le suivi, au fil du temps, des changements qui seront enregistrés dans le domaine du genre consécutivement aux investissements de la Banque ; et (vi) accroître l’impact sur le développement par une prestation plus efficace de l’aide et par la réduction de la pauvreté. Le GRARTS vise en définitive à promouvoir la prise en compte de la femme dans les considérations qui sous-tendent la planification, la conception et l’exécution des programmes et projets de la Banque.

Bien qu’il soit trop tôt pour démontrer concrètement le degré d’efficacité éventuelle de l’outil, celui-ci arrive néanmoins à propos vu que l’élaboration de stratégies et procédures en vue d’améliorer l’efficacité de l’aide, ainsi que le préconise la Déclaration de Paris, était devenue impérative. Cette déclaration étant censée s’accompagner d’une augmentation de l’aide, la Banque pourra ainsi suivre l’impact de l’augmentation des ressources sur différents groupes, dont les femmes. Si l’on s’en tient aux débats aujourd’hui en cours, cet outil est d’autant plus indispensable que les actuels systèmes pays des bailleurs de fonds ainsi que des partenaires ne prévoient pas de mécanismes susceptibles de faciliter le suivi et le contrôle des ressources affectées à la promotion de l’égalité des sexes. L’exercice proposé sera par conséquent une contribution de la Banque au redressement de cette situation.

Cet outil n’imposera ni l’adoption de budgets séparés pour les programmes spécifiquement liés aux femmes, ni d’additifs aux systèmes de rapports financiers de la Banque (SAP, COSTAB et DATA WAREHOUSE), mais plutôt une analyse de l’impact des investissements de la Banque sur les femmes et les hommes. Cette analyse permettra de définir les éléments utiles, de codifier et de classifier les questions de genre, et d’intégrer les catégories et codes de coûts dans les systèmes de saisie des données financières. Pour la mise en oeuvre du GRARTS, la Banque devra certainement renforcer ses capacités et son expertise dans les domaines de la budgétisation et de l’analyse des questions de genre.

Question: Y aura-t-il des actions de suivi après le 8 mars ? Si oui, dans quels domaines ?

Réponse: Les négociations sur la reconstitution du FAD-XI récemment achevées au niveau de la Banque, ont abouti à une reconstitution exceptionnelle de ressources chiffrées à 8,9 milliards de $EU, soit une augmentation de 52 % par rapport aux ressources du FAD-X. Il y a lieu de souligner que le programme adopté appuie vigoureusement la promotion de la parité homme-femme. Etant donné que la Banque se trouve en position de force, financièrement parlant, elle pourra proposer une diversité d’instruments de prêts et hors prêts qui devraient permettre de satisfaire une diversité de besoins de développement, y compris ceux liés à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.

Deuxièmement, la Banque entamera bientôt l’élaboration d’un plan d’action actualisé sur l’égalité des sexes (GPOA), lequel prendra en compte, entre autres, les conclusions des négociations sur la reconstitution du FAD-XI, et plus particulièrement les aspects suivants:

  • Revue des capacités et de l’effectif des fonctionnaires du Groupe de la Banque chargés des questions de genre, tant au niveau du siège que des missions résidentes, afin d’apporter l’appui et l’assistance pratiques requis pour renforcer l’engagement de la Banque en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes et ce, dans le cadre d’une revue plus large des compétences et capacités de la Banque ;
  • Revue critique de la méthodologie de production des profils du genre et leur utilisation, notamment les aspects qualité et pertinence, et examen des voies et moyens de renforcer les études analytiques en partenariat avec d’autres études analytiques conjointes réalisées au niveau pays ;
  • Examen de l’utilisation des systèmes et mécanismes tels que les termes de référence dans le cadre des études de faisabilité, examen des procédures de revue préalable des impacts environnementaux et sociaux des questions de genre dans la conception des projets, ainsi que des voies et moyens de les articuler avec le système de mesures incitatives ;
  • Renforcement des mesures d’incitation du personnel, y compris l’institution du Prix du Président pour le changement et l’excellence ;
  • Mesures visant à soutenir le renforcement des capacités de collecte de données ventilées par sexe et d’établissement de rapports au sein de la Banque et dans les pays membres régionaux.

Troisièmement, les récentes évolutions témoignent bien des progrès accomplis dans ce domaine. Le survol des actions menées par les différents complexes de la Banque ces trois derniers mois révèle que ceux-ci ont pris un certain nombre de dispositions pour l’obtention de résultats plus concrets concernant le programme sur le genre. La Vice-présidence des opérations a souligné que le principal problème qui se pose concernant la prise en compte des questions de genre résulte de la faiblesse des capacités en la matière. C’est ainsi qu’elle élabore actuellement un plan d’action de mise en œuvre à court terme (SIAP), articulé autour de trois axes stratégiques, notamment la communication, la diffusion et la formation continue et ce, en vue de promouvoir la réalisation des objectifs du FAD-XI sur les questions de genre. La Vice-présidence des opérations sectorielles a lancé au niveau du complexe dans son ensemble, un indicateur des connaissances sur le genre. Ainsi, les différents chefs de division et directeurs doivent désormais rendre compte de leur gestion de cette question.

La vice-présidence infrastructures, secteur privé et intégration régionale de la Bad a pour sa part souligné l’immense contribution que peut apporter l’infrastructure, principalement dans les zones rurales, à la libération de la femme et lui permettre ainsi de vaquer à des activités plus productives, d’améliorer sa productivité, de promouvoir la croissance économique et de réduire la pauvreté. Elle a par conséquent requis que tout programme et projet d’investissement puisse répondre aux questions suivantes: Qui en est l’utilisateur ? Quel type d’infrastructures (bien ou service) et à quelle fin ? Quels en sont les bénéficiaires ? Qui en supporte les frais ? Qui décide du site, du temps convenable, de la manière et du montant ? Qui en assure l’entretien ?

Le complexe de l’économiste en chef du Groupe de la Banque entend s’investir dans une production de statistiques et d’indicateurs, plus massive et de meilleure qualité, en vue d’améliorer les informations et les données de base sur les femmes et faciliter ainsi l’analyse par l’institution, des résultats des actions liées au genre.


Speaker

Nom: Laeticia Mukurasi Titre: AfDB Gender Specialist