Lutte contre Ébola en Afrique : la BAD et la Banque mondiale collaborent pour renforcer les interventions

01/06/2015
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Pour les pays courant le risque d’une résurgence d’Ébola, la lutte contre le virus exige d’obtenir plus de financements pour le combattre, de développer des structures de soins de santé et de s’assurer que les nations font les efforts nécessaires pour protéger leurs citoyens de la maladie.

C’est le message qui a été passé mercredi 27 mai 2015, lors d’une discussion de groupe, tenue conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale, dans le cadre des 50e Assemblées annuelles de la Banque à Abidjan. À cette occasion, des représentants des deux banques de développement multilatérales et des dirigeants gouvernementaux ont défini les mesures à prendre pour continuer à endiguer la propagation de l’épidémie d’Ebola.

« Nous avons été proactifs dès le début, et c’est pourquoi ce virus mortel n’a jamais atteint la Côte d’Ivoire », s’est félicitée Raymonde Coffie Goudou, ministre ivoirienne de la Famille, de la Femme et de l’Enfant.

« En Afrique, si nous sommes ensemble, nous le sommes de manière concrète », a indiqué Saran Daraba Kaba, secrétaire générale de l’Union du fleuve Mano, qui figurait parmi les panélistes du groupe. « Dans le cas d’Ébola, le Sénégal a réussi à le contrer, car il a été averti » par un pays voisin, a-t-elle ajouté. C’est le type de partenariat efficace pour lutter contre ce virus.

Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Donald Kaberuka, président de la BAD, et Janvier Kpourou Litse, vice-président par intérim des opérations à la BAD, responsable des programmes nationaux et régionaux et des politiques, se sont joints aux propos de Madame Kaba et de Madame Coffie Goudou.

Bien que le Sénégal et la Côte d’Ivoire aient été épargnés, Ébola a bel et bien fait des ravages dans les pays voisins, tuant plus de 11 000 personnes dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. « Les systèmes de santé étaient faibles, c’est le principal enseignement que l’on peut en tirer », a déploré M. Diop.

M. Kaberuka et M. Diop ont mis en garde : le renforcement des systèmes de santé ne doit pas affaiblir d’autres projets d’infrastructures et éducatifs. « Devrions-nous maintenant abandonner tous ces projets pour nous focaliser exclusivement sur la résolution des problèmes en matière de soins de santé primaire ? » a demandé Donald Kaberuka aux participants. Avant d’affirmer : « Ma réponse est simple : absolument pas, jamais. Nous nous trouvons en fait face au symptôme d’une maladie plus grave, celle de la fragilité ».

Il est crucial d’obtenir de la communauté internationale qu’elle assume ses responsabilités de façon appropriée. Au plus fort de l’épidémie, M. Kaberuka a confié qu’il avait été affligé par la lenteur des interventions de certaines organisations internationales.

« Au sein de la Banque mondiale et de la BAD, nous allons accomplir notre devoir et mettre en place un système d’alerte rapide dans chaque pays », a déclaré le président de la BAD.

Bien que de nouveaux cas d’Ebola aient récemment été signalés en Guinée, les membres du groupe sont convenus du fait que les nations fragiles bénéficient encore d’une position de force pour développer des méthodes améliorées dans la lutte contre l’épidémie. En fait, M. Diop a indiqué que certains pays sont déjà en train de donner le ton. « Maintenant, les autorités médicales d’Atlanta se rendent en Afrique pour apprendre comment intervenir face à Ébola », a-t-il dit.

Malgré la menace considérable que fait encore peser Ébola, cela ne signifie pas qu’elle débouchera, une fois de plus, sur des condamnations à mort en masse.

« Il arrive un moment où nous devons trouver un équilibre entre les interventions d’urgence et les interventions à long terme », a déclaré et Janvier Kpourou Litse.