Relancer les économies après Ébola : une nouvelle aide de la BAD de 300 millions $ en faveur des programmes nationaux

17/04/2015
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Lors des réunions de printemps 2015 de la Banque mondiale et du FMI à Washington, le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a annoncé une aide de 300 millions de dollars EU en faveur des programmes de relance post-Ébola des pays touchés par le virus.

Le financement de la BAD aidera les gouvernements des pays affectés par Ébola à investir dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et l’assainissement, de l’agriculture, ainsi que dans le secteur financier.

« Ce n’est pas le moment de relâcher nos efforts, a déclaré Donald Kaberuka ce vendredi 17 avril. Nous devons renforcer les soins de santé primaires en Afrique, réduire la dette des pays concernés, et nous préparer à repousser la prochaine épidémie ».

La Banque est en train de mettre sur pied deux nouvelles opérations post-Ébola, en sus des 523 millions de dollars EU destinés à renforcer les secteurs de la santé et du transport :

  • La BAD soutiendra la création d’un centre d’excellence pour la surveillance et la prévention des épidémies sur le continent africain – le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC), dirigé par l’Union africaine. Des centres régionaux seront également créés, les systèmes d’alerte précoce améliorés, et les réglementations et les interventions de santé nationales l’harmonisées.
  • Le Projet de rétablissement des moyens d’existence post-Ébola (PELREP) entend améliorer l’accès aux services socio-économiques de base et accroître la capacité de production des pauvres. Les fonds serviront à :
  • Rétablir les systèmes de production agricole et les moyens de subsistance des fermes touchées par la maladie à virus Ébola : seront fournis aux agriculteurs des sacs de semences de démarrage (riz et maïs), des jeunes plants (manioc et patate douce), des engrais et des produits agrochimiques, des équipements agricoles, du bétail domestique ; et seront réhabilités l’infrastructure liée au système semencier, les marchés et les entrepôts.
  • Rouvrir les infrastructures de santé et apporter un soutien psychosocial aux victimes de la maladie à virus Ébola.
  • Développer les compétences et les technologies, en recrutant et en formant les professeurs ; en formant et en déployant des techniciens spécialisés dans l’alimentation en eau et l’assainissement ; en formant les acteurs de la chaîne de valeur en matière de compétences techniques et de gestion ; en encourageant le recours à la science et aux technologies dans le secteur agroalimentaire ; en formant aux méthodes de réduction des pertes post-récolte ; en renforçant les capacités tout au long des chaînes de valeur dans les produits de base ; en formant aux affaires et à l’entrepreneuriat ; et en mettant à jour les bases de données semencières du NARES (Système national de recherche et de vulgarisation agricoles) et d’Africa Seeds.
  • Créer un fonds d’investissement social, afin de renforcer les systèmes de soutien économique aux victimes de la maladie à virus Ébola (capital de démarrage, développement des compétences techniques et entrepreneuriales, subventions, prêts à des conditions favorables, bourses d’études, primes d’assurance, subsides, etc.).
  • Renforcer les systèmes de surveillance régionaux, en partenariat avec l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) et l’Union du fleuve Mano

« Les 300 millions de dollars serviront à soutenir d’ambitieux plans de relance nationaux et sous-régionaux », a ajouté Donald Kaberuka.

Les dernières estimations de PIB établies par la Banque mondiale montrent que l’épidémie d’Ébola continue à altérer sérieusement les économies des trois pays les plus affectés, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria. On estime à  2,2 milliards de dollars EU la perte subie par leur PIB en 2015 : 240 millions de dollars EU perte pour le PIB du Libéria, 535 millions pour celui de la Guinée et 1,4 milliard dans le cas de la Sierra Leone. La situation s’est dégradée à la suite de la chute brutale des prix des matières de base (le fer, par exemple).
Les pays réagissent différemment. Le Libéria revient progressivement à la normale ; L’économie guinéenne stagne ; la Sierra Leone souffre d’une sévère récession due à l’effondrement du secteur minier.

Placée sous l’égide du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, la table ronde sur Ébola a réuni le président Kaberuka, le président de la Guinée, Alpha Condé, la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, et le président de Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, qui, tous trois, ont présenté leurs plans de relance respectifs. Donald Kaberuka a salué ces chefs d’Etat pour le leadership remarquable dont ils ont fait preuve dans la lutte contre cette tragédie humaine et, surtout, a remercié les nombreux agents de santé qui risquent leur vie au quotidien.

D’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 28 nouveaux cas ont été confirmés en Guinée, 0 au Libéria et 9 en Sierra Leone durant les sept jours précédant le 12 avril 2015.

Au total, 25 791 cas confirmés, probables ou suspectés d’Ébola ont été recensés en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, entraînant plus de 10 600 décès depuis le début de l’épidémie.


La contribution de la BAD à la relance post-Ébola

En avril 2015, la Banque africaine de développement (BAD) a mobilisé un total de 823 millions de dollars EU en faveur de 12 opérations en Afrique de l’Ouest, avec ses partenaires au développement et des représentants du secteur privé, avec lesquels elle a créé un Fonds d’intervention contre Ébola.

Les 823 millions de dollars EU englobent 223 millions provenant du Fonds africain de développement (FAD), du Fonds de soutien à la transition, et du Fonds spécial de secours, destinés à renforcer les systèmes de santé, à former les personnels de santé, et à fournir des équipements et d’autres aides d’urgences aux pays touchés par le virus ; 300 millions de dollars alloués à un projet de transport routier dans les pays du fleuve Mano dans le but de renforcer les infrastructures et l’économie de la région ; auxquels viennent s’ajouter les 300 millions supplémentaires voués à la relance économique post-Ébola.