BAD-Maroc, un partenariat exemplaire depuis près d’un demi-siècle

22/07/2016
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Au lendemain de son arrivée dans le Royaume pour sa première visite officielle en tant que président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina a multiplié les rencontres de haut niveau avec les autorités marocaines, mercredi 20 juillet à Rabat.

Une délégation l’accompagnait, composée notamment de l’administrateur représentant le Maroc la Tunisie et le Togo, Abdelmjid Mellouki, de la représentante résidente au Maroc, Yacine Fal, du vice-président de la BAD par intérim en charge des opérations, Janvier Litse, et du vice-président par intérim chargé des finances, Charles Boamah.

Outre une visite de courtoisie au chef du gouvernement, Abdel-Ilah Benkiran, le président Adesina a rencontré le ministre de l’Economie et des Finances, par ailleurs gouverneur de la BAD pour le Maroc, Mohammed Boussaïd, ainsi que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, qui assure la présidence de la COP22 – qui se tient cette année à Marrakech.

La rencontre au ministère des Finances a été suivie d’une  séance de travail à laquelle se sont joints le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch ; le ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, Aziz Rabah ; ainsi que le ministre délégué auprès du ministre de l’industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Mamoune Bouhdoud, chargé des Petites entreprises et de l‘Intégration du secteur informel. Enfin, une dernière réunion de travail a eu lieu à Rabat, avec le patron de l’agence marocaine des énergies solaires (MASEN), Mustapha Bakkouri.

D’emblée, le président Adesina a tenu à souligner la qualité de la coopération qui unit la Banque au Maroc, l’un des ses membres fondateurs et, surtout, son premier client. « Le Maroc est l’un de portefeuilles de projets de la BAD les plus performants du continent », a rappelé le président, qui s’est réjouit notamment du taux de décaissement (52 %) affiché. Et de saluer les performances du Maroc au plan économique et de ses stratégies de développement, outre l’importance de son rôle sur le continent : « 85 % de vos investissements directs étrangers sont en Afrique », s’est réjoui Akinwumi Adesina, qui s’est aussi félicité la volonté qu’a exprimée le Maroc quelques jours plus tôt, de réintégrer l’Union africaine. Le Royaume est aussi le troisième exportateur sur le continent, derrière l’Afrique du Sud et l’Egypte.

La coopération de la BAD avec le Maroc « n‘est pas seulement une relation financière », a renchéri le ministre marocain de l’Economie et des Finances ; « l’apport de la BAD au Maroc va au-delà ».

Les nombreux échanges qui ont ponctué cette journée de rencontres et de réunions de travail ont mis en lumière la convergence de vues entre la Banque et les autorités du Maroc, notamment autour des Cinq grandes priorités que la BAD s’est assignées : « Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie » – en témoignent les grands progrès  qu’a enregistrés le Maroc ces vingt dernières années en matière de connexion électrique ; « Nourrir l’Afrique », auquel fait écho le Plan Maroc vert, qui vise le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie (et grâce auquel l’impact de la forte sécheresse de cette année est grandement atténué) ; « Industrialiser l’Afrique », à laquelle répond la stratégie industrielle du Maroc ; et « Intégrer l’Afrique ».

Quant à la COP22, qui se tiendra en novembre 2016 à Marrakech, « vous pouvez compter sur le plein soutien de la Banque », a assuré le président Adesina (la BAD, qui finance déjà l’extension de l’aéroport de la ville ocre, co-organise le Pavillon Afrique et échange au plus près avec les autorités marocaines tout le long des préparatifs de cet événement « en terre africaine »).

« Je souhaite que l’on travaille ensemble », a déclaré le président Adesina à l’adresse des autorités marocaines, évoquant tour à tour les enjeux du changement climatique et les financements requis, la nécessité d’une tarification différentiée pour les prêts octroyés aux investissements climatiques dans les pays les fragiles, l’agriculture et l’agro-industrie, l’eau et l’assainissement, l’intégration financière (la BAD et l’ASEA viennent de signer, mi-juillet, un protocole d’accord qui implique notamment la place boursière de Casablanca)…

Les opportunités de collaboration sont riches de promesses.

Entre autres pistes pour une collaboration renforcée, le président Adesina a émis une première proposition concrète : « créer avec le Maroc un fonds de private equity » pour doper les investissements dans l’agriculture en Afrique. Loin d’exprimer un refus, les autorités marocaines ont promis d’y réfléchir.