Initiative Énergie pour l’Afrique : La BAD apporte son soutien ferme et plus de 600 millions $ de financement

14/02/2014
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La Banque africaine de développement (BAD) est fière de s’affirmer comme un partenaire privilégié de l’initiative quinquennale Énergie pour l’Afrique (dite “Power Africa” en anglais)  Lancée par le président des États-Unis d’Amérique, celle-ci vise à encourager la croissance économique et le développement, en doublant l’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne. En fait, la collaboration, qui lie la BAD et le gouvernement des États-Unis en faveur du développement en Afrique, a débuté voilà quarante ans.

La Banque contribue de multiples façons à l’initiative Énergie pour l’Afrique, entre investissements en soutien aux réformes politiques, prestations de conseil et fourniture de garanties dans les pays que cible l’initiative.

Sur la seule année 2013, le soutien qu’a apporté la BAD s’est traduit par : la conversion du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), un fonds bilatéral, en un fonds multidonateurs ; une contribution de 64,5 millions de dollars EU au Fonds africain des énergies renouvelables (FAER) ; un prêt de 115 millions d’euros, destiné au projet de ferme éolienne de Turkana, au Kenya, d’une capacité de 300 MW, assorti d’une garantie partielle de risque (GPR) à hauteur de 20 millions d’euros ; un programme de GPR s'élevant à 184 millions de dollars EU, assorti d’un prêt de 3 autres millions à des conditions préférentielles, destiné à appuyer le programme de privatisation du secteur de l’électricité au Nigéria ; une contribution de 145 millions d’euros en faveur du projet d’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée ; et la mise à disposition de 58 millions de dollars EU pour le Programme d’appui à la gouvernance et à la compétitivité de Tanzanie.

Activités de la BAD relatives aux pays ciblés par l’initiative Énergie pour l’Afrique en 2013

Entre janvier et décembre 2013, la Banque a approuvé plusieurs opérations historiques en faveur des pays visés par l’initiative Énergie pour l’Afrique, pour un total d’environ 670 millions de dollars EU. La conversion du SEFA à laquelle a procédé la Banque, a transformé ce fonds bilatéral mis sur pied grâce à un financement du gouvernement du Danemark en un fonds multidonateurs aux attributions élargies. Dans cette optique, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) deviendra le deuxième bailleur de fonds de SEFA et contribuera à l’initiative Énergie pour l’Afrique. Cette conversion ouvre aussi la voie à d’autres bailleurs intéressés par la promotion des investissements du secteur privé dans des projets d’énergie durable de petite ou moyenne envergure. En outre, le Conseil d’administration de la Banque a adopté un nouveau guichet de financement, destiné à soutenir les activités à même de faciliter la mise en œuvre de ces projets.

En avril 2013, l’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée a bénéficié d’un financement de 145 millions d’euros offert par la BAD. Ce, afin de construire 1 400 kilomètres environ de lignes à haute tension, destinées à interconnecter les réseaux nationaux des quatre pays susmentionnés. Ce projet revêt une importance cruciale au regard de la reconstruction en cours au Libéria et en Sierra Leone – deux États qui sortent d’un conflit –, ainsi qu’en Guinée forestière. Le raccordement de ces réseaux électriques à celui de la Côte d’Ivoire devrait rendre possibles des échanges énergétiques qui profitent à ces quatre pays, ainsi qu’un approvisionnement électrique fiable, indispensable pour la croissance économique et la paix. Pas moins de 24 millions d’habitants profiteront directement de ce projet.

S’agissant de la ferme éolienne de 300 MW de Turkana, au Kenya, la Banque a octroyé un prêt de 115 millions d’euros au projet, assorti d’une garantie partielle de risque à hauteur de 20 millions d’euros, afin d’atténuer les risques de retard : sont prévus la construction du réseau de transport public sur 428 kilomètres et des postes électriques nécessaires pour le raccorder au réseau national. Collaborant avec le promoteur du projet depuis 2009, la BAD a ainsi joué un rôle capital dans le développement de ce projet de production indépendante d’électricité, outre son intervention en qualité de chef de file (“Mandated Lead Arranger”) dans la transaction. Il s’agit là du plus grand projet de ferme éolienne en Afrique, lequel devrait accroître la capacité électrique installée du Kenya de 17 % environ et favoriser le développement de la région où la ferme éolienne sera installée.

Au mois de novembre 2013, la Banque a accordé 64,5 millions de dollars EU au Fonds africain des énergies renouvelables (FAER), un fonds de capital-investissement. Ce financement servira des projets de production d’énergie renouvelable de petite à moyenne envergure en Afrique subsaharienne – à l’exclusion de l’Afrique du Sud. Là encore, la Banque a joué un rôle essentiel, notamment dans la conception de la structure du fonds et le choix du gestionnaire. La BAD et le SEFA sont les principaux partenaires et investisseurs de ce projet, avec un apport de 25 millions de dollars EU chacun. Le SEFA ajoutera encore 10 millions de dollars EU en faveur du Mécanisme d’appui au projet du FAER, afin de préparer et structurer des projets “bancables”. Le FAER, qui aura son siège à Nairobi, agira en priorité au Kenya, en Tanzanie et au Ghana. De plus, grâce à un programme de partenariat public-privé géré par la BAD, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) y investira quant à lui 4,5 millions de dollars EU en actions.

En toute fin d’année 2013, la BAD a aussi réussi à mettre sur pied un Programme de garantie partielle de risque (GPR), s’élevant à 184 millions de dollars EU, assorti d’un prêt de 3 autres millions à des conditions de faveur, destiné à appuyer le programme de privatisation du secteur de l’électricité au Nigéria. Ce Programme de GPR atténue le risque de défaillance de l’entreprise publique Nigeria Bulk Electricity Trading (NBET), qui achète de l’électricité aux producteurs indépendants d’électricité (PIE), de sorte qu’elle puisse honorer ses obligations contractuelles relatives aux accords d’achat d’électricité conclus avec ces PIE. Ainsi, les GPR pourraient permettre de  fournir 1 380 MW supplémentaires d’ici 2016. D’autres garanties supplémentaires sont envisagées pour 2014.

Toujours en décembre 2013, la Banque a approuvé un financement de 58 millions de dollars EU pour le Programme d’appui à la gouvernance et à la compétitivité (GECSP) de la Tanzanie. Celui-ci entend cibler le développement du secteur privé, grâce à des réformes du secteur de l’énergie, et permettra de jeter les bases d’une opération d’appui budgétaire (prévue pour 2014) qui mette l’accent sur le secteur énergétique. En outre, la Facilité africaine de soutien juridique (FASJ), fondée sous l’égide de la BAD, aide actuellement le gouvernement tanzanien à élaborer une boîte à outils en faveur de partenariats public-privé et d’une réglementation dédiée aux projets énergétiques. La FASJ finit également d’aider le gouvernement éthiopien dans le cadre des négociations relatives au projet géothermique de Corbetti.

Perspectives d’avenir : un engagement plus marqué auprès des pays cibles de l’initiative Énergie pour l’Afrique

Afin de renforcer son impact, la BAD envisage de renforcer, en 2014, son appui à l’initiative Énergie pour l’Afrique. Dans un proche avenir, la touche finale sera apportée à un Projet de développement énergétique et d’accès à l’énergie, qui vise à améliorer l’accès de la population du Ghana à des services de distribution d’électricité fiables et de qualité. Pour ce faire, la Banque a) contribuera au renforcement de la Compagnie d’électricité du Ghana ; b) étendra le réseau de distribution électrique dans les zones périurbaines et rurales ; et c) mettra en place des systèmes solaires photovoltaïques hors réseau. Toujours dans le courant de l’année 2014, la BAD compte ensuite collaborer à divers projets, qui incluent l’amélioration de l’accès à l’énergie au Libéria et le développement de la géothermie au Kenya.

Sous l’égide des Fonds d’investissement climatiques, la Banque dirige les travaux du Plan d’investissement pour la Tanzanie du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables (dit en anglais “SREP”) et a préparé, avec la Banque mondiale, le Plan d’investissement pour le Libéria du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables (SREP). Ces deux plans serviront de base de lancement pour divers projets dans les deux pays concernés.

Enfin, lors d’une réunion des parties prenantes de l’initiative Énergie durable pour tous en Afrique (“SE4ALL” en anglais) à Tunis, organisée par la plateforme africaine de SE4ALL, des pays qui participent à l’initiative Énergie pour l’Afrique (Ghana, Kenya, Tanzanie et Libéria) ont obtenu la priorité pour l’élaboration de programmes d’action SE4ALL et de plans d’investissements en 2014.

Les besoins en financements du secteur de l’énergie dans les pays ciblés sont impressionnants. Or l’initiative Énergie pour l’Afrique esquisse une solution prometteuse pour permettre leur transformation influer véritablement sur les conditions de vie des populations. En concertation avec ses partenaires de développement, la BAD s’est engagée à favoriser l’accès des populations à l’énergie, en recourant à l’ensemble des instruments dont elle dispose, notamment grâce au développement du secteur privé.