Gérer la question de l’informel en Égypte

07/04/2016
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Une nouvelle publication de la Banque africaine de développement (BAD), intitulée Traiter la question de l’informalité en Égypte, propose des solutions pour gérer la question de l’informel en Égypte, en prenant en compte les définitions disparates de cette notion, ainsi que les différentes parties prenantes concernées par cette question.

La dynamique du marché du travail en Égypte a été caractérisée par trois tendances majeures depuis 1990, note la publication. La première a trait à la croissance rapide de l’économie informelle, qui emploie désormais plus de la moitié des travailleurs en Égypte. La deuxième se rapporte à une baisse importante du secteur privé formel jusqu’en 2004, date à laquelle les politiques du gouvernement axées sur la formalisation d’entreprises du secteur informel ont amené certaines d’entre elles à intégrer l’économie structurée. Enfin, la troisième tendance est liée à la lente expansion du secteur public – malgré les strictes exigences de l’ajustement structurel – jusqu’en 2000, quand le gouvernement a décidé de geler les  recrutements.

La publication souligne que le secteur informel en Égypte s’est développé depuis 1990 parce que le secteur formel n’a pas généré suffisamment d’emplois susceptibles d’absorber la main-d’œuvre égyptienne croissante – ou de remplacer le nombre d’emplois détruits dans le secteur formel. Mais, cette expansion est également due au fait que les employeurs du secteur privé formel ne sont pas disposés à recruter certaines catégories de travailleurs, pour des raisons d’inadéquation des compétences ou du fait de préjugés. Autre raison : les jeunes qui ont fait des études n’ont pas développé le désir de travailler dans le secteur privé ou de se lancer dans l’entreprenariat.

À lire l’analyse, les conséquences de la question de l’informel varient selon le niveau d’agrégation des acteurs que compte l’économie informelle. Le faible niveau (ou l’absence) de rémunération et le manque de protection sociale signifient que de nombreux travailleurs de l’informel souffrent de pauvreté et ne sont pas protégés en cas de maladie, non plus lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite ou pendant les périodes de transition de l’économie. En outre, le manque d’accès à une aide technique et financière du gouvernement et aux sources de crédit formelles empêche de nombreuses entreprises informelles de se développer et de contribuer pleinement à la croissance économique, à la productivité et à l’emploi.

Aussi, supprimer les causes de l’informel signifie éliminer les blocages à la croissance du secteur privé formel, réduire les obstacles au recrutement du secteur privé formel et réorienter les aspirations des diplômés vers le secteur privé, tout en réduisant les conséquences de l’informel. Cela signifie étendre la protection juridique et sociale aux travailleurs du secteur informel et renforcer le potentiel de développement des entreprises du secteur informel. Des mesures basées sur ces thèmes doivent être combinées à un ensemble intégré de politiques visant à gérer la question de l’informel.