La BAD : Priorité à la transformation économique de l'Afrique vers une croissance durable inclusive

27/05/2015
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Pour un continent qui a systématiquement connu une croissance économique robuste ces dix dernières années, les rapports récents selon lesquels la région est le bastion de l'inégalité, affichant un coefficient de Gini de 42,6 (mesure standard de l'égalité des revenus), sont très perturbants.

Les tendances en matière d'inégalités dans les pays d'Afrique et d'autres pays en développement

« L'Afrique est le deuxième continent le plus inégalitaire après l'Amérique latine. Six des dix pays les plus inégalitaires sont en Afrique », a déclaré le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport annuel 2014, publié le mercredi 27 mai 2015, lors de ses Assemblées annuelles à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Le rapport fournit des éléments factuels indiquant que les Africains fortunés, qui représentent moins de cinq pour cent de la population, détiennent environ 20 pour cent des revenus totaux, et que les personnes démunis, qui représentent 60,8 pour cent de la population, possèdent 36,5 pour cent des revenus totaux du continent.

Selon le revenu national brut (RNB), les 10 pays les plus inégalitaires au monde sont les suivants : Afrique du Sud (65), Namibie (61,3), Botswana (60,5), Zambie (57,5), Honduras (57,4), République centrafricaine (56,3), Lesotho (54,2), Colombie (53,2), Brésil (52,7) et Guatemala (52,4).

La BAD reconnaît qu’en dépit du développement rapide sans précédent que l'Afrique a connu cette dernière décennie, les bénéfices de la croissance économique n'ont pas été équitablement partagés. La croissance s'est plutôt concentrée sur des secteurs ou des zones géographiques spécifiques dans les pays, excluant de vastes groupes de la population.

La BAD soutient que la croissance doit être plus inclusive afin de faire sortir la majorité des Africains de la pauvreté, en créant des possibilités d'emplois par le biais d'une amélioration de l'environnement des échanges commerciaux et des investissements, ce qui permettrait au secteur privé de prendre de l'essor ; et en reliant les zones reculées aux pôles de croissance par l'intermédiaire d'infrastructures améliorées et d'une intégration régionale plus approfondie au sein des pays et par-delà les frontières nationales.

Par ailleurs, la transformation efficace des richesses nationales de l'Afrique en richesses produites, notamment par le développement du capital humain et des compétences et par la lutte contre le changement climatique pour assurer une transition harmonieuse vers un modèle de croissance écologiquement durable, promouvrait davantage une croissance inclusive.

La BAD définit la croissance inclusive comme une croissance économique qui permet à un plus grand nombre de personnes, de régions ou de pays de disposer d'un accès plus étendu à des possibilités de moyens d'existence durables, tout en protégeant les personnes vulnérables, le tout dans un environnement d'impartialité, d'équité et de pluralité politique.

Ces préoccupations ont été soulevées dans le cadre de la Stratégie décennale de la BAD pour la période de 2013 à 2022, qui se focalise sur le développement d'infrastructures, l'intégration économique régionale, le développement du secteur privé, la gouvernance et la redevabilité, les compétences et la technologie en tant que principaux canaux par lesquels la Banque accomplira son travail et améliorera la qualité de la croissance en Afrique. La BAD recherchera également de nouvelles méthodes créatives pour mobiliser les ressources en vue de soutenir la transformation de l'Afrique, notamment en tirant profit de ses propres ressources. L'utilisation plus répandue de partenariats entre le secteur public et le secteur privé, d'accords de cofinancement et d'instruments relatifs à l'atténuation des risques attirera également les investisseurs. 

Le président Donald Kaberuka a mis en perspective l'orientation de la stratégie en matière de croissance inclusive, en indiquant que, « alors que l'économie mondiale traverse une décennie de bouleversements sismiques, l'Afrique a défié les pessimistes et a affiché une croissance considérable. Cette croissance économique doit maintenant déboucher sur une transformation économique concrète, qui créera des emplois et des possibilités pour ses citoyens. C'est en cela que les dix prochaines années seront si décisives et que la stratégie de la Banque africaine de développement pour la période de 2013 à 2022 sera si cruciale ».

Transactions récentes de la Banque qui affectent la croissance inclusive

Projet

Objectif

Malawi - Projet de développement économique local (DEL)

Contribue à l'inclusion socioéconomique en surmontant les obstacles spatiaux qui entravent les possibilités économiques. Fournit les ressources en infrastructures et les services de soutien aux microentreprises et aux petites entreprises qui sont engagées dans l'agro-transformation et dans d'autres activités économiques productives, dans quatre centres ruraux de croissance spécifiques.

Sénégal - Programme d'appui à la croissance inclusive et à la compétitivité économique (PACICE)

Crée des conditions qui favorisent une croissance économique durable et inclusive en intégrant les dimensions de genre dans la gouvernance économique et financière, et en apportant un soutien au développement du secteur privé.

Zambie - Renforcement de la résilience face au changement climatique dans le bassin de Kafue

Systèmes de production agricole mettant en avant la diversification dans l'agriculture et les ressources naturelles, ainsi que les innovations technologiques au niveau des communautés.

Ouganda -

Projet routier Kabale-Kisoro-Bunagana/Kyanika

Une route d'accès praticable par tous les temps pour la fourniture d'intrants agricoles et l'expédition des produits vers les principaux marchés. Au niveau des frontières entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ; a considérablement réduit les coûts de transport et les temps de déplacement, tout en promouvant une intégration régionale avec la RDC et le Rwanda..

Projet de partenariat Souk At-tanmia en Tunisie

Soutient la création de microentreprises et de petites et moyennes entreprises à l'échelle nationale, contribuant ainsi au développement d'un secteur privé dynamique et productif

Pour télécharger le rapport complet : http://www.afdb.org/fr/knowledge/publications/annual-report/

 


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