Assemblées annuelles de la BAD 2014 : les gouverneurs vont explorer le rôle de la Banque dans le programme de transformation de l’Afrique

12/05/2014
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Le rôle de la Banque africaine de développement (BAD) dans la construction d’une Afrique nouvelle sera au centre du « Dialogue des gouverneurs » et constituera un thème essentiel des Assemblées annuelles 2014 du Groupe de la Banque dont le coup d’envoi sera donné ce lundi 19 mai à Kigali.

Sous le thème « Les 50 ans à venir : l’Afrique que nous voulons », les gouverneurs, qui sont généralement des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale des 78 pays membres du Groupe de la Banque, exploreront les moyens de réaliser la vision d’une « Afrique intégrée, centrée sur son peuple, prospère et en paix avec elle-même ».

Dans le contexte de la réalité mixte d’une « Afrique montante », marquée par de fortes progressions du PIB, mais tempérée par la baisse du PIB par habitant et par une extension de la pauvreté dans de nombreux pays d’Afrique, le dialogue des gouverneurs se penchera sur diverses solutions possibles.  Ils s’appuieront sur  des plans continentaux et du monde des entreprises pour définir l’architecture de la transformation socioéconomique du continent dans le demi-siècle à venir.

En tête de ces plans possibles figure le très louable « Agenda 2036 » de l’Union africaine, présenté comme une « Stratégie globale en vue d’optimiser l’emploi des ressources de l’Afrique au profit de tous les Africains ».

Ce programme précise la manière dont l’Afrique aura à modifier ses manières d’agir et de procéder à un changement de paradigme ou de culture devant progressivement conduire à une « Afrique, intégrée, prospère et pacifique.  Une Afrique  conduite par ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans l’arène mondiale ».

Sans faire les habituelles promesses d’un « Eldorado » et d’une « Pax Africana », l’agenda appelle les Africains et leurs partenaires à tirer les leçons du passé, à valoriser les progrès qu’ils réalisent aujourd’hui, et à exploiter stratégiquement toutes les opportunités qui se présenteront dans l’immédiat et dans le moyen terme.  L’objectif ultime étant  de garantir une transformation socioéconomique positive dans les 50 prochaines années.

Il souligne la nécessité de rallumer la passion pour le panafricanisme, de développer un sentiment d’unité, d’autonomie, d’intégration et de solidarité semblable à ce qui a marqué les accomplissements du continent dans le passé.

De son côté, la Stratégie 2013-2022 de la BAD propose une feuille de route semblable, s’appliquant dans le moyen et le long terme, pour la transformation de l’Afrique sur la base d’une croissance économique partagée et promotrice d’activités de protection environnementale durables.

Cette croissance solide et inclusive sera réalisée à travers les axes suivants : création de nouvelles infrastructures, intégration économique régionale, essor du secteur privé, progrès de la gouvernance et de la responsabilisation, et promotion des compétences et des technologies.

En œuvrant à la réalisation de ces objectifs, la BAD accordera une attention particulière aux États fragiles, à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, ainsi qu’aux questions d’égalité des sexes qui jouent un rôle essentiel pour le progrès socioéconomique durable.

Ces voies sont des vecteurs du changement qui, exécutés correctement, donneront les moyens à l’Afrique de dégager des économies d’échelle et de s’ouvrir des marchés de niche au sein de l’économie mondiale par l’ajout de valeur et par la création de franchises durables dans l’offre de produits et services.  Le Conseil des gouverneurs, qui est l’instance suprême de décision de la Banque, réfléchira sur ces questions afin de susciter un débat élargi et d’identifier les domaines où la BAD possède le meilleur avantage compétitif pour exercer un impact positif sur la transformation du continent.

Une note conceptuelle préparée en prévision de ce dialogue met en lumière quatre impératifs critiques et liés qu’il s’agira d’aborder afin de réaliser le changement durable en réponse aux aspirations de la majorité des Africains et de leurs partenaires.  Ces impératifs sont : un leadership stratégique pour les politiques publiques, l’intégration régionale, la création d’emplois, et la résolution des facteurs de conflit et de fragilité.