Les approbations de la BAD atteignent 4,39 milliards d’UC en 2013

22/05/2014
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La Banque africaine de développement a approuvé en 2013, 317 opérations représentant au total 4,39 milliards d’UC (I UC=1,55 de dollar), financées comme suit : BAD : 1,83 milliard d’UC; FAD : 2,27 milliards d’UC ; Fonds spéciale du Nigeria : 31,2 millions d’UC et Fonds spéciaux : 253,4 millions d’UC

C’est ainsi que les opérations approuvées en faveur de l’infrastructure, pour l’essentiel dans les secteurs du transport et de l’énergie, ont absorbé la majorité des ressources du Groupe de la Banque, même si d’autres priorités fondamentales telles que le développement du secteur privé, l’agriculture et les opérations multisectorielles (visant à renforcer la gouvernance et la responsabilité) ont aussi bénéficié d’un appui.

Infrastructure

Au cours de l’année, les approbations du Groupe de la Banque dans le domaine de l’infrastructure se sont élevées à 2,05 milliards d’UC (57,6 %), le sous-secteur du transport attirant la majorité des fonds (32,2 %).

La Banque a lancé des projets d’une valeur de 1,18 milliard d’UC dans les domaines du transport, des TIC et des infrastructures connexes. Le projet de terminal à conteneurs au port de Walvis Bay, en Namibie (d’une valeur de 198,4 millions d’UC), permettra de créer une liaison maritime de qualité pour de nombreux pays enclavés de la région.

Energie

En 2013, les opérations du Groupe de la Banque dans le secteur de l’énergie (prêts et dons des guichets public et privé) ont représenté 569,1 millions d’UC, les opérations du secteur public absorbant 57,9 % de ce montant global. La Banque a financé, pour un montant total de 128,2 millions d’UC, un projet d’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone qui aura d’importantes implications pour l’intégration régionale.

Elle a également contribué à hauteur de 44,4 millions d’UC à la préparation de la première phase d’un autre projet majeur, le projet hydroélectrique de Grand Inga 3, en République démocratique du Congo. À terme, ce projet produira 4 800 MW. Il alimentera le marché intérieur et exportera de l’électricité vers l’Afrique du Sud.

Alimentation en eau et assainissement

Au cours de l’année, le Groupe de la Banque a approuvé des opérations dans le secteur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement pour un montant de 356,8 millions d’UC, y compris au titre des fonds spéciaux. Ces derniers, à savoir l’Initiative pour l’alimentation en eau et l’assainissement en milieu rural, la Facilité africaine de l’eau et le Programme multidonateur du partenariat pour l’eau, ont appuyé des projets dans 18 PMR.

Opérations régionales

Le montant total des approbations en faveur des opérations régionales a atteint 1,32 milliard d’UC en 2013, soit une augmentation de 37,8 % par rapport  à 2012. La part la plus importante concernait l’infrastructure (51,8 %), suivie du secteur financier (40,5 %)

Lignes de crédit, financement du commerce et prises de participation

En partenariat avec d’autres organismes, la Banque a également financé des initiatives socioéconomiques au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et dans la région du fleuve Mano.

En novembre 2013, le président de la Banque et d’autres hauts responsables, dont le Secrétaire général des Nations Unies, se sont rendus au Sahel pour apprécier la situation et déterminer le concours que la communauté internationale pourrait apporter.

Secteur privé et Fonds Afrique50

En 2013, la BAD a financé 37 opérations du secteur privé, pour un montant de 1,05 milliard d’UC, en augmentation de 39,4 % par rapport à 2012. La finance, principalement sous forme de garanties, de lignes de crédit et de prises de participation, représente 65,5 % de ces opérations et l’énergie, principalement renouvelable, 22,9 %, à l’image du projet de parc éolien du lac Turkana au Kenya. L’agriculture a absorbé 11,3 % du montant total, avec des projets dans l’agro-industrie et la production d’engrais.

Au cours de l’année, la Banque a lancé le Fonds Afrique50, instrument de financement novateur pour l’infrastructure qui vise à mobiliser des fonds privés en vue d’accélérer le rythme de la construction d’infrastructures, ce qui permettra de créer une nouvelle plate-forme de croissance pour l’Afrique.

Gouvernance

En 2013, le Groupe de la Banque a approuvé 54 projets et programmes visant à appuyer la bonne gouvernance dans 30 pays, pour un montant total de 465,7 millions d’UC. L’accent a été mis sur le renforcement des politiques et des institutions afin d’améliorer l’efficacité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques, ainsi que sur la création d’un meilleur climat d’investissement pour favoriser une croissance tirée par le secteur privé.

Développement des compétences et du capital humain

En 2013, le Groupe de la Banque a octroyé environ 337,9 millions d’UC au titre du renforcement des compétences et de la promotion du développement humain.

Deux projets ont été approuvés au Maroc, d’une part, pour favoriser une meilleure adéquation entre les compétences humaines et les besoins des employeurs et, d’autre part, pour réformer l’assurance maladie. Tout aussi important a été le financement, au Rwanda et au Sénégal, de projets de développement des compétences ciblant les jeunes.

Domaines d’intérêt particulier : agriculture et sécurité alimentaire, genre, États fragiles

Le montant total des approbations dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire s’est élevé à 530,5 millions d’UC, dont 101,9 millions d’UC de fonds spéciaux, en 2013.

Les projets approuvés concernent notamment la réhabilitation de l’infrastructure pour développer la production agricole, la pêche et l’élevage, la construction de routes d’accès et de desserte, la préservation de la biodiversité, le renforcement de la résilience climatique et la gestion et la conservation durables des forêts. Le projet de Stratégie en matière de genre a été finalisé au cours de l’année et devrait être approuvé par le Conseil d’administration début 2014.

En 2013, une Envoyée spéciale pour les questions de genre a été nommée en vue de piloter le programme de la Banque en la matière.

En outre, la préparation des documents de stratégie pays pour le Liberia, la Sierra Leone, Maurice, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire et le Kenya, dont les missions comprenaient des spécialistes des questions de genre, ont servi de base à l’intégration de cette problématique dans toutes les opérations de la Banque. Par ailleurs, l’Unité des Etats fragiles est devenue un département à part entière.

Le rapport du Panel de haut niveau sur les Etats fragiles, dirigé par la présidente du Liberia, a été présenté au sommet de l’Union africaine en janvier 2014. Il ouvre de nouvelles perspectives pour la résolution de la fragilité socioéconomique en Afrique.