Le rapport 2014 sur la transformation de l’Afrique souligne la nécessité d’une croissance en profondeur

20/05/2014
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Lors de la première session à Kigali de l’Assemblée annuelle de 2014 de la Banque africaine de développement (BAD), des représentants du Centre africain pour la transformation économique (ACET), un institut de politique économique établi au Ghana, ont présenté leur rapport intitulé « Rapport sur la transformation de l’Afrique : croissance en profondeur ».

Ce rapport présente la situation de la transformation économique en Afrique subsaharienne, les enseignements que les pays africains ont tirés, certains points de comparaison avec l’Asie et l’Amérique latine et la manière de soutenir cette transformation sur le long terme.

La session comprenait des présentations de K.Y. Amoako, fondateur et président d’ACET, de Yaw Ansu, économiste en chef d’ACET, auxquels s’est joint Justin Lin, ancien économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale.

Le Rapport sur la transformation de l’Afrique résulte d’un vaste programme de recherche sur trois ans. Il comprend des études nationales, sectorielles et thématiques visant à fournir des analyses et des enseignements qui peuvent être adaptés aux ressources, aux contraintes et aux possibilités de chaque pays. Ces études ont été mises au point en collaboration avec des groupes de réflexion de 15 pays africains.

Dans sa présentation, Ansu a indiqué que les besoins des économies africaines ne se limitaient pas à la croissance et qu’une croissance en profondeur était nécessaire. Ce qui signifie qu’il faut diversifier la production, assurer la compétitivité des exportations sur le marché international et augmenter la productivité globale des exploitations agricoles, des entreprises et des gouvernements. Il s’agit aussi de relever les technologies qui sont utilisées dans l’ensemble de l’économie, ce qui se traduira par une amélioration du bien-être des populations africaines.

L’élément essentiel de ce rapport est le nouvel Indice de transformation de l’Afrique élaboré par l’ACET.  Indice qui évalue les résultats des pays par rapport à cinq mesures approfondies de la transformation et les agrège en un indice global. Il indique aux responsables politiques, aux dirigeants d’entreprise, aux médias et au public comment se transforment les économies africaines et où elles se situent par rapport aux économies comparables.

En exploitant l’expérience de la Chine,  Lin a indiqué que l’Afrique a une occasion unique de tirer des enseignements des réussites et des échecs de la Chine. Selon lui, l’avantage comparatif de l’Afrique en matière de ressources naturelles, ses coûts de main-d’œuvre moindres et la jeunesse relative de sa population constituent, entre autres facteurs d’entraînement importants, l’un des moyens de soutenir cette transformation. 

À titre d’exemples, la session a examiné les industries du textile et des chaussures de marque mises en place en Éthiopie au cours des dernières années et qui ont eu d’importantes répercussions positives sur l’économie du pays.

Le développement des infrastructures a également été identifié comme un aspect important de la transformation du continent.  Le rôle du programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) de la BAD en tant que pilier de ces efforts a également été discuté.

Dans son allocution,  Amoako a insisté sur le rôle des leaders des pays dans l’élaboration de visions et de stratégies à long terme ainsi que dans la coordination claire des activités de tous les acteurs dans la poursuite et l’atteinte de cette transformation économique.

Les questions et les interventions des autres participants ont donné l’occasion de souligner que le maintien de la transformation économique de l’Afrique est une question complexe qui nécessite une approche globale et réfléchie.