Le 6ème Forum de coopération Chine-Afrique met en lumière un partenariat unique et le rôle de la BAD

08/12/2015
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La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis six ans, a déclaré  Charles Boamah, vice-président de la Banque africaine de développement chargé des finances. Les échanges de part et d’autre se sont montés à 220 milliards de dollars EU en 2014, montant qui équivaut à plus du double du volume des échanges entre les Etats-Unis et le continent africain. Un profil semblable se dégage au niveau des investissements.

Boamah a tenu ces propos au cours d’une interview pour la chaîne CCTV (China Central Television) au cours du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAA) qui a eu lieu les 4 et 5 décembre 2015 à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Durant ce sommet, le président chinois, Xi Jinping, a annoncé l’octroi d’un paquet d’assistance de 60 milliards de dollars EU à l’Afrique, destiné à financer un large éventail de programmes pour aider le continent à se construire des infrastructures, à s’industrialiser, à moderniser sa production agricole, à faire progresser les capacités de ses travailleurs et à relever le niveau de ses soins de santé.

Le président Xi a comparé les relations entre la Chine et l’Afrique à une coopération dans laquelle les deux parties ne pouvaient que gagner, en ajoutant que cette collaboration était marquée par un engagement commun pour le développement. «Dans la poursuite de ses relations avec l’Afrique, la Chine adhère aux principes de la sincérité, des résultats pratiques, de l’affinité et de la bonne foi, et elle défend les valeurs d’amitié, de justice et d’intérêt partagé», a déclaré le chef de l’État chinois dans son allocution devant des chefs d’État et de gouvernement africains et d’autres dignitaires.

Le montant de ce dernier engagement chinois est égal au triple du paquet d’assistance que la Chine avait offert à l’Afrique lors de la conférence du FOCCA de 2012 à Beijing.

Répondant à la question que lui posait la CCTV à propos des risques que comportent les investissements en Afrique,  Boamah a fait valoir que la BAD avait mis en place différentes structures pour les atténuer et inspirer confiance aux investisseurs. Il a cité le cas du soutien de la BAD à la Côte d’Ivoire, à une époque où ce pays émergeait d’une crise postélectorale. «En 2012, alors que le pays sortait de la tourmente, il y avait un pont qu’il fallait construire, le pont Henri Konan Bédié. Une bonne part de confusion entourait ce projet et d’aucuns se posaient la question «Est-ce un risque que nous pouvons prendre ». Et pourtant nous l’avons construit, a rappelé  Boamah. Le pont HKB, également connu comme le «troisième pont» d’Abidjan, a considérablement amélioré la mobilité dans la capitale financière du pays.

«Notre rôle et nos rapports avec nos pays membres font que notre engagement contribue à réduire ce risque, et c’est pourquoi des pays comme la Chine travaillent en partenariat avec nous», a-t-il souligné. 

La Chine est devenue un membre non régional du Groupe de la Banque africaine de développement en 1985.

Boamah a déclaré à la télévision chinoise que le continent africain se devait de recueillir des fonds très conséquents pour répondre à ses besoins infrastructurels. «Chaque petite somme compte», a-t-il dit, précisant que l’Afrique avait besoin de 90 milliards de dollars EU par an [jusqu’en 2020] pour combler son déficit infrastructurel.

Le manque d’infrastructures se traduit par la perte de 2 à 3 pour cent du PIB en Afrique, a-t-il expliqué.

Le développement des infrastructures constitue un pilier clé de l’approche stratégique de la Banque. La BAD a déjà mis en place le Fonds Afrique50 pour le financement des infrastructures, une initiative continentale consacrée à l’accélération de projets d’infrastructures en Afrique à travers la mobilisation de l’épargne publique et la levée de fonds auprès du secteur privé.