L’ADEA explore les nouvelles opportunités offertes par le numérique pour l’éducation en Afrique

27/08/2008
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Tunis le 25 août 2008 - Aujourd’hui a démarré l’université numérique d’été organisée par le Fonds mondial de solidarité numérique (FSN) et l’ADEA en partenariat avec le gouvernement tunisien et avec le soutien de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), de la Banque Africaine de développement (BAD) et de l’Agence française de développement. La rencontre se tient du 23 au 28 aout 2008 à Hammamet, en Tunisie. Elle explorera les possibilités d’exploitation d’outils tels que les tableaux blancs interactifs et considérera l’organisation de communautés enseignantes productrices de ressources éducatives numériques. Un des principaux résultats attendus de l’université d’été est d’initier le développement de portails communautaires francophones en vue de favoriser les échanges entre enseignants et pédagogues, le partage de ressources pédagogiques et la mise en place d’ateliers et d’espaces de formation en ligne.

Des participants d’une vingtaine de pays africains francophones (Afrique du Sud, Algérie, Benin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, République démocratique du Congo, Djibouti, Gabon, Guinée, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo, Tunisie) participent a l’université d’été ainsi que des représentants de l’ADEA, du FSN, de la CDC, du Réseau d’éducation pour tous en Afrique (REPTA) et de l’Académie africaine des langues (ACALAN). Sont également présents quatre groupes de travail de l’ADEA (sur l’enseignement a distance et l’apprentissage libre, la profession enseignante, l’éducation non-formelle et l’enseignement supérieur), des spécialistes du développement de ressources numériques, des universités et des sociétés privées productrices de logiciels et de contenus pédagogiques.

La « révolution numérique » offre de nouvelles perspectives pour l’éducation en Afrique. Elle peut faciliter l’accès des enseignants et des apprenants aux connaissances, la production et l’échange de contenus, l’auto-formation et la formation continue ainsi que la production de ressources et de méthodes pédagogiques novatrices. Elle permet également de surmonter les barrières géographiques et d’atteindre les zones rurales et isolées. 

Dans son allocution d’ouverture, M. Alain Madelin, président du Fonds de solidarité numérique, a rappelé les objectifs du FSN, à savoir contribuer à réduire la fracture numérique et à ériger, au niveau mondial, une société de l’information solidaire et inclusive.

M. Lazhar Bououny, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie de la Tunisie a quant à lui déclaré que la Tunisie entendait « faire de la société de l’information une chance de développement solidaire et durable  ». Il a évoqué les nombreux projets du chef de l’Etat dans le domaine de l’informatique et des TIC: toutes les salles de classe dotées d’un ordinateur d’ici 2009 ; la priorité donnée aux filières de l’informatique et des télécommunications dans l’enseignement supérieur ;  la mise en place d’une infrastructure renforcée dans le domaine des télécommunications ; la consolidation de l’université virtuelle de Tunis. « La société de l’information est le fondement même de la société du savoir et de l’économie nouvelle… c’est un potentiel destiné à la réalisation d’une valeur ajoutée plus élevée, des services plus évolués, d’une compétitivité plus grande et d’une employabilité meilleure » a-t-il ajouté.

Convaincu que la révolution numérique offre de nouvelles opportunités, le Secrétaire exécutif de l’ADEA, M. Ahlin Byll-Cataria, a rappelé les nombreux défis auxquels l’éducation en Afrique est confrontée, parmi lesquels: les disparités entre filles et garçons, entre villes et campagnes, entre riches et pauvres, et entre populations nomades et populations sédentaires ; les forts taux d’abandons et de redoublements ; la faible qualité de l’éducation mesurée en termes de résultats et d’acquisition des apprentissages ; le problème de la pertinence des programmes et des filières d’enseignement par rapport aux réalités sociales, économiques et culturelles ; le faible pourcentage de personnes éduquées par rapport aux autres régions du monde. Il a invité les participants à considérer les solutions apportées par les outils numériques, mais également à examiner un certain nombre de questions, parmi lesquelles: les problèmes d’électricité et de connectivité dans les zones rurales enclavées ; le danger que constitue la consommation de matériels didactiques importés sans effort d’adaptation aux contextes locaux ; l’importance d’intégrer à la fois les savoirs endogènes et les savoirs externes ; l’adaptation des outils numériques à l’éducation bilingue et multilingue ; la prise en compte des enfants qui ne sont pas scolarisés dans le système formel ou qui ne terminent pas l’école. Insistant sur le résultat principal attendu de l’université d’été --  initier le développement de portails communautaires de ressources éducatives numériques -- il a rappelé les cinq objectifs fixés par l’ADEA qui permettront  la mise en œuvre de ces portails: créer des réseaux d’enseignants et de pédagogues francophones et élaborer des propositions pour leur extension ; esquisser des structures pertinentes d’organisation des banques de données francophones et définir un programme de travail pour leur développement ; construire quelques exemples de contenus adaptés et élaborer une stratégie pour la mise en place d’ateliers permanents de production ; déterminer des stratégies de dissémination et de soutien au service de la formation, de l’inter-formation et de l’auto-formation des enseignants ; suggérer des projets expérimentaux pour le suivi de l’université d’été aux niveaux national, régional, continental et international. 

L’université d’été se termine le 28 aout. Elle sera clôturée par le ministre de l’Education et de la Formation de la Tunisie.


Contact

Thanh-Hoa Desruelles, Senior Communication and Publications Officer, ADEA Téléphone: +216 71 10 34 32