CEA 2013 - Entretien avec Stephen Karangizi, directeur de la Facilité africaine de soutien juridique

29/10/2013
Share |

La passion et l’engagement de M. Stephen Karangizi à assurer l’intégration sur le continent africain ne sont plus à démontrer. Il a en effet contribué à cette cause en tant qu’avocat au sein du COMESA pendant quinze ans, avant de rejoindre les rangs de la Facilité africaine de soutien juridique (FASJ, en anglais ALSF - African Legal Support Facility) sous l’égide de la Banque africaine de développement (BAD). Il a apporté un éclairage intéressant sur la manière dont les pays africains devraient modifier leur manière de travailler pour atteindre les objectifs de la nouvelle stratégie d’intégration régionale de la BAD. Selon lui, un cadre réglementaire est un facteur clé d’un environnement favorable aux entreprises. De plus, l’intégration régionale du continent africain nécessite que les pays d’Afrique recourent à l’ALSF pour renforcer les capacités des avocats à négocier des contrats complexes.

Créée il y a plus de trois ans et demi déjà, la Facilité africaine de soutien juridique rencontre une participation et une reconnaissance croissantes parmi les pays membres régionaux et non régionaux. À la lumière de la Conférence économique africaine en cours, quelles actions mène l’ALSF en faveur de l’intégration régionale ?

En premier lieu, la FASJ se consacre au soutien de plusieurs projets régionaux, en particulier dans le secteur des infrastructures. Soutenir les pays membres régionaux de la Banque africaine de développement dans le cadre de leurs négociations de projets régionaux aboutit au fait que ces projets ont un impact plus important. Certains projets concernent les installations portuaires, d’autres l’énergie, le transport ou l’eau. Ces projets sont essentiels dans la mesure où ils constituent les maillons de la réussite de l’intégration régionale. Par ailleurs, la FASJ appuie le renforcement des capacités de négociation et de gestion des partenariats public-privé (PPP), qui prédominent dans le secteur des infrastructures, pour de nombreux pays membres régionaux.

Certains PPP, en particulier dans le secteur de l’énergie, ont pour vocation de mettre en place des projets propres à alimenter les réseaux nationaux et régionaux d’électricité, ce qui est un point crucial pour l’intégration régionale. Et enfin, la FASJ accorde son soutien à la négociation de contrats complexes portant sur les ressources naturelles, même et surtout ces contrats peuvent avoir des incidences transfrontalières.

A votre avis, que doivent changer les pays africains dans leur manière de travailler avec la FASJ pour atteindre les objectifs de la nouvelle stratégie d’intégration régionale de la Banque africaine de développement ?

Le plus important pour les pays d’Afrique est de consolider leurs liens avec la Facilité en tant qu’outil mis en place par la BAD pour renforcer leurs capacités à optimiser les bénéfices qu’ils tirent de l’exploitation des ressources et à conclure de manière appropriée et efficace des affaires avec les investisseurs. Un plus grand recours à la Facilité permettra aux pays africains d’éviter certains pièges du passé. Par ailleurs, la Facilité élabore des meilleures pratiques pour encadrer la négociation de contrats dans différents secteurs. Les pays d’Afrique bénéficieront ainsi de lignes directrices clés dans le cadre de la négociation de projets majeurs ayant une incidence sur l’intégration régionale.