Assemblées annuelles 2008 – Tables rondes et séminaires

13/05/2008
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Assemblées annuelles 2008 – Tables rondes et séminaires

Favoriser la croissance pour lutter contre la pauvreté urbaine

Maputo (Mozambique), le 13 mai 2008 – La totale contradiction entre croissance économique et inégalités, si criante dans les bidonvilles qui entourent les grandes agglomérations africaines, requiert une réflexion novatrice et stratégique sur les questions d'amélioration de gouvernance économique, d'urbanisation et d'amélioration des conditions de vie des pauvres urbains du continent, thème central de la Table ronde ministérielle et des séminaires de haut niveaux qui se sont ouverts mardi à Maputo.

Dans son allocution d'ouverture, Madame Luisa Dias Diogo, Premier Ministre du Mozambique, a souligné l'importance de l'infrastructure urbaine, non seulement pour améliorer le cadre de vie de millions de personnes qui émigrent vers les villes mais également pour favoriser le développement économique et lutter contre la pauvreté.

Mme Diogo s'est félicitée de l'appui offert par la BAD au Mozambique, un État fragile qui a réussi à surmonter trois décennies de guerre civile et est depuis deux ans l'une des économies les plus performantes d'Afrique.

Cette Table ronde, articulée autour du thème "Œuvrer pour une croissance partagée: urbanisation, inégalités et pauvreté en Afrique", s'inscrit dans le cadre des discussions de haut niveau consacrées aux grands défis qui attendent l'Afrique. Organisée en préambule aux Assemblées annuelles des 14 et 15 mai, au Mozambique, ces discussions ont réuni les gouverneurs (ministres de Finances et du Développement économique) des 77 pays membres du Groupe de la Banque.

Dans son allocution en séance plénière, le Président de la BAD, Donald Kaberuka, a souligné ce qui différencie la pauvreté urbaine de la pauvreté rurale. En effet, a-t-il expliqué, si la majorité des Africains qui vivent sous le seuil de pauvreté habitent en milieu rural, dans les villes les conditions de vie des pauvres sont épouvantables. Comme l'ont récemment montré les émeutes de la faim dans plusieurs villes africaines, l'amélioration des conditions de vie des pauvres urbains reste l'un des défis majeurs du développement et de l'urbanisation.

 "Notre détermination à lutter partout contre la pauvreté est, et doit être, globale. Elle vise tous ceux qui font partie de "l'Afrique d'en bas", parmi lesquels les pauvres urbains", a indiqué M. Kaberuka, en soulignant que les flux migratoires internes vers les centres urbains allaient continuer à s'accentuer plutôt que diminuer.

Selon le Président de la BAD, pas moins de 360 millions d'Africains vivent actuellement en milieu urbain, notamment en Afrique sub-saharienne, où l'on trouve les taux les plus élevés. Des études de Habitat ONU, a-t-il indiqué, montrent que 72% des pauvres dépendent également de l'économie informelle pour vivre.

"Leur nombre est souvent sous-estimé parce qu'ils s'inscrivent mal dans le concept du "moins d'un dollars par jour", a précisé M. Kaberuka, et comme les habitats illégaux ne sont pas reconnus par les autorités, ils ne bénéficient donc pas des services publics.

Les discussions menées ici, a estimé le Président, se tiennent à un moment propice car elles contribueront à définir le rôle du Groupe de la Banque et à mettre en lumière le lien entre la pauvreté urbaine et le phénomène global de pauvreté. "La Banque africaine de développement aborde ces questions dans le cadre d'une approche stratégique. Nous ne venons pas avec des recettes et cette réflexion intervient au bon moment, a-t-il souligné, car "nous voulons jouer le rôle de catalyseur dans ce processus, en accélérant la mise en place des conditions qui permettront qu'elle se concrétise".

M. Abdoulie Janneh, Secrétaire exécutif de la CEA, coorganisateur de l'événement, a, quant à lui, indiqué que plusieurs études menées par son institution avaient mis en lumière les défis liés à "l'urbanisation avec infrastructure" et montré que seul un dosage approprié d'options et de volonté politique permettrait de les surmonter. Outre les gouverneurs du Groupe de la Banque, la Table ronde a accueilli un large public, parmi lequel de hauts dignitaires d'Afrique et d'autres régions du monde, ainsi que des experts en développement d'organisations multilatérales, bilatérales et non gouvernementales, de la société civile, du secteur privé et du monde scientifique.


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Felix Njoku Téléphone: +216 71 10 26 12