80 pour cent des pays africains ont connu la croissance en 2009, souligne le rapport Perspectives économiques africaines

24/05/2010
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Abidjan, le 24 mai 2010 - Les Perspectives économiques en Afrique (PEA) indiquent que 80 pour cent des 50 pays africains couverts par le rapport annuel 2009 ont enregistré une croissance positive.

Le rapport lancé le lundi 24 mai 2010 à Abidjan dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) dit que, pour la plupart des pays africains, le produit intérieur brut a continué de croître en 2009.

Il note cependant que, dans 10 des 50 pays couverts dans le rapport, la production nationale a diminué tandis que dans la moitié des pays, le PIB par habitant a stagné ou a diminué.

Le rapport note que les gouvernements africains pourraient promouvoir la croissance par des investissements plus importants et par une consommation accrue.

Une stratégie pour ce faire consiste à adopter des politiques fiscales viables pour accroître les recettes publiques et à créer un environnement attrayant pour l'investissement. Une autre moyen est d'éliminer les goulets d'étranglement en faveur du secteur privé.

Le rapport note que les technologies de l'information et des technologies (TIC) peuvent jouer un rôle important pour surmonter les obstacles en termes d'infrastructure et pour réduire les coûts d'opération des entreprises.

Le rapport conseille les gouvernements africains à préserver les gains obtenus dans le passé récents en poursuivant des réformes structurelles, en développant les infrastructures.

Ils devront équilibrer ces efforts avec la préservation des fondamentaux macroéconomiques (rationalisation des dépenses publiques, politiques adéquates de taux de change pour rétablir la compétitivité, et maîtrise de l'inflation).

Le rapport note en outre que certains gouvernements choisissent de maintenir l'ordre public sans verser l'autoritarisme et que le défi est de poursuivre dans cette voie, même dans un contexte difficile en termes de disponibilité des ressources publiques et le soutien incertain des donateurs.

Des solutions palliatives peuvent être tirées d'une meilleure gouvernance et la transparence, grâce à des consultations régulières et des réformes dans l'administration publique.

Le rapport prévient toutefois que les premiers effets de la crise pourraient se faire sentir dans le commerce, en raison d'une baisse des prix des matières premières et d'une demande moindre provenant des pays développés.

En fait, bon nombre des nouvelles industries d'exportation en Afrique sub-saharienne risquent de s'effondrer. Les envois de fonds des travailleurs, le financement du commerce et les investissements directs étrangers pourraient également tarir. Néanmoins, la réorientation des échanges vers les marchés émergents, les réformes macroéconomiques et l'allégement de la dette font que l'Afrique est mieux placée pour surmonter la crise qu'il ya 10 ans, indique le rapport.

Le rapport note que les pays donateurs ont généralement maintenu leur aide à l'Afrique, en dépit d'une importante pression fiscale importante et que l'allégement de la dette dans le cadre de l'Initiative des pays pauvres très endettés, du FMI et de la Banque mondiale, a réduit les coûts de service de la dette publique.

De plus, des prêts supplémentaires du FMI, la Banque mondiale et la BAD ont aidé les pays africains à mieux faire face à la crise.

Un autre facteur positif est que, en raison de la prudence fiscale de gouvernements et la désinflation, de nombreux pays africains peuvent poursuivre une politique budgétaire expansionniste, qui atténue le ralentissement.

Le rapport prédit une reprise progressive des économies africaines, avec une croissance moyenne atteingnant 4,5% en 2010 et 5,2% en 2011.

Toutes les régions de l'Afrique connaitront une croissance plus forte, bien que la récession va laisser sa marque. L'Afrique du Sud, qui a été plus durement touchée en 2009, récupérera plus lentement que les autres régions. L'Afrique de l'Est, qui a le mieux résisté à la crise, devrait à nouveau atteindre le plus haut taux de croissance moyen sur le continent en 2010-2011, ajoute le rapport.