Triennale 2011 de l’ADEA au Burkina Faso : «Une opportunité pour jeter un regard critique sur l’éducation et la formation»

23/02/2011
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«Les soubresauts qui secouent actuellement les pays africains, et le désarroi de la jeunesse sans perspectives d’avenir, nous rappellent à l’impérieux devoir de jeter un regard plus critique sur nos politiques de développement stratégiques et sur nos systèmes d’éducation et de formation».

Le Secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), Byll-Cataria Ahlin, a fait cette déclaration, le 17 février 2011 à Ouagadougou, Burkina-Faso, au lancement des travaux préparatoires de la Triennale 2011 de l’association au Burkina Faso, avec le Premier ministre du pays, Tertius Zongo, ouvrant officiellement la Triennale. La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de plus de trois cents (300) représentants des principaux secteurs du développement du pays, de la société civile et des responsables du monde éducatif. Pour les participants, «le lancement a atteint ses objectifs, vu la mobilisation et l’implication des acteurs nationaux du développement dans le processus de préparation de la Triennale 2011.

Cette année, la Triennale de l’ADEA, rappelle-t-on, se tiendra au Burkina Faso, du 27 novembre au 2 décembre 2011, avec pour thème : « Promouvoir les connaissances, compétences et qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique : comment concevoir et édifier une réponse efficace des systèmes d’éducation et de formation ?».

Le lancement officiel de la Triennale 2011 de l’ADEA dans la capitale burkinabè, le 17 février «est crucial et symbolique», tant pour l’association que le pays. Il avait pour objectif d’enclencher un processus de réflexion et de concertation sur le thème de la Triennale, et sur le développement des ressources humaines dans ce pays, ce, en articulation avec sa stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). La cérémonie se voulait également et surtout, un forum d’information sur la Triennale, pour les parties prenantes au développement du Burkina-Faso, lui permettant ainsi de s’approprier la thématique. Il s’agissait spécifiquement pour les autorités burkinabè, de jeter un regard croisé sur cette nouvelle stratégie de développement du pays, a affirmé M. Byll-Cataria, saluant la présence du Premier ministre. «Votre présence parmi nous, témoigne de l’importance que les autorités du Burkina Faso ont toujours accordée à l’éducation-formation dans le développement », a-t-il souligné.

Poursuivant son intervention, le Secrétaire exécutif de l’ADEA a passé en revue les questions liées à l’accélération du processus de développement de l’éducation en Afrique. Il a rappelé en substance, l’actuel regain d’intérêt de la communauté internationale pour le continent. Cet intérêt grandissant pour notre continent, a souligné M.  Byll-Cataria, s’explique par la croissance économique soutenue de nombreux pays, par l’importance des ressources naturelles, ainsi que par la jeunesse des populations.  Cependant, estime-t-il, «les soubresauts qui secouent actuellement nos pays, ainsi que le désarroi de la jeunesse à cause du manque de perspectives d’avenir, nous rappellent à l’impérieux devoir de jeter un regard plus critique sur nos politiques de développement, notamment sur les orientations stratégiques de nos systèmes d’éducation et de formation ». Il ajoute par ailleurs que : «Nos politiques produisent beaucoup de diplômés certes, mais perdent souvent de vue les problèmes d’insertion socioprofessionnelle, d’entreprenariat et d’employabilité».

Pour le Secrétaire exécutif de l’ADEA, le choix du Burkina Faso pour organiser la Triennale 2011 «n’est pas le fruit d’un hasard».  Depuis des décennies, ce pays a réalisé des expériences novatrices en matière d’éducation, de formation et de développement, entre autres, des programmes de formation de jeunes agriculteurs, la création d’écoles Bilingues, etc… «Le thème la Triennale 2011 nous offre l’opportunité de porter ce regard critique et de placer l’éducation/formation au centre d’un développement durable qui prend en compte les dimensions économique, sociale, culturelle et spirituelle », a-t-il précisé, soulignant «le rôle prépondérant que la BAD devrait continuer de jouer dans ce dialogue politique». «Aucune autre institution en Afrique n’investit autant dans l’éducation que la Banque africaine de développement», a-t-il conclu.

Depuis août 2008, l’ADEA est installée à la Banque africaine de développement (BAD). La dernière Triennale, rappelle-t-on, s’est déroulée à Maputo en 2008 sur le thème de l’enseignement post-primaire.