Union du Fleuve Mano : la BAD s’implique pour améliorer les transports et les routes

18/12/2014
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Le Conseil d'Administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 18 décembre 2014, l’octroi de divers prêts à la Côte d’Ivoire, à la Guinée et au Libéria, prélevés sur les ressources de la Facilité d’appui à la transition (FAT) et du Fonds africain de développement (FAD). Ces prêts sont destinés à financer un programme d’aménagement de routes et de facilitation du transport au sein de l’Union du Fleuve Mano. Grâce au FAD, ce sont donc 33,413 millions de dollars EU, 11,774 millions et 37,525 millions qui sont accordés, respectivement, aux gouvernements ivoirien, guinéen et libérien. S’agissant de l’aide du FAD, ce sont 108,079 millions de dollars EU qui sont octroyés à la Côte d’Ivoire, 32,222 millions à la Guinée et 75,050 millions au Libéria.

Le programme porte sur l’aménagement et le bitumage des routes Danané-Lola (87,35 km), Bloléquin-Toulépleu-frontière du Libéria (65 km), Tabou-Prollo (28 km), Karloken-Fish Town (80 km) et de la jonction Harper-Cavally (16 km). Toutes ces routes, qui représentent 276,35 km, sont encore en terre, d’à peine 6 m de largeur, dotées d’ouvrages de franchissements en bois de fortune pour la plupart, et s’avèrent impraticables en certaines saisons. De fait, l’enclavement des régions, le grand nombre de contrôles routiers et l’inadaptation des postes frontaliers sont des facteurs de fragilité, qui attisent les crises successives qui ont frappé la région ces vingt dernières années. Or, le trafic sur ces routes va aller croissant, compte tenu du potentiel économique de la zone et des efforts déployés pour que cessent dans ces trois pays les crises récurrentes qui les ont longtemps caractérisés. Aussi, pour anticiper sur cette densification du trafic, est-il nécessaire d’améliorer la qualité de service des routes et faire en sorte qu’elles soient praticables en toutes saisons. De même, il faut alléger les contrôles frontaliers. Tout cela requiert d’aménager et de bitumer les routes et de mettre en place des postes frontaliers pour des contrôles conjoints.

Le programme, qui sera déployé de juin 2015 à juin 2019, profitera aux transporteurs, aux usagers, mais aussi aux producteurs agricoles ainsi qu’aux 2,83 millions de personnes qui peuplent la région ciblée – en particulier les groupes défavorisés.

Du fait de son expérience et des compétences qu’elle a acquises dans la mise en œuvre de projets d’infrastructures régionales, la Banque a été désignée comme chef de file des bailleurs de fonds pour les infrastructures du NEPAD. En outre, le présent programme est une continuation de l’appui de la Banque dans le secteur des transports au Libéria, qui inclut le bitumage de la route Fish Town-Harper, un projet approuvé en octobre 2013. Enfin, la BAD a pris l’initiative de mettre en place un Groupe spécial de haut niveau sur les Etats fragiles, lequel qui a élaboré un plan d’actions assorti de recommandations.