La croissance partagée au cœur des séminaires des Assemblées annuelles

06/06/2011
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La faible croissance économique et la nécessité de promouvoir la croissance au bénéfice de tous les Africains étaient la priorité du programme des séminaires des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). La série de séminaires a été ouverte le lundi 6 juin 2001 à Lisbonne, au Portugal.  

L'un des événements majeurs a été la publication de la 10e édition des Perspectives économiques africaines, qui révèle que, combinés à d’autres facteurs, les événements politiques survenus récemment en Afrique du Nord ont influé sur le panorama économique global du continent. La publication indique que, de 4,9 pour cent en 2010, la croissance économique de l'Afrique va descendre à 3,7 pour cent en 2011. Le chiffre de 2010 représente une amélioration sur les 3,1 pour cent en 2009, par suite de la dépression causée par la crise économique mondiale.

Les Perspectives sont une initiative commune de la BAD, de l'OCDE, de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique et du Programme des Nations Unies pour le développement.

Dans un événement connexe, un rapport conjoint Banque mondiale-BAD présenté lors du séminaire mentionne que le système financier de l'Afrique a besoin de concurrence, pour que le continent puisse continuer à croître et à prospérer.

Présentant un rapport intitulé «Financement de l’Afrique : la crise et au-delà», qui sera lancé en septembre 2011 dans le cadre de l’initiative de développement du secteur financier pour l'Afrique (MFW4A), les experts des deux institutions ont soutenu qu’une concurrence accrue stimulera l'innovation financière, le développement de nouveaux produits et technologies ainsi que la diversification de prestations de services de meilleure qualité et en plus grande quantité, axés sur la clientèle.

Le rapport fait le bilan des changements récents, examine les perspectives à long terme de la finance africaine, procède à une analyse des politiques et formule des recommandations à l’intention des décideurs, des partenaires au développement et des institutions financières.

L’ouvrage vise à stimuler le débat sur le développement du secteur financier africain et à mettre l’accent sur son importance pour l'initiative du développement du secteur financier pour l’Afrique, ainsi que sur l’agenda de la BAD dans ce domaine.

Les deux rapports ont fait partie des évènements de haut niveau organisés dans le cadre du lancement des Assemblées annuelles de la BAD, et qui ont mis l’accent sur l'engagement croissant de la Banque à une croissance inclusive et partagée en Afrique.

Les participants aux Assemblées, principalement les ministres des finances, les gouverneurs des banques centrales, les experts en développement et les groupements de la société civile venant des 77 pays membres de la Banque, débattent des questions critiques du développement de l'Afrique dans les domaines de la santé, des finances, des infrastructures, de la science et de la technologie, ainsi que de l'éducation.

En écho à l'adage séculaire, «La santé n’a pas de prix», une haute priorité est accordée à la santé physique de la population du continent, et les participants ont souligné qu'une plus grande efficacité et plus d'équité dans le secteur de la santé du continent permettraient d'accélérer les efforts vers l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). De nombreux pays africains ont peu de chances d'atteindre ces objectifs, ce qui a incité les participants à demander une meilleure collaboration autour de l'efficacité des engagements de financement de la santé.

« Il est temps de changer l'agenda de la santé en Afrique », a déclaré Agnès Soucat, directrice des ressources humaines de la BAD, s’exprimant sur le thème : «Au-delà de l'aide: un nouvel agenda pour le financement de la santé ».

Une présentation sur les politiques d'assurance maladie du Rwanda a été consacrée au rôle d'une bonne politique d'assurance-maladie dans l'établissement de systèmes de soins de santé appropriés en Afrique. L'état des politiques sanitaires du pays depuis 1994 a été présenté par Kampeta Sayinzoga,  secrétaire permanent au ministère des Finances et de la planification économique.

Mme Sayinzoga a fait observer que le nombre de Rwandais bénéficiant de l'assurance maladie a augmenté de près de 90 pour cent, alors qu’il était de 10 pour cent en 2002. Elle a indiqué que le cas du Rwanda montre que «les gens pauvres n'hésitent pas à débourser, si le système de santé est bien structuré et transparent ».

Grâce à une forte campagne de sensibilisation des gouvernements locaux et un système de «Mutuelles (micro-systèmes de santé), l'assurance maladie a obtenu des résultats spectaculaires par rapport à de nombreux pays voisins, où le secteur a été entièrement financé par des deniers publics et / ou par les donateurs. «Il vaut mieux prendre un bus plutôt que d'attendre une limousine, a-t-elle fait remarquer ».

Ces séminaires conduiront aux Assemblées des 9 et 10 juin sur le thème « Vers un agenda pour la croissance inclusive en Afrique », et passera en revue les opérations 2010 de la Banque et son portefeuille de financement du développement pour 2012, ainsi que les défis auxquels la région africaine est confrontées dans des domaines clés tels que le changement climatique, les infrastructures, le secteur privé et la gouvernance.