3e Semaine africaine de l’eau - Plaidoyer de la BAD pour des financements innovants dans le secteur de l’eau et de l’assainissement

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De: 22/11/2010
A: 26/11/2010
Lieu: Addis Abeba, Ethiopie


Tunis, le 20 novembre 2010 – Le recours à l’aide publique au développement et aux budgets nationaux est nettement insuffisant pour combler le déficit de financement du secteur de l’eau et de l’assainissement, indique la Banque africaine de l’eau à la veille de la 3e Semaine africaine de l’eau, en appelant à plus de sources de financement innovantes.

De sérieux déficits de financement du secteur de l’eau prévalent encore, comme l’a mis en lumière une étude réalisée par la BAD sur les coûts de la réalisation de la Vision africaine de l’eau, corroborée par l’Étude diagnostique sur l’infrastructure africaine.

Quelque 45 à 60 milliards USD par an sont requis pour satisfaire les besoins africains en infrastructure, dont 11 milliards pour le seul secteur de l’eau et de l’assainissement.

Pour promouvoir des approches plus innovantes dans l’utilisation de sources de financement non traditionnelles, la Banque africaine de développement pilote une session thématique sur « Le financement des investissements dans l’eau pour la croissance et le développement » dans le cadre de la 3e Semaine africaine de l’eau, qui se tient à Addis-Abeba du 22 au 26 novembre 2010.

La session fournira aux quelque 500 participants attendus à la conférence (ministres, représentants d’organisations de bassins, acteurs clés du secteur…) une opportunité pour mettre en lumière des approches innovantes et réussies dans la mobilisation des financements et l’échange de leçons entre pairs. Les discussions porteront sur des études de cas pays et les expériences d’un large éventail de parties prenantes sur les sources non traditionnelles de financement. Cette session de deux jours est organisée en coopération avec le Partenariat mondial pour l’eau (GWP), le Programme pour l’eau et l’assainissement – Afrique (WSP) ainsi que la Facilité africaine de l’eau, une initiative du Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW), gérée par la BAD.

La BAD lancer également en marge de la 3e Semaine africaine de l’eau deux importants rapports. Le rapport sur la Gouvernance dans le secteur de l’eau en Afrique démontre que la difficulté à garantir à des millions d’Africains de services d’eau et d’assainissement tient essentiellement au manque de gouvernance.

Le Guide pour la facturation aux usagers de l’eau et de l’assainissement en milieu rural s’attaque de son côté à une question fondamentale dans tous les investissements dans le secteur de l’eau : comment faire pour que les services d’eau et d’assainissement soient financièrement viables, tout préservant l’environnement et en prenant en considération les conditions sociales des usagers ?

Un autre événement parallèle permettra de partager les résultats d’Evaluations pays en matière d’eau et d’assainissement pour 32 pays africains. Ces rapports font état de la performance du secteur et de ses contraintes, en identifiant clairement les barrières, tout au long de la chaîne de fourniture de service. Ils permettront ainsi de motiver les réformes de politique sectorielles et d’accélérer les progrès dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement relatifs à l’eau et l’assainissement. La BAD a participé à ces revues pays dans 4 pays – le Tchad, la Gambie, la Zambie et le Nigeria (dans 3 Etats).

La 3e Semaine africaine de l’eau se tient sous le thème : « Mise en œuvre de la Vision africaine de l'eau et réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD): défis et opportunités dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement ».

La Semaine africaine de l’eau est devenue un événement annuel majeur dans l’agenda régional de l’eau et de l’assainissement. La Bad en a organisé avec succès, en mars 2008 à Tunis, la première édition, qui a débouché sur la Déclaration ministérielle de Tunis. Cette déclaration a constitué un pilier essentiel des engagements du Sommet des chefs d’Etat africains de Sharm-El Sheikh en 2008 à accélérer la réalisation des OMD relatifs à l’eau et l’assainissement. La 2e Semaine africaine de l’eau a été hébergée par le gouvernement sud-africain à Johannesburg en novembre 2009, la BAD pilotant la session thématique sur « Le financement des infrastructures d’eau et d’assainissement ».

La Déclaration de Tunis sur l’accélération de la sécurité en eau pour le développement socioéconomique de l’Afrique a mandaté la BAD et le Programme pour l’eau et l’assainissement (WSP) pour réaliser les Evaluations pays de « seconde génération » dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, afin d’identifier les goulots d’étranglement et de comparer les progrès des pays dans la réalisation des OMD. Le Sommet de Sharm-El Sheikh a chargé l’AMCOW de lui faire un rapport annuel sur la réalisation des engagements en matière d’eau et d’assainissement, ce pour quoi l’AMCOW a sollicité l’assistance de la BAD.

Le rôle de la BAD, pendant et en dehors de ces événements, est de rassembler les professionnels du secteur, les technocrates et la société civile pour définir des actions destinées à relever les défis auxquels font face les gouvernements dans la réalisation de leur sécurité en eau. Elle partage avec eux son expertise et son savoir pour les soutenir dans ce sens. La préparation du Plan d’action et du cadre analytique pour informer l’Union africaine sur la sécurité en eau des pays africains constitue une des contributions majeures de la BAD à cet égard.