Bâtir des villes durables en Afrique grâce à la BAD et ses partenaires

23/05/2016
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Pour la Banque africaine de développement (BAD), il faut mettre en place un programme ambitieux de transformation structurelle afin que plus rien n’empêche l’émergence de villes durables sur le continent. Cette thématique a fait l’objet d’une table ronde lors du lancement officiel du rapport 2016 de Perspectives économiques en Afrique intitulé cette année « Villes durables et transformation structurelle en Afrique ». C’était au premier jour des Assemblées annuelles 2016 de la BAD, qui se déroulent du 23 au 27 mai à Lusaka, en Zambie.

Le directeur par intérim du Département de la recherche de la BAD, Abebe Shimeles, a indiqué que, dans cette perspective de villes durables, la BAD incite les gouvernements africains à combler les lacunes dans des domaines tels que le développement des infrastructures et l’accès de la population à des services sociaux de qualité. .

Il a précisé  que la Banque avait pris d’importantes mesures pour investir dans des programmes destinés à aider les décideurs politiques, de différentes structures gouvernementales, à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies visant à bâtir des villes durables. « L’Afrique doit s’engager sur la voie d’une transformation structurelle ambitieuse, et la Banque a pris des mesures pour inciter les décideurs politiques à veiller à ce que les villes que nous bâtissons soient durables. Cela permettra d’améliorer l’impact des programmes tels que ceux visant à créer des emplois pour les jeunes ».

Pour la directrice exécutive adjointe d’ONU-Habitat et sous-secrétaire générale Aisa Kirabo Kacyira, également présente à cette rencontre, il est temps d’aller au-delà de la création de politiques dédiées, pour véritablement passer à leur mise en œuvre effective.  .

Et d’appeler les dirigeants africains à considérer l’urbanisation comme un phénomène humain qui peut se transformer soit en succès soit en échec, en fonction de l’engagement de ceux qui sont chargés de la mise en œuvre.

Le directeur général de la Fondation Mo Ibrahim, Abdoulie Janneh, a déclaré que son organisation est l’optimisme quant à la capacité de l’Afrique de bâtir des villes durables, à condition que certains programmes, tels que l’intégration régionale, se poursuivent. « L’organisation a pris note des progrès appréciables qu’enregistre le continent, du point de vue de la gouvernance, dans l’application de la transformation structurelle au processus de création de villes durables », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le directeur général pour l’Afrique de la Fondation Rockefeller, Mamadou Biteye, a insisté sur la nécessité de prendre en compte la résilience dans les programmes que mettent en œuvre les gouvernements pour créer des villes durables. Car cela permettrait aux pays de continuer de travailler à la création de villes durables, même quand la marge de manœuvre fiscale se réduit et que l’économie se contracte, a-t-il argué. Avant d’ajouter : « Des difficultés économiques peuvent perturber le programme de croissance d’une ville, et c’est pourquoi nous appelons à prendre en compte la résilience, afin que la capacité à fournir des services et des biens de meilleure qualité qu’offre la transformation des villes continue à se renforcer ».

Il a également profité de l’occasion pour annoncer que son organisation travaille à nouveau classement des 100 « villes résilientes » à travers le monde – les 33 dernières doivent être dévoilées lors d’une cérémonie à Nairobi, au Kenya, ce mercredi 25 mai 2016. Kigali (Rwanda), Durban (Afrique du Sud), et Arusha (Tanzanie) font d’ores et déjà partie de cette liste des 100 villes résilientes.

Claver Gatete, ministre rwandais des Finances et de la Planification économique a indiqué que son pays avait harmonisé les interventions des institutions gouvernementales locales et centrales, en vue de créer des villes durables. Du coup, a-t-il assuré, cela a amélioré la prestation de biens et de services, tant à Kigali, la capitale, que dans le reste du pays.

Les Assemblées annuelles se déroulent au centre international de conférences Mulungushi à Lusaka, du lundi 23 mai au vendredi 27 mai 2016, sur le thème « Énergie et changement climatique ».