Rapport annuel 2015 : Prendre le pouls de l’Afrique du Nord

23/11/2015
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Dans son rapport annuel 2015 dédié à l’Afrique du Nord, la BAD fait le point sur le développement des économies des 6 pays de la région : Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte.

Le rapport note que la période de transition majeure dans la région, qui s’est enclenchée dans le sillage du printemps arabe en 2011, a débouché, en 2014 puis 2015, sur des élections démocratiques dans la quasi-totalité des pays de la région. Y est aussi souligné le rôle déterminant que jouent certains de ces pays dans la résolution de crises majeures (Mali, Libye), en dirigeant les médiations internationales,  et dans le souci de renforcer la situation sécuritaire.

Perspectives et opportunités

Au plan économique, les économies nord-africaines ont, pour la plupart, enregistré des taux de croissance plutôt modestes en 2014.

Mais les perspectives sont positives pour les pays importateurs de pétrole cette année, avec des cours en baisse – donc une énergie moins chère – et un environnement extérieur plus favorable. Cependant, cela ne suffira sans doute pas à entrainer une baisse significative du taux de chômage. En outre, les défis de nature sécuritaire continuent de peser sur la confiance des investisseurs – y compris à l’endroit des pays qui ont fait des progrès dans leur transition politique et démocratique. Ainsi, la paix et la stabilité sont clairement des prérequis à un développement à long terme dans la région.

Quant aux pays producteurs de pétrole, ils doivent voir dans la chute des cours des hydrocarbures une opportunité : c’est ici l’occasion de lancer des programmes de réformes nécessaires pour renforcer la résilience de leur cadre macroéconomique et diversifier leurs économies.

Autre avancée que ce rapport met en exergue : la plupart des pays d’Afrique du Nord ont amorcé le mouvement pour lever les contraintes qui freinent le développement du secteur privé. De plus en plus d’importance est accordée à la transparence ; de plus en plus d’efforts sont consentis pour améliorer l’efficacité du secteur public et alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les activités économiques normales ; et de plus en plus d’attention est portée aux entreprises du secteur privé pour les aider à se conformer aux règles. Néanmoins, trois problématiques majeures continuent d’entraver le développement du secteur privé et la gestion du secteur public dans les pays nord-africains : la première est liée à l’histoire récente, marquée par l’instabilité politique et les problèmes de sécurité dans certains pays, qui ont découragé les investissements privés et affaibli l’administration publique. La deuxième – qui a affecté tous les pays mais à des degrés divers –, est liée à  l’interventionnisme historique de l’État, qui a découragé l’investissement étranger, le recrutement de salariés de longue durée (poussant ainsi de vastes segments de l’économie vers le secteur informel) et freiné l’essor du secteur financier. La troisième relève de la mauvaise gouvernance, qui a encouragé la quête de la rente aux dépens des activités économiques véritablement productives.

Libérer un plein potentiel

Le constat est sans appel : des réformes structurelles sont indispensables pour améliorer les résultats économiques et sociaux. Les jeunes et les femmes, qui sont des atouts essentiels de la région, doivent pouvoir participer pleinement  à l'économie et l’enrichir de tout leur potentiel – c’est une priorité, comme le fait de traiter des handicaps économiques auxquels se heurtent les populations (hommes et femmes) des régions marginalisées.

Pour ce faire, il faut améliorer la qualité de l'enseignement, l'accès aux soins de santé de qualité, la formation professionnelle et mettre en place des politiques efficaces qui favorisent la participation au marché du travail. Supprimer les entraves commerciales excessives dans le secteur privé s’avère également crucial, outre la nécessité d’engager des interventions spécifiques et ciblées dans les régions les plus pauvres et les plus marginalisées.

L’Afrique du Nord, plus gros portefeuille de projets de la BAD
Le rapport annuel dédié à l’Afrique du Nord est également l’occasion de revenir en détails sur les activités que la Banque mène dans chacun des six pays de la région. Etayé de chiffres, il offre un large aperçu des projets majeurs que la BAD finance, en précisant à chaque fois les résultats escomptés et leur impact en termes de développement. Au nombre des projets phares approuvés dans la région en 2014, figurent notamment le Complexe solaire de Ouarzazate au Maroc, que la Banque finance à hauteur de 100 millions de dollars EU ; ainsi que le projet Nawara gazoduc en Tunisie, dont le montant s’élève à 75 millions de dollars EU, ce qui en fait l’un des investissements les plus importants dans le Sud tunisien en 2014.    

En décembre 2014, le portefeuille actif du Groupe de la Banque en Afrique du Nord comptait plus de 114 opérations en cours d’exécution, représentant au total 5,81 milliards de dollars EU d’engagements nets. La région continue ainsi d’afficher le plus important portefeuille de la Banque en Afrique.