La BAD, courtier international du savoir pour un dispositif environnemental essentiel : le paiement pour les services environnementaux (PSE)

25/11/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) a organisé un atelier international qui faisait la promotion d’un système de paiement pour les services environnementaux (PSE). L’évènement, qui s’est tenu les 5 et 6 novembre 2013 à Tunis, portait sur le thème “Parvenir à une gestion durable des ressources naturelles en Afrique via l’utilisation du paiement pour les services environnementaux”. Il s’est déroulé sous le patronage conjoint du Département de l’agriculture et de l’agro-industrie (OSAN), du Département énergie, environnement et changement climatique (ONEC) et du Département résultats et assurance qualité (ORQR) de la Banque. L’atelier a rassemblé 70 experts venus de différents pays du continent et d’horizons aussi divers que d’organisations de la société civile ou œuvrant pour le développement, et du milieu de la recherche.

Le PSE est un dispositif souple, dans lequel un acheteur acquiert une prestation environnementale bien définie auprès d’au moins un fournisseur de services environnementaux, au cours d’une transaction volontaire. Le dispositif PES se base sur l’utilisation des mécanismes du marché de l’offre et de la demande pour effectuer des transactions entre fournisseurs et consommateurs de services environnementaux. En retour, cela permet une incitation financière privée qui soit propice à une gestion durable des écosystèmes.

Lors de cet atelier de deux jours, des exemples africains concrets de mise en œuvre du dispositif PSE ont été exposés, réalisés au sein de la BAD et ailleurs. La Banque a présenté des cas liés au Fonds pour les forêts du Bassin du Congo (FFBC), qui compte actuellement 14 projets dotés d’une composante PSE et un Programme d’investissement pour la forêt (FIP) des Fonds d’investissement climatiques (FIC), comprenant 3 projets assortis d’un volet PSE.

Outre la BAD, l'African Wildlife Foundation a présenté une étude sur le Parc national d'Amboseli, où un dispositif PSE a été mis en place en 2008, permettant de sauvegarder  21 000 hectares de terrain pour la faune, de créer des emplois, de rétribuer directement les propriétaires fonciers et d’améliorer la gouvernance relative à la faune. Le Centre mondial de l'agroforesterie a présenté une étude de cas sur les bassins versants de Naivasha et Sasumua, au Kenya. Cette étude offre un modèle pratique et concret de mise en application du dispositif PSE. Une autre étude de cas, présentée au nom de l'Autorité du bassin du fleuve Niger, a exposé 9 modèles de fonctionnement possibles du dispositif PSE, et souligné la valeur ajoutée potentielle du recours au dispositif PSE.

Pour offrir une perspective plus large , le Fonds mondial pour la nature a (WWF) présenté le cas du cours supérieur du Bassin de Putumayo en Colombie, permettant ainsi aux participants de l’atelier de prendre connaissance des renseignements tirés en matière de cartographie des écosystèmes, d'identification des zones les mieux dotées, et de mieux comprendre comment les facteurs externes, tels que le changement climatique et la croissance démographique, peuvent influer sur l’écosystème et la biodiversité. Ce fut également l’occasion de débattre de l’applicabilité de tels enseignements dans le contexte africain.

Eu égard à la qualité de l’audience –  responsables d’institutions, hauts fonctionnaires, membres importants d’organisations de la société civile –, un exposé, notamment, présenté par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a abordé les dispositifs institutionnels qui concourent au succès du système PSE. Il s'agit, entre autres, de la participation de toutes les parties concernées, de la détermination d’une zone de projet bien définie, de sources de financement prédéterminées, d’une tarification et d’un système de paiement clairs, ainsi que d’un système de suivi et d’évaluation bien élaboré.

Prenant à son tour la parole, Julius Kandie, haut cadre du ministère de l'Environnement et des Ressources minérales de la République du Kenya, a déclaré : «le PSE est un outil extraordinaire. [...] Il permet que la collectivité et les consommateurs participent directement aux mesures de conservation. Aussi favorise-t-il une situation gagnant-gagnant, tout en remplissant l’objectif de conservation et d'utilisation durable de l'environnement pour nos activités de développement ".

Cet atelier a posé les jalons de débats futurs sur les propositions faites par les participants quant à la cartographie, au financement et à la mise en œuvre. Ces propositions devront se traduire en recommandations applicables par la BAD, pour une utilisation efficace du dispositif PSE en Afrique.