La BAD et la Commission européenne renforcent leur partenariat pour transformer l’Afrique

04/04/2014
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Dirigeants africains et européens se sont réunis à Bruxelles, les 2 et 3 avril 2014, autour d’un engagement commun, placé sous le thème : “Investir dans le capital humain, dans la prospérité et la paix”.

Ce jeudi 3 avril 2014, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission européenne ont signé un nouvel accord de coopération, renforçant par là le partenariat qui les unissait déjà.

Cet accord – qui se fonde sur un protocole d’accord conclu en 2005, entre le Groupe de la Banque, la Commission et la Banque européenne d’investissement – entend renforcer la coopération dans le travail de développement, tout en promettant d’utiliser au mieux les fonds limités d’assistance au développement. Ce, en recourant à des méthodes financières innovantes, pour tirer parti des ressources existantes, et en débloquant de nouveaux investissements.

Emmanuel Mbi, premier vice-président et directeur général des opérations de la Banque, qui a signé l’accord au nom du président Donald Kaberuka, a déclaré que « le partenariat entre la Banque africaine de développement et la Commission européenne est déjà bien établi. »
Et d’ajouter : « Sur la seule année 2012, le partenariat s’est concrétisé par un cofinancement de  775 millions d’euros » (environ 1 milliard de dollars EU).

« Au plan stratégique, la Banque et la Commission sont, depuis quelque temps, étroitement alignées l’une sur l’autre. Nous voyons cela, non seulement dans la stratégie commune Afrique-UE, mais aussi dans des plans sectoriels spécifiques. Le nouvel Agenda pour le changement de l’UE sur les États fragiles, par exemple, reflète le cadre révisé de son soutien aux États fragiles : Mettre fin aux conflits et consolider la paix en Afrique : Un appel à l’action.

« Au plan financier, nous sommes également étroitement alignés sur le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne et sur la treizième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, désormais assurée », a poursuivi Emmanuel Mbi.

« Ainsi, l’étape importante réalisée aujourd’hui prend tout son sens, en approfondissant notre collaboration intellectuelle et pratique. Elle nous fait entrer dans une nouvelle ère, où l’aide au développement – confrontée à des ressources concessionnelles peu abondantes – exige plus d’efforts et plus d’ingéniosité pour atteindre ses objectifs. »

Andris Piebalgs, Commissaire européen au développement, a déclaré, quant à lui : « La signature d’aujourd’hui montre l’engagement de l’Union européenne à s’assurer que son aide ait le maximum d’impact. Ce nouvel accord de coopération nous aidera à consolider la relation que nous entretenons avec la Banque africaine de développement, à mieux coordonner notre aide et à structurer notre collaboration à venir, afin qu’elle puisse s’enrichir davantage. » Il a ajouté que la coopération serait orientée « sur le terrain » et qu’elle doit communiquer les résultats de son aide au développement.

L’accord de coopération renforcera les activités communes de la Banque et de la Commission dans des domaines prioritaires, notamment en matière de consolidation des infrastructures (énergétiques et autres) de l’Afrique, de renforcement des capacités, de travail dans les États fragiles, de renforcement de la résilience au changement climatique, de renforcement du secteur privé, de soutien à la gestion des finances publiques et de soutenabilité de la dette. Il promet d’optimiser l’utilisation des mécanismes de financement existants – européens comme africains – et à créer de nouvelles méthodes de “fusion” des prêts, concessionnels et non concessionnels. Cet accord prévoit par ailleurs un partage plus large des informations et des analyses, ainsi qu’une collaboration active dans des domaines comme le suivi des résultats.

La coopération sur des financements innovants est au cœur de l’accord. La Banque, qui participe au Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures, espère que la Commission européenne élargira le champ de la collaboration à d’autres dispositifs d’harmonisation – notamment la Facilité d’investissement de l’UE dans le cadre de la politique de voisinage avec l’Afrique du Nord et son Programme d’investissement dans les infrastructures pour l’Afrique australe. Dans le même temps, la Banque a établi de nouveaux instruments dans le cadre du 13e Fonds africain de développement, mieux adaptés aux besoins des pays. Il s’agit notamment de la Garantie partielle de crédit et de la Facilité en faveur du secteur privé, qui complètent la Garantie partielle de risque, et visent à attirer et à mobiliser davantage de fonds du secteur privé en faveur du développement de l’Afrique.

Emmanuel Mbi et Andris Piebalgs ont également discuté du soutien de l’UE aux initiatives panafricaines, notamment en matière de production de statistiques agricoles à l’échelle du continent, de collecte des connaissances grâce à la publication Perspectives économiques en Afrique, et d’aide aux gouvernements pour négocier des contrats de gestion des ressources naturelles avec la Facilité africaine de soutien juridique.

Quelque 80 chefs d’État et de gouvernement de l’UE et d’Afriques ont assisté au Sommet Afrique-UE. L’importance des avantages qu’offre une croissance africaine solide largement partagée par les populations les plus démunies et les plus vulnérables ; la nécessité de se concentrer sur les poches de fragilité politique et économique qui subsistent en Afrique ; la nécessité d’une intégration régionale en Afrique pour créer des économies d’échelle et promouvoir le commerce ; et la nécessité pour l’Afrique de développer des “niches de productivité” au sein de ses économies nationales, sont les thématiques mises en exergue durant la conférence.

« L’UE et l’Afrique sont associées dans une quête commune, a souligné Emmanuel Mbi. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, en particulier pour ce qui est de donner aux jeunes les moyens de s’autonomiser et de les préparer au marché de l’emploi. Une Afrique axée sur le commerce sera en mesure d’amorcer la transformation du continent africain – la seule voie viable vers la prospérité. »