La BAD et le gouvernement fédéral du Nigéria vont consacrer 300 millions de dollars EU à un projet agricole pour les jeunes

07/01/2016
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La Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement fédéral du Nigéria préparent des solutions à long terme pour l’emploi des jeunes dans le secteur agricole. Ils comptent dépenser quelque 300 millions de dollars EU dans le Programme agroalimentaire d’autonomisation des jeunes.

Ce projet doit être mis en place, en 18 mois, par la BAD en partenariat avec le ministère fédéral de l’agriculture et du développement rural du Nigéria. « C’est Chiji Ojukwu, directeur du Département de l’agriculture et de l’agro-industrie de la BAD, qui a récemment révélé cette information, lors d’une réunion au sommet avec les autorités agricoles nigérianes à Abuja », rapporte le journal The Nation.

De par sa portée et son impact, cette initiative permettrait de créer 250 000 emplois ; les bénéficiaires seraient formés, dans différents centres d’incubation, à tous les aspects des chaînes de valeur, chaque bénéficiaire du projet étant soutenu à hauteur d’environ 75 000 dollars EU.

Selon Ojukwu, ce projet de trois ans permettrait de former et de financer des jeunes diplômés nigérians, qui s’intéressent à l’agriculture. «Un total de 300 millions de dollars EU serait dégagé pour couvrir le projet de trois ans, qui réunirait des jeunes diplômés pour les former pendant 18 mois en tant qu’entrepreneurs agricoles ».

Le ministre de l’agriculture, Audu Ogbeh, a révélé, dans une déclaration du directeur de l’information du ministère, Tony Ohaeri, que le projet serait lancé dans les trois universités agricoles du pays.

«Cette initiative créerait 250 000 emplois ; les bénéficiaires seraient formés, dans différents centres d’incubation, à tous les aspects des chaînes de valeur, chaque bénéficiaire du projet étant soutenu à hauteur d’environ 75 000 dollars EU. Le projet couvrirait les 36 États, y compris le Territoire de la capitale fédérale, tandis que l’agenda de transformation agricole (ATA) serait déployé dans les zones de transformation ».

Le ministre a insisté, dans son commentaire, sur la nécessité pour les trois universités agricoles, à Umudike, Makurdi et Abeokuta respectivement, de revenir aux dispositions de la loi qui les a créées.

Le ministre Ogbeh a conseillé au pays de réinventer sa propre stratégie économique, en vue d’une relance, soulignant que la force de la nation réside dans sa jeunesse. Il a par ailleurs exprimé son inquiétude quant au taux de chômage des jeunes dans le pays : « Nous devons nous occuper d’eux avant qu’ils s’occupent de nous ».

Il a promis de collaborer avec les représentants de la BAD et de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), qui étaient venus lui remettre la note conceptuelle sur le projet agricole pour les jeunes.

Le ministre a toutefois chargé l’IITA de redoubler d’efforts en ce qui concerne les recherches sur la transformation des feuilles de manioc en aliments pour animaux, tandis que certains volets du programme LIFE (Labour Intensive Family Enterprise, entreprise à forte intensité de main-d’œuvre) du ministère pourraient être intégrés à l’initiative d’autonomisation des jeunes.

Le directeur général de l’IITA, Nterayana Saginga, a appelé à un changement des mentalités des jeunes diplômés en disant que l’expérience qu’a acquise dans le passé l’IITA sur les jeunes diplômés au chômage a montré qu’ils étaient capables d’obtenir un bon retour sur leurs investissements. Il a promis que l’IITA serait disposé à fournir au ministère toute l’assistance nécessaire.