2010 une année de consolidation opérationnelle pour la BAD

07/06/2011
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Si 2009 a été l’année où la Banque a joué un rôle contra-cyclique de par l’intensification significative de son assistance aux pays membres régionaux vivant de sévères contraintes budgétaires, 2010 a été l’année de la consolidation opérationnelle.

C’est ce qui ressort  de l’analyse financière et opérationnelle de l’exercice 2010 faite par la Banque africaine de développement (BAD), le 7 juin à Lisbonne au Portugal, dans le cadre de ses assises annuelles, La présentation de cette année  revêt « un cachet particulier pour deux raisons » a affirmé le vice-président chargé des finances de la BAD, M .Charles Boamah qui introduisait la session. D’une part, elle  est la première après la  sixième et plus importante augmentation générale de l’institution ainsi que la 12è reconstitution du Fonds africain de développement (FAD).

D’autre part, elle se déroule après les récentes évolutions sociopolitiques sur le continent, notamment dans sa région nord. Ces mêmes changements  ayant  mis en lumière avec acuité les défis du continent Pour M.Boamah, ces  défis révèlent, en outre, la pertinence d’une croissance partagée pour tous », thème des assises.

Pour sa part, le trésorier de la BAD a  énoncé d’entrée l’après crise-financière qu’il a entre autres matérialisée  par une chute de l’inflation qui s’est traduite par  une inflation qui est passée de 10% en 2009 à 7, 7% en 2010

Décrivant les développements récents survenus au sein du Groupe de la Banque et en Afrique, le trésorier de la BAD, M. Pierre Van Peteghem a indiqué qu’au cours de l’année 2010, l’Afrique a commencé à se remettre des effets de la crise économique et financière mondiale.

En 2010 et tout au long des années qui ont précédé, a-t-il dit, la Banque a adhéré de manière stricte et constante à des politiques prudentes de gestion financière et de gestion de risques pour assurer sa viabilité financière dans le long-terme, et sa notation AAA.  La gestion de la Bad s’est en effet  traduite par une forte capacité à exécuter son plan de croissance.  

Au niveau de risques,  celui du crédit s’est matérialisé par des prises de participation  s’élevant à 91% des fonds propres utilisés. Le risque de trésorerie, portant sur les risques de marché et de contrepartie, plafonnait à 7%  tandis que le risque opérationnel, concernant, entre autres, les événements et autres chocs externes, absorbait  2% des fonds propres utilisés.

S’agissant des fonds propres de la BAD, le capital libéré en 2010 était de 3,377 milliards de dollars EU  contre 3,431 milliards  de dollars en 2009. Quant aux réserves elles s’élevaient en 2010 à 4,047 milliards de dollars contre 4,002 milliards en 2009. En 2010, le taux d’utilisation des fonds propres était de 58%.

Le trésorier de la BAD a, en outre, retracé les succès opérationnels et financiers du Groupe de la Banque.

Concernant les perspectives économiques africaines, il a indiqué que le PIB réel de l’Afrique a crû de 4,9 % en 2010 contre 3,1 % en 2009, porté par la hausse de la demande intérieure, des revenus à l’exportation, des investissements directs étrangers, des transferts des migrants et de l’aide au développement.

Cependant a-t-il averti,  ce taux de croissance devrait  baisser à 3,7 % en 2011, suite en grande partie, à l’agitation sociopolitique qui règne dans certains pays, avant de  se corriger à 5,8 % en 2012.

Des disparités régionales de croissance subsistent, et les bénéfices de cette croissance restent inégalement répartis à travers le continent, ce qui souligne la nécessité d’un développement plus inclusif.  En effet, l’Afrique a  connu des performances économiques disparates. Ainsi au niveau du PIB la région Nord a  enregistré une croissance de 4,6%, la  région ouest  de 6,7%.; la région centre, de 4,7% ; la région est,  de 6,2 pour cent  et la région australe, de  3,3%.

Solidité financière et  soutien fort des actionnaires

La solidité financière de la Banque, a  aussi été abordée par le trésorier de l’institution ainsi que ses activités de marché en 2010. Un soutien fort des actionnaires, une grande capacité à supporter les risques, une position de liquidité confortable et des politiques financières et de gestion prudentes constituent les fondements du statut AAA de la Banque dans les marchés financiers.

Ce même statut renforce la capacité de la Banque à fournir des financements à prix compétitifs dans la conduite de ses activités de développement. Au cours de l’année, la Banque a continué à peaufiner son image de marque auprès des investisseurs internationaux, et a mobilisé des ressources à des coûts compétitifs sur le marché global des obligations de référence.

Elle a aussi lancé et mis en œuvre avec grand succès un programme d’Investissements « socialement responsables » en réponse à la demande grandissante des investisseurs pour ce type de produit.

La présentation  a abordé les activités opérationnelles du Groupe de la Banque. Faisant suite à un montant record en 2009, les approbations du Groupe de la Banque ont dans l’ensemble été maintenues à des niveaux supérieurs aux niveaux d’avant-crise en 2010.

Projets d’infrastructures à fort impact

Conformément à ses priorités stratégiques, ses opérations furent principalement centrées sur l’infrastructure afin de contribuer à l’élimination des obstacles structurels entravant la croissance économique de l’Afrique. Les projets d’infrastructures à fort impact ont mobilisé 4 milliards de dollars sur 70,9% des approbations du Groupe de la BAD en 2010. Le secteur du transport a permis à 15, 9 millions de personnes de bénéficier d’un meilleur accès aux services.

De remarquables progrès ont été accomplis dans les domaines de l’énergie propre, de la sécurité alimentaire, de la gouvernance, et des opérations du secteur privé.

S’’agissant de l’énergie, la Banque a permis à 16,5 millions de personnes de bénéficier d’un meilleur accès à l’énergie entre 2009 et 2010.

Pour ce qui est du secteur privé, les projets approuvés pour le secteur ont permis d’importants gains/économies de devises pour les bénéficiaires. Quelque 306 600  emplois ont été créés, 52 000 opérations dirigées par des femmes ont pu bénéficier des opportunités offertes. Enfin, les pouvoirs publics ont ainsi reçu 15 milliards de dollars  en  impôt et taxes.

Lutte contre  le changement climatique

En termes de perspective et sur un des sujets qui n’est pas des moindres : la lutte contre  le changement climatique et le développement à faible  intensité de carbone, la Banque est en train de mettre en place le Fonds spécial « Clim-Dev-Africa », de 145 millions de dollars, et a été approchée pour gérer le Fonds vert pour l’Afrique.

Dans cette dynamique la BAD compte conserver en tant que « partenaire privilégié de l’Afrique », son orientation  stratégique, tout en répondant dans le même temps au besoin urgent d’inclusion économique et sociale à travers le continent.

 Les Etats financiers présentés  émanent  du Rapport annuel 2010 du Groupe de la Banque. Un rapport soumis par les conseils d'administration de la Banque africaine de développement (la Banque) et du Fonds africain de développement (le Fonds).  Ils sont vérifiés des deux institutions pour l'exercice allant du 1er janvier au 31 décembre 2010 ainsi que les budgets administratifs pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2010. Il présente également l'évolution récente de l'économie africaine et les activités opérationnelles du Groupe de Banque en 2010


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