Adopter une approche non conventionnelle pour lutter contre la pauvreté et l’inégalité dans les ODD

04/11/2015
Share |

Les Objectifs de développement durable (ODD) adoptés récemment offrent un cadre pour modifier, avec détermination, en profondeur et comme jamais auparavant le processus de développement, en luttant contre la pauvreté et l’inégalité tout en encourageant l’intégration des politiques de la planification et de la gouvernance, pour parvenir à un développement équitable et durable.  

Pour cela, la mise en œuvre de ces objectifs devra se faire au niveau régional, national et local.

C’est ce qu’a mis en relief la séance intitulée « Adopter une approche non conventionnelle pour lutter contre la pauvreté et l’inégalité dans les ODD », organisée ce mercredi 4 novembre 2015 dans le cadre de la 10e édition de la Conférence économique africaine qui s’est déroulé à Kinshasa, en République démocratique du Congo, du 2 au 4 novembre 2015.

Au cours de la séance, les participants ont souligné la nécessité d’adopter des approches non conventionnelles pour lutter contre la pauvreté et l’inégalité et ainsi parvenir à un développement durable.

D’après eux, la réalisation de progrès réels vers l’accomplissement de ces objectifs appelle à l’adoption de nouvelles manières de faire.

En effet, de nombreux gouvernements n’ont pas encore pris les mesures nécessaires pour intégrer les trois dimensions du développement durable dans les processus d’élaboration, de planification, de mise en œuvre et de suivi des politiques, notamment en ce qui concerne le suivi et la lutte contre les inégalités.

Au cours de la séance, les auteurs Montfort Mlachila, René Tapsoba Sampawende et J. Tapsoba ont présenté leur étude intitulée : « Un indice pour mesurer la qualité de la croissance (IQC) dans les pays en développement ? », qui propose un nouvel indice pour les pays en développement.

Cet indice tient compte à la fois de la nature intrinsèque et des dimensions sociales de la croissance, et a été calculé pour plus de 90 pays sur la période 1990-2011.

Cette approche part du postulat selon lequel il existe plusieurs types de croissance qui n’ont pas tous les mêmes impacts sur la société, et que la manière d’atteindre un certain niveau de revenu a son importance, pour diverses raisons théoriques et pratiques.

L’étude observe que la qualité de la croissance s’est améliorée dans la plus grande majorité des pays en développement au cours des vingt dernières années, bien que le rythme de convergence reste relativement lent. Dans le même temps, il existe des variations considérables entre les pays et entre les niveaux de revenus et les régions.

Les enquêtes empiriques présentées dans l’article montrent que les principaux facteurs de la qualité de la croissance sont la stabilité politique, les dépenses publiques en faveur des plus pauvres, la stabilité macroéconomique, le développement financier, la qualité des institutions, ainsi que des facteurs externes tels que les investissements directs étrangers.

Dans le même esprit, Adama Bah a présenté son article intitulé : « Identifier les meilleurs indicateurs pour définir la pauvreté », qui propose une méthode de  mesure indirecte des ressources (proxy-means testing – PMT) pour évaluer la qualité de vie d’un ménage ou d’un individu, sur la base d’un ensemble prédéfini d’indicateurs observables.

La précision, et donc l’utilité de la méthode PMT repose sur la sélection d’indicateurs capables de prédire avec précision la qualité de vie d’un ménage.

Dans son étude, Adama Bah propose une méthode pour identifier des indicateurs fortement corrélés à la qualité de vie des ménages, mesurée par la consommation par habitant.

À partir d’un ensemble initial de 340 variables extraites d’une étude indonésienne sur la qualité de vie, l’Indonesian Family Life Survey, Bah a identifié celles qui contribuent le plus à modéliser les prédictions de performance, et qu’il est donc souhaitable d’inclure dans la formule PMT.

Ces variables couvrent les domaines suivants : avoirs actifs détenus par les ménages, accès de base à l’électricité pour les besoins domestiques, niveau d’éducation, installations sanitaires et logement.

Une comparaison des prédictions effectuées au moyen de formules PMT, comportant 10, 20 et 30 des variables considérées comme les plus significatives, montre que des prédictions relativement bonnes peuvent être obtenues avec un ensemble de 20 prédicteurs ; l’auteur recommande donc d’utiliser ce type de modèles parcimonieux.

Ces résultats viennent enrichir la documentation consacrée au ciblage des programmes sociaux en démontrant plus avant que le ciblage à l’aide du PMT comporte de manière inhérente des erreurs relativement importantes, même lorsque le modèle comporte un grand nombre de prédicteurs fiables. 

De tels modèles parcimonieux obtiennent des prédictions de performance similaires aux  formules PMT actuellement utilisée en Indonésie, bien que ces dernières soient fondées sur des modèles comportant 32 variables en moyenne.

Maty Konte a également présenté son article intitulé : « Impacts des transferts de fonds de l’étranger à l’appui de la démocratie en Afrique : bénédiction ou malédiction ? »

Cette étude évalue l’impact des transferts de fonds en provenance de l’étranger sur la légitimité de la démocratie en Afrique, et cherche à savoir si les récipiendaires de ces transferts sont, plus que les non-récipiendaires, susceptibles de ne pas apporter leur soutien au processus démocratique. Elle montre que les fonds envoyés de l’étranger pourraient avoir un impact négatif sur le degré d’approbation et de soutien à la démocratie, en fonction du groupe d’individus ciblés. L’analyse de la probabilité qu’un individu se trouve dans un groupe d’influence négative montre que les perceptions des priorités nationales jouent un rôle important.

Selon l’étude, les individus pour qui la liberté et les droits sont les principales priorités nationales ont une probabilité plus faible d’appartenir à un groupe d’influence négative que les individus qui identifient comme priorités nationales des objectifs axés sur la situation économique de leur pays.