Six mois après son entrée en fonctions, le président Adesina expose ses ambitions pour l’institution et l’Afrique

11/04/2016
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Six mois après son entrée en fonction à la tête de la Banque africaine de développement, le 1er septembre 2015, son président, Akinwumi Adesina, revient sur ses réalisations et présente ses objectifs pour la décennie à venir, tant pour la Banque que pour l’Afrique.

Dans une vidéo d’une dizaine de minutes, le président dit sa vision d’un continent mieux intégré, qui forme un vaste marché au sein duquel les personnes peuvent circuler librement, sans restriction, et de pays jouissant d’infrastructures solides qui les relient les uns aux autres, par voie aérienne, ferroviaire ou fluviale. « D’ici 10 ans, je vois une Afrique capable de se nourrir elle-même et d’exploiter l’ensemble des ressources qu’elle possède. Une Afrique plus compétitive à l’échelle mondiale. D’ici 10 ans, je pense que l’Afrique sera totalement éclairée et que l’accès à l’électricité sera universel ; je vois une Afrique sortie de l’obscurité ». Et d’ajouter : « Voilà à quoi, selon moi, nous parviendrons en 10 ans ».

« Je suis très investi dans mes activités en tant que président de la Banque africaine de développement. Lorsque j’ai été élu 8e président de la Banque, j’ai annoncé très clairement que nous allions travailler sur cinq domaines en priorité, qui pour moi représentent les principaux défis auxquels est confrontée l’Afrique ». Ces priorités de développement sont dites les « Cinq grandes priorités » (High Fives” en anglais) : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ; intégrer l’Afrique ; nourrir l’Afrique ; industrialiser l’Afrique ; et améliorer la qualité de vie des Africains.

« Je suis particulièrement heureux de constater l’enthousiasme que suscitent ces cinq priorités », déclare le président Adesina, notant que tant les partenaires au développement que les dirigeants africains les reprennent à leur compte.

Au cours des six premiers mois de son mandat, la Banque s’est efforcée de développer des partenariats au niveau mondial autour de ces cinq priorités de développement, explique-t-il. La BAD a joué un rôle capital lors des négociations sur le climat à Paris (COP21) en décembre 2015, fédérant les dirigeants africains et appuyant le Groupe des négociateurs africains. Et l’accord adopté sur le climat va dans le sens des intérêts de l’Afrique. Lors de la COP21, la BAD et ses partenaires ont lancé l’Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique (African Renewable Energy Initiative - AREI), dont l’objectif est de générer 300 gigawatts d’électricité sur l’ensemble du continent d’ici à 2030.

Lors de la Conférence de haut niveau sur l’agriculture organisée par la Banque à Dakar, en octobre 2015, les ministres des Finances et les partenaires au développement ont été invités à voir dans l’agriculture tout à la fois une activité commerciale, une source d’emplois solide pour les jeunes –  en particulier en milieu rural –, et une voie permettant d’accéder à la sécurité alimentaire. Plusieurs initiatives visant à renforcer la productivité agricole sur tout le continent ont également été annoncées à l’occasion de cette conférence.

Au Forum économique mondial 2016 de Davos de, la BAD a lancé un Partenariat transformateur pour l’énergie en Afrique, avec la participation de PDG de grands groupes mondiaux et de nos partenaires, notamment les États-Unis à travers l’initiative Power Africa, le Royaume-Uni et les Nations Unies, afin de mobiliser des financements en provenance des secteurs public et privé.

« Plus de 645 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité », souligne M. Adesina, une situation « totalement inacceptable », selon pour lui..

Le président de la BAD  s’est engagé à intensifier les efforts en faveur de l’éducation des filles, afin de veiller à ce qu’elles achèvent leurs études et ne soient pas forcées de contracter des mariages précoces. Il a appelé au lancement d’une nouvelle initiative pour lever des fonds en faveur d’entreprises dirigées par des femmes dans le secteur agricole – l’Affirmative Finance Action for Women. Il a également annoncé son New Deal pour l’énergie en Afrique, un mécanisme de financement énergétique au profit des populations situées au bas de la pyramide en Afrique, dont l’objectif est de fournir à 700 millions de personnes un accès à des sources d’énergies propres pour la préparation des repas.

La Banque africaine de développement jouit d’une notation AAA, ce qui signifie qu’elle est en mesure de mobiliser davantage de fonds en appui aux pays africains. Et le président Adesina de lancer : « Nous souhaitons être une banque de premier plan, à l’impact visible à grande échelle sur le continent. Nous voulons être la banque de référence, la banque de choix pour nos pays membres régionaux. D’après moi, nous sommes sur la bonne voie pour y arriver ».

Faisant part de ses ambitions pour l’institution, M. Adesina précise qu’il souhaite réorienter la Banque pour mettre davantage l’accent sur les résultats en termes de développement, grâce à un personnel compétent et des procédures plus fluides. : « Notre banque doit s’inspirer de la souplesse du lion, non de la lourdeur de l’éléphant ». Le nouveau modèle économique de la Banque propose – entre autres – une décentralisation poussée de ses activités qui lui permette de travailler plus étroitement avec ses clients sur le terrain.

« Je ne vois pas mes fonctions à la tête de la Banque africaine de développement comme un travail ressemblant à un autre. Il ne s’agit pas d’un travail, mais d’une mission », insiste Akinwumi Adesina. Et de poursuivre : « Je suis porté par mes ambitions toujours plus grandes pour l’Afrique. Notre continent jouit d’un grand potentiel. Je veux que nous développions l’Afrique avec fierté. C’est ce qui nourrit mon enthousiasme, jour après jour ». 

Regardez la vidéo dans son intégralité