Accès à l’eau et l’assainissement : la BAD et ses partenaires plaident pour plus d’investissements dans les 10 pays africains les moins avancés

30/01/2015
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La Banque africaine de développement (BAD) a réitéré, jeudi 29 janvier 2015 à Addis-Abeba, son engagement à mobiliser des ressources supplémentaires en faveur du Plan d’action de Kigali. Ce Plan entend fournir de l’eau potable et des services d’assainissement à 5 millions de personnes dans les dix pays africains les moins avancés dans ce domaine.

Au cours de cet événement de haut niveau tenu en marge du 24e Sommet de l’Union africaine (UA), le Rwanda, chef de file de cette initiative de l'UA, la BAD, d’autres partenaires et les pays bénéficiaires ont exploré, ensemble, les différentes stratégies possibles de mobilisation de ressources, dans l’optique d’accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à l’eau et à l’assainissement dans les dix pays concernées par ce plan d’action.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a insisté sur l’importance d’œuvrer à l’unisson et en toute solidarité, ainsi que sur la volonté politique des États membres, indispensable pour parvenir à mobiliser les 50 millions d’euros que requiert la mise en œuvre du Plan d’action de Kigali. « Nous devons rester mobilisés, avec l’appui de nos amis et partenaires, afin de recevoir ces financements qui peuvent changer la vie de millions de personnes », a-t-elle plaidé.

Abondant dans le même sens, le vice-président de la BAD chargé de l'agriculture, de l'eau, du développement humain, de la gouvernance et des ressources naturelles, Aly Abou-Saaba, a réitéré l’engagement de son institution en faveur du Plan d’action de Kigali. « J’exhorte tous les pays africains ainsi que les partenaires au développement à apporter leur soutien total à cette initiative typiquement africaine », a-t-il lancé.

Participaient également à l’événement, le président du Conseil des ministres africains de l’Eau (AMCOW), Mansour Faye, également ministre de l’Eau et de l’Assainissement du Sénégal, la Commissaire de l’Union africaine chargée du développement rural et de l’agriculture, Rhoda Tumusiime, ainsi que du Burundi, du Mali, de la Sierra Léone, du Libéria.

Les participants ont appelé à redoubler d’efforts pour mobiliser les ressources nécessaires, tant la date butoir pour l’atteinte des OMD est imminente.

Un aide-mémoire a été signé à la fin de la rencontre par les États membres bénéficiaires, la République du Rwanda, la Commission de l’Union africaine et l’AMCOW.

Dénommée « Plan d'action de Kigali » (en anglais “Kigali Action Plan”, KAP), cette initiative contribue à améliorer les conditions de vie de quelque cinq millions de personnes dans dix pays membres de l'UA. Le KAP mobilise une partie des fonds en faisant la promotion des programmes d'eau et d'assainissement dans 10 pays africains, à travers une plate-forme de financement participatif. La BAD est chargée d’administrer ces fonds, à travers son Initiative pour l’approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural (IAEAR).

Les dix pays, qui pourraient ne pas atteindre les OMD, et que cible donc le KAP sont les suivants : le Burundi, la République centrafricaine, le Lesotho, le Libéria, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, la Sierra Léone, le Soudan du Sud et le Tchad.

Le président du Rwanda, Paul Kagame, est le chef de file du KAP, une initiative qui a vu le jour à la suite du rapport que les ministres africains de l’Eau et de l’Assainissement avaient soumis à l'assemblée de l'UA, en janvier 2014. Ce rapport alertait sur le retard de l'Afrique dans l’atteinte des OMD en matière d'accès à l’eau et à l'assainissement et appelait à remédier d’urgence au problème que pose le faible niveau des investissements dans le domaine, bien en deçà des besoins.

Le Plan d'action de Kigali allie volonté politique et besoin d'innovation, tous deux nécessaires pour atteindre les OMD dans le secteur de l'eau et de l'assainissement. Il met aussi l'accent sur la mise en œuvre d'actions directes à l’échelle communautaire, de sorte de remédier aux faiblesses du secteur en milieu rural.