La BAD mobilise 570 millions de rands pour financer des logements abordables en Afrique du Sud

12/10/2016
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a récemment approuvé l’octroi d’un prêt prioritaire de 570 millions de rands aux partenaires de la société d’investissement immobilier (HIP2), également connue sous le nom de Vulumnyango Trust, pour lui permettre de financer des programmes de logements abordables à travers le pays. Ce prêt aidera les Sud-africains de faibles à moyens revenus – dont les chances d’obtenir des prêts hypothécaires pour logements à coût abordable sont actuellement limitées – d’avoir un meilleur accès à des solutions de financement immobilier sur le long terme.

Il permettra en outre de consolider la croissance du secteur du logement abordable en Afrique du Sud. Ce projet crée un effet de démonstration en ce qui concerne l’obtention d’un capital dans la devise locale, auprès de la première banque africaine de développement, des gestionnaires d’actifs locaux et d’une entreprise d’Etat pour stimuler la croissance économique de l’Afrique du Sud par l’intermédiaire du secteur du logement abordable. Cette initiative réduit également les pressions fiscales sur le Gouvernement sud-africain pour ce qui est de l’accès au logement d’un segment spécifique du marché. Il permet aussi à HIP2 de mobiliser des fonds auprès d’autres sources de financement, notamment sous la forme d’un éventuel accès à des marchés de capitaux sud-africains.

Bien que l’économie sud-africaine soit l’une des plus développées d’Afrique, le pays connaît toujours une pénurie de logements abordables dans ses principales zones urbaines, qui, selon les estimations, atteignait les 3 millions d’unités en 2014. Depuis, plus de 2 600 bidonvilles ont émergé en périphérie de 70 des grandes zones urbaines du pays – une situation qui ne facilite pas la tâche du gouvernement au regard de la réduction des inégalités et de la réalisation de cibles de croissance inclusives.

En dépit de plusieurs interventions directes du Gouvernement dans ce secteur ‑ en particulier à travers le programme de Reconstruction et de Développement (RDP) qui a permis de créer plus de 2,9 millions de logements à faible coût pour les ménages vulnérables et à faibles revenus sur la période 1994-2015 ‑, la demande en logements des ménages à revenus faibles à moyens (aussi connus sous le nom du « Gap market ») demeure considérable et insatisfaite. HIP2 a déjà collecté 1,82 milliard de rands auprès de la société nationale de financement immobilier (National Housing Finance Company), du groupe Old Mutual Group, du gestionnaire d’actifs Futuregrowth, tandis que la BAD a pour objectif d’octroyer plus de 4 000 prêts hypothécaires abordables aux personnes aux revenus faibles ou moyens.

Cette intervention engrangera d’autres changements bénéfiques d’envergure comme le déplacement de 2 500 à 6 500 personnes des bidonvilles et la création d’environ 3 250 emplois permanents, principalement pour les jeunes. D’une manière générale, il est prévu que le financement de 4 386 logements abordables devrait créer plus de 10 000 emplois, dont 950 à 1 296 emplois directs pour les femmes.

Stefan Nalletamby, vice-président en chef du secteur privé et des infrastructures, et Directeur du département du développement du secteur financier de la BAD, a déclaré : « Cette intervention, qui a été approuvée, permettra d’aider HIP2 à développer et à renforcer le secteur du financement immobilier de l’Afrique du Sud et d’encourager un développement urbain ordonné en ce qui concerne l’accès aux commodités de base comme l’eau, l’assainissement, les routes et l’électricité. À cet égard, cette intervention améliorera la vie des Sud-africains tout en aidant simultanément à créer de nouvelles opportunités d’emploi ».

Lors de sa présentation du projet devant le Conseil d’administration, Stella Kilonzo, directrice de la division des marchés financiers, a souligné « qu’en accordant ce prêt prioritaire, la BAD renforce ses initiatives actuelles de soutien au secteur du logement abordable, de développement d’institutions de financement de prêts hypothécaires et de consolidation des marchés de capitaux en devises locales sur le continent ».

« Il s’agit là d’un exemple parfait du type d’intervention que nous pouvons mettre en œuvre dans les pays à revenus moyens comme l’Afrique du Sud, avec des systèmes financiers développés et où nous pouvons créer un impact à travers le secteur privé sur la qualité de vie des personnes de faibles à moyens revenus, et ce, de manière durable. Cette intervention offre de nouvelles opportunités à la Banque en lui permettant d’intervenir sur les marchés de dette souveraine infranationale et de proposer des solutions politiques dans le secteur de l’urbanisation. Cela s’avère extrêmement important étant donné que, à 3,4 %, le taux d’urbanisation de l’Afrique est le plus rapide à l’échelle mondiale », a ajouté, Frannie Léautier, vice-présidente principale de la BAD qui a présidé le Conseil d’administration.

L’intervention de la Banque est en adéquation avec ses cinq grandes priorités qui s’appuient sur la stratégie décennale de la Banque pour la période 2013-2022, et notamment avec la cinquième priorité qui tend à améliorer la qualité de vie des populations africaines. Ces cinq secteurs prioritaires jouent un rôle essentiel dans la transformation de la vie des Africains et, par conséquent, adhèrent au programme des Nations Unies sur les Objectifs de développement durable (ODD).

Une telle intervention aura aussi des effets multiplicateurs sur les industries liées au secteur de l’immobilier et sur la création d’emplois dans le bâtiment. Ce prêt viendra compléter les initiatives du Gouvernement sud-africain axées sur le développement d’un marché autonome de prêts hypothécaires à long terme et abordables dans le pays.

Par ailleurs, ce projet remplira l’un des objectifs prioritaires de la Banque qui consiste à soutenir les investissements contribuant à l’élargissement et à la consolidation des marchés financiers en Afrique, et à permettre au secteur privé de mobiliser et d’accéder à des financements à long terme dans la devise locale, en provenance des marchés financiers locaux. Il contribuera, en outre, à la croissance d’ obligations supportées par des emprunts hypothécaires abordables pour logements en tant que catégorie d’actifs investis sur les marchés obligataires d’Afrique de Sud.