Djibouti : 7,5 millions de dollars pour exploiter le potentiel géothermique

08/07/2013
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Un nouveau projet financé par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) prévoit d’exploiter le potentiel géothermique de la région du lac Assal, à Djibouti, afin de permettre aux Djiboutiens d'accéder à une source énergétique fiable, renouvelable et abordable.

Pour l’heure, Djibouti dépend, pour l’essentiel, de ses combustibles fossiles et des importations d’énergie hydroélectrique en provenance d’Éthiopie. La majeure partie de la production énergétique actuelle du pays est concentrée dans la ville de Djibouti. Les centrales électriques existantes sont vieilles, polluantes, et leur fonctionnement coûte cher. En outre, les importations de carburant sont coûteuses et occasionnent d’importantes dépenses en devises étrangères.

Aussi, les tarifs demeurent élevés, et la moitié de la population seulement a accès à l’électricité. Toutefois, Djibouti a la chance de receler un potentiel géothermique considérable, capable de satisfaire les besoins énergétiques nationaux et la demande d’exportations des pays voisins, tout en réduisant les émissions de CO² dues à la production thermique d’électricité.

Le projet d’exploration géothermique dans la région du lac Assal entre dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), dont le gouvernement de Djibouti mènera la première phase d’exploration et d’évaluation du forage. Le secteur privé sera chargé du forage d’exploitation, du système de collecte de la vapeur, de la production d’électricité et de sa distribution vers le réseau national.

En collaboration avec la Banque mondiale, le Groupe de la BAD a organisé le financement du projet. La première phase coûtera quelque 32 millions de dollars EU. Le Conseil d’administration de la BAD a approuvé un financement de 7,5 millions de dollars EU, issu du Fonds africain de développement (FAD) et du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), une initiative du Danemark mise en œuvre par la BAD.

La BAD et la Banque mondiale ont mobilisé, de concert, différents bailleurs de fonds pour cofinancer le projet, parmi lesquels le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Fonds de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour le développement international (FODI), l’Agence française de développement (AFD) et le Plan mondial de développement de la géothermie (GGDP en anglais) par l’entremise du Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP en anglais).

La BAD a puisé dans ses ressources avec, notamment, une subvention de 5,31 millions de dollars EU et un prêt de 0,4 million de dollars du Fonds africain de développement (FAD), outre 1,8 million de dollars EU du SEFA. Par ailleurs, le gouvernement de Djibouti apportera sa contribution.

La contribution de la BAD et du SEFA servira à continuer de lever des fonds, et agira comme un catalyseur pour rallier les producteurs indépendants d’électricité géothermique Plus précisément, le SEFA financera le recrutement d’une société conseil en géothermie, qui sera chargée d’élaborer l’étude de faisabilité d’une centrale électrique et d’assurer la gestion technique du projet.

Grâce à cette intervention de soutien à la structuration d’un projet bancable, le SEFA aura à son tour un effet de catalyseur puisque le projet stimulera, en définitive, l’investissement privé, et promet, en matière d’énergie durable, d’importantes retombées économiques, environnementales et sociales.

Le projet actuel vise à reproduire le modèle novateur adopté au Kenya, où la BAD a approuvé, en 2011, le Projet de développement en géothermie de Menengai. Des fonds concessionnels lui ont été octroyés par des institutions de financement du développement telles que la BAD et les Fonds d’investissements climatiques (FIC), hébergés par la Banque, afin de financer la phase exploratoire de forage du projet.

S’inspirant de l’expérience de Menengai, et en exploitant le potentiel géothermique de la vallée du Rift, en Afrique du l’Est, la BAD a également travaillé sur une série d’unités géothermiques à petite échelle, adaptées au contexte spécifique de chaque pays. En Éthiopie, la BAD joue un rôle de premier plan dans la définition d’une feuille de route ad hoc. En Tanzanie, la Banque dirige l’intensification du Programme des énergies renouvelables, qui comprend le financement d’un projet de développement géothermique. Aux Comores, la BAD œuvre également à l’implantation d’une centrale géothermique de 20 MW, qui répondrait aux besoins de l’archipel.