La BAD et la Libye : étendre les champs de partenariat

17/12/2008
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La visite officielle en Libye du président Kaberuka à la tête d’une délégation de la Banque, le 14 décembre, a sans aucun doute été une étape importante dans le renforcement des relations de la BAD avec un de ses plus importants actionnaires. La Lybie détient en effet 3,82 %  des parts se plaçant ainsi au 5ème rang des Pays Membres Régionaux (PMR) et au 8ème des 77 Etats membres du Groupe de la BAD.

Les entretiens avec l’ensemble des responsables rencontrés, au premier rang desquels le Guide Mouammar Qaddafi, ont permis de dégager une convergence de points de vue sur les défis du développement posés à l’Afrique et sur la nécessité, pour contribuer à y faire face, de renforcer et d’étendre les champs du partenariat entre la BAD et la Libye.

Lors de l’audience accordée au président Kaberuka par le Guide de la Jamahiriya, ce dernier a rendu hommage à l’action menée par la BAD et son président, et a exhorté l’institution à poursuivre avec la même efficacité sa contribution significative au développement de l’Afrique. Il a insisté sur la sélectivité nécessaire dans le choix de projets viables dont l’impact sur le développement puisse aider les pays africains à une meilleure gestion de leur endettement. Le leader Mouammar Qaddafi a exprimé sa confiance dans  la capacité de la Banque à jouer le rôle de chef de file dans des projets structurants d’infrastructures panafricaines. Il a à cet égard mentionné trois projets qu’il considère comme urgents et vitaux pour le continent africain et auxquels il appelle à la participation de la Banque.

Il s’agit de l’axe routier de près de 2000 kms qui devrait relier la frontière libyenne à Agades et Zender au Niger, pour permettre de raccorder l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne. Le second projet concerne le projet hydroélectrique d’Inga en RDC, qui, selon le Guide libyen, permettrait d’alimenter l’Afrique entière en énergie non dépendante du pétrole et d’envisager même l’exportation vers l’Europe. Enfin, le leader libyen a exprimé sa très forte inquiétude, si des engagements forts n’étaient pas pris pour la préservation du Lac Tchad, de voir ses cinq pays riverains victimes d’une catastrophe écologique et humanitaire.

Le président Kaberuka a fait part au Guide libyen de sa reconnaissance pour l’engagement fort de son pays au service de l’intégration africaine et a exprimé sa satisfaction de voir que la Libye et la BAD partagent les mêmes préoccupations. Il a saisi cette occasion pour rappeler la participation concrète de la Banque dans les grands projets multinationaux de corridors routiers intégrateurs, dans le projet Inga ainsi que dans les actions en faveur de la préservation du Lac Tchad. Ainsi, quelques jours auparavant, le 11 décembre 2008, le Conseil d’administration du Groupe de la BAD a approuvé un don de 44 millions de dollars US pour financer le programme de développement durable du Bassin du Lac Tchad.

Le président de la BAD a également entretenu son hôte des initiatives récentes prises par la Banque relatives à la crise alimentaire et la crise financière. Il a insisté sur la nécessité de mener des actions concertées et conjointes pour aider l’Afrique à y faire face.  Il a renouvelé l’entière disponibilité de la Banque à offrir à la Libye toute son expertise en matière de conseil et d’assistance technique.

Cette expertise de la Banque, notamment en matière de gestion des ressources financières, a été sollicitée lors des entretiens avec MM Mohamed Ali Huweij, Gouverneur de la BAD pour la Lybie et ministre des finances et M. Farhat Bengdara, Gouverneur de la Banque Centrale. Faisant suite à la rencontre entre le président Kaberuka et M. Bachir Saleh, président du Fonds d’investissements pour l’Afrique Libya Africa Investment Portfolio (LAIP), une séance de travail a regroupé les experts des deux parties qui ont  examiné les actions concrètes en vue de la mise en ouvre du protocole d’accord signé entre la BAD et LAIP, au mois de juin de cette année.

Les discussions ont également abordé le renforcement des relations avec la Banque Sahelo-Saharienne notamment avec les services de la trésorerie de la BAD, du financement du secteur privé, de l’agriculture et des télécommunications. Mais aussi de la coopération déjà existante avec la CEN SAD.


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