CEA 2013 - Entretien avec Alex Rugamba, directeur de la BAD chargé de l'énergie, de l'environnement et du changement climatique

28/10/2013
Share |

Responsable du Département du NEPAD et de l’intégration régionale (ONRI) de la Banque africaine de développement pendant trois ans avant d'occuper sa présente fonction de directeur du Département de l'énergie, de l'environnement et du changement climatique, Alex Rugamba a exercé un rôle important dans la mise en place de la stratégie d'intégration régionale de la BAD. Suite à une séance de réseautage de groupes de réflexion tenue à la veille de l’ouverture de la Conférence économique africaine à Johannesburg, M. Rugamba a abordé un certain nombre de questions, dont les réalisations de la Banque et le rôle joué par son département pour soutenir le commerce sur le continent.  

S’agissant des principales réalisations de la Banque, M. Rugamba a déclaré que le soutien apporté par l’institution à l'intégration régionale avait été inscrit dans la Stratégie d'intégration régionale 2009-2012 (un programme prolongé jusqu'en 2013). Il a mis l’accent sur des projets couronnés de succès tels que la formulation du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) à l’échelle continentale et son adoption par les chefs d'État en 2012. Selon lui, le déficit des infrastructures constitue la principale barrière au développement de l'Afrique, et l'adoption du PIDA représente une étape majeure dans la réponse à ce défi. La Banque a également soutenu la préparation de projets relatifs aux infrastructures, dans le but d'en assurer la viabilité financière. « Il est d’importance vitale de rendre disponibles des financements pour ces projets d'infrastructures », a précisé M. Rugamba.

Il a également mis en exergue un certain nombre d'activités clés qui ont donné un élan au réseautage entre les pays membres régionaux et les communautés économiques régionales avec lesquels traite la Banque, et qui ont renforcé le soutien en faveur de leurs initiatives d'intégration. A titre d'exemple, il a cité l'approbation « il y a trois semaines, d'un don de 7,5 millions de dollars visant à soutenir le processus tripartite COMESA-EAC-SADC ».

M. Rugamba a par ailleurs signalé qu'une partie importante des ressources du Fonds africain de développement (FAD) avait été consacrée aux opérations régionales, également un succès. « Cette part des ressources a légèrement augmenté en pourcentage au cours des cycles de financement successives du FAD, de moins de 20 % durant le cycle FAD-12 à 21 % pour celui du FAD-13 » a-t-il affirmé, ajoutant que ces dispositions ont permis au Département d'obtenir de meilleurs résultats.

Dans le fil du thème de la conférence, « L'intégration régionale en Afrique », M. Rugamba a abordé la question des échanges commerciaux sur le continent et leur contribution en tant que moteur de croissance, expliquant que le soutien de la Banque à ce secteur était principalement centré sur l’élimination des contraintes en matière d'infrastructures « souples », afin de faciliter le mouvement des marchandises à travers les ports africains, le long des couloirs de transport et aux points de passage des frontières. M. Rugamba a précisé que la Banque apportait un soutien dans le but d'améliorer les goulots d'étranglement qui entravent la facilitation des échanges, grâce à des guichets uniques aux postes frontières. Il a mis l'accent sur le fait que les barrières tarifaires étaient en train d’être progressivement abaissées et que les pays avaient tendance à recourir à d'autres mesures réglementaires, notamment d'ordre sanitaire et phytosanitaire, dont l'application entraînait souvent un protectionnisme excessif et représentait des coûts accrus pour les commerçants. Il a également abordé les mesures phares de la Banque visant à renforcer la prise de conscience et la transparence dans l'application de ces mesures non tarifaires, en vue de réduire les coûts encourus par les commerçants. « La Banque travaille actuellement avec des partenaires en Afrique de l'Ouest pour collecter les informations sur les tarifs, les mesures non tarifaires (MNT) et les autres types de données commerciales, afin de faciliter l’accès à tout un ensemble d’informations commerciales, dans le cadre de l'Initiative pour la transparence des échanges commerciaux », a-t-il souligné.

Sur un plan général, la création du Fonds africain pour le commerce (AfTra) a représenté une étape importante dans le soutien de l’institution aux échanges commerciaux. L’AfTra, a-t-il expliqué, est une facilité d'assistance technique réactive permettant aux pays membres régionaux et aux communautés économiques régionales de participer aux opportunités de marché régionales et internationales et d’en bénéficier. Il a ajouté que le Libéria et le Secrétariat du COMESA deviendraient les premiers bénéficiaires de ce financement, à savoir du programme d'assistance aux organismes de soutien au commerce au Libéria (PATSIL), pour ce pays et, pour le COMESA, de l'initiative « Trading for peace », dont le lancement est prévu début novembre prochain.

L'ancien directeur d’ONRI a aussi déclaré que la Banque a renforcé son partenariat avec des agences spécialisées telles que l'Organisation mondiale des douanes (OMD), avec laquelle elle a signé un protocole d'accord en vue d’une collaboration dans l’application d’un programme conjoint de modernisation des douanes et de facilitation des échanges en Afrique.

M. Rugamba a indiqué qu’ONRI a considérablement progressé dans l’élaboration de la nouvelle Stratégie d'intégration régionale pour 2014-2023 du Groupe de la Banque. Cette stratégie viendra soutenir la mise en œuvre de la Stratégie décennale du Groupe de la Banque, où l'intégration régionale est identifiée comme l'un des cinq domaines d’opération prioritaires».