La BAD alloue 545 millions de dollars aux transports en Côte d’Ivoire, au Mali et en Tanzanie, et à la gouvernance économique au Cap-Vert

26/11/2015
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, jeudi 26 novembre 2015, deux programmes majeurs d’appui aux transports et de facilitation des transports pour la Tanzanie, la Côte d’Ivoire et le Mali, ainsi qu’un programme d’appui à la gouvernance économique pour le Cap-Vert, qui seront financés par des prêts et des dons totalisant 545 millions de dollars EU.

  • 364,38 millions de dollars pour le Programme d’appui au secteur des transports (TSSP) de la Tanzanie

En vertu de cette approbation, la Tanzanie recevra un prêt concessionnel du Fonds africain de développement de 75,43 millions de dollars et un prêt de la Banque africaine de développement de 270,95 millions de dollars, en vue de financer son Programme d’appui au secteur des transports, incluant des interventions dans les sous-secteurs des transports routiers, ferroviaires et aériens du pays.

Identifié comme l’une des principales priorités du secteur des transports tanzanien visant à soutenir le développement économique, ce programme comprend la réhabilitation et l’amélioration de près de 500 kilomètres de routes qui seront ainsi bitumées, en Tanzanie continentale, et sur l’île de Zanzibar, mais aussi le renforcement des capacités et la construction d’infrastructures sociales, ainsi que la réalisation d’études dans les sous-secteurs des transports ferroviaires et aériens.

Le développement du secteur des transports de la Tanzanie permettra au pays de valoriser ses importantes ressources naturelles, notamment au niveau de l’agriculture et du tourisme, et de stimuler la croissance économique afin de l’aider à réaliser son ambition d’atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire, comme cela est inscrit dans sa Vision 2025.

Les régions de Tabora, de Katavi et de Ruvuma, par exemple, dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays, n’exploiteraient qu’une faible partie de leur potentiel agricole, en raison principalement du manque d’infrastructures.

Les bénéficiaires visés sont donc les communautés agricoles des deux régions, où environ 90% de la population travaille dans l’agriculture, et où le réseau routier reste relativement sous-développé par rapport au reste du pays. A Zanzibar, la réhabilitation des routes bénéficiera aux communautés travaillant dans les secteurs touristique et agricole. Au titre du volet infrastructures sociales, le projet permettra de doter d’installations sanitaires les hôpitaux, les écoles et les marchés, de fournir des séchoirs à poisson et des équipements apicoles, de moderniser les routes d’accès aux hôpitaux et de construire un embarcadère pour les communautés de pêcheurs de Zanzibar. Ces routes serviront également de liaison entre la Tanzanie et les pays voisins (le Malawi et la Mozambique à travers le corridor de Mtwara, et la Zambie et la République démocratique du Congo par le poste frontière Tunduma-Nakonde et le port de Kasanga respectivement) et profiteront au commerce transfrontalier.

Ce projet, qui doit être mis en œuvre sur cinq ans, devrait coûter 384,29 millions de dollars. La contribution de la Banque représente 88 % du coût total, tandis que le gouvernement financera les 12% restants.

  • 178,61 millions de dollars pour le Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport Mali-Côte d’Ivoire

Le financement approuvé pour ce projet comprend des dons et prêts du Fonds africain de développement et de la Facilité d’appui à la transition représentant 70,77 millions de dollars en faveur du Mali, et des prêts de la Banque africaine de développement et du FAD totalisant 107,84 millions de dollars en faveur de la Côte d’Ivoire, qui accède aux ressources non concessionnelles de la Banque africaine de développement pour la première fois en vertu de la nouvelle politique de crédit de la Banque.

Le Projet multinational d’aménagement routier et de facilitation du transport Mali-Côte d’Ivoire sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San-Pedro prévoit l’amélioration de tronçons routiers du corridor Bamako-San Pedro, entre le Mali et la Côte d’Ivoire, qui offre une alternative routière vers l’arrière-pays et les pays voisins enclavés.

L’intervention de la Banque répond aux besoins cruciaux d’ouverture des zones de production des deux pays, contribuant ainsi à améliorer la compétitivité, ainsi que de diversification de leur économie et de réduction de la pauvreté. Elle permettra également de faire du port ivoirien de San Pedro un port de transit important pour les pays voisins enclavés comme le Mali et le Burkina Faso. Le projet reliera les deux pays via le port de San Pedro, qui deviendra un véritable port de transit pour le Mali, le Burkina Faso et le nord de la Guinée voisine. Ces routes sont prévues dans les programmes prioritaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO).

En plus d’aider à développer le port de San Pedro pour en faire un port de transit compétitif reliant les régions du centre-ouest, du sud-ouest et du nord-ouest de la Côte d’Ivoire à son arrière-pays et aux pays voisins enclavés (Mali et Burkina), le projet, une fois achevé, reliera également le pays aux régions orientales de la Guinée et du Libéria.

En outre, les mesures de facilitation du transport sont destinées à libérer le corridor de toutes les barrières non tarifaires à travers une utilisation proactive des technologies de l’information et de la communication. Ces mesures comportent notamment la construction d’un poste frontière unique, l’interconnexion des systèmes informatiques des douanes, l’établissement d’un guichet portuaire unique au port de San Pedro et un système de suivi électronique des marchandises et des véhicules empruntant le corridor.

Les résultats attendus du projet sont notamment :  un niveau de service amélioré sur le corridor et une augmentation de la circulation et des échanges entre les deux pays ; la réduction des coûts de logistique et de transport ; ainsi que  l’amélioration des conditions de vie des populations locales et l’accès de ces populations aux services sociaux de base (eau potable, écoles, centres sanitaires, etc.).

Ce projet, qui doit être mis en place sur cinq ans, de mars 2016 à décembre 2020, devrait coûter 233,18 millions de dollars EU (166,93 millions d’UC). La contribution de la Banque représente 84,32 % du coût total du projet.

  • 15 millions d’euros pour la phase II du Programme d’appui à la croissance économique (PACE II) du Cap-Vert

PACE II est la première phase d’une série de deux opérations d’appui budgétaire destinées, dans le cadre du programme, à consolider les acquis des opérations précédentes et à contribuer à une croissance économique soutenue par l’amélioration de l’efficacité des investissements publics et par le soutien à la promotion du développement du secteur privé.

Le premier volet se concentre, par le biais de réformes structurelles, sur l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques et du cadre d’investissement public, et sur la modernisation du cadre des partenariats public-privé. Le second volet visera l’amélioration de l’environnement des affaires, ainsi que le soutien à l’entreprenariat et la formalisation des activités informelles.

Ce programme s’aligne à la fois sur la Stratégie décennale de la Banque (2013-2022) et sur le Document de stratégie pays (DSP) 2014-2018. Il est également en conformité avec le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP III) du gouvernement, qui porte sur la bonne gouvernance et le renforcement du secteur privé, entre autres documents de politique et de stratégie de la Banque et du pays.

Le programme cherche à résoudre plusieurs problèmes qui pourraient freiner à moyen terme la croissance économique du Cap-Vert, tels que des obstacles structurels liés à la petite taille de son marché intérieur, la fragmentation du pays (constitué de plusieurs îles) et la pénurie de ressources naturelles, que les autorités ne peuvent pas ou guère contrôler. On note également le contrôle du niveau de la dette par la recherche d’autres sources de financement, en particulier privées, et par l’amélioration de la gestion des entreprises publiques et des grands projets d’investissement public afin d’avoir plus de chance d’obtenir les effets désirés en termes de croissance économique, et la diversification de l’économie par la création des conditions favorables au secteur privé, étant donné que ce dernier, limité par sa taille et souvent en proie à des problèmes en raison de l’insularité, est confronté à un certain nombre de difficultés liées au coût des facteurs de production (électricité et transports), à la faible qualité de la main-d’œuvre, à la bureaucratie et à la faiblesse des structures de surveillance mises en place pour aider au développement des petites et moyennes entreprises (PME).

Une bonne gestion des investissements publics et un secteur privé plus important amélioreront les conditions de vie de la population locale. A terme, le programme devrait améliorer la qualité des services publics fournis aux usagers. Le secteur privé deviendra plus dynamique et sera davantage réceptif aux opportunités plus nombreuses offertes par les projets d’investissement public massif. Ces effets positifs stimuleront la croissance économique du pays pour le bien de ses habitants.

Le programme contribuera à améliorer les conditions de vie des plus pauvres et des plus vulnérables, notamment des femmes, car la meilleure gestion des investissements publics structurels créera les conditions propices à une croissance économique soutenue et permettra d’améliorer la compétitivité et l’attractivité du pays pour les investissements privés nationaux et étrangers.

Ce programme est destiné à avoir un impact sur les questions de genre en général, et sur le statut des femmes en particulier, notamment à travers d’importantes réformes structurelles soutenant la promotion de l’entreprenariat par l’opérationnalisation d’incubateurs pour les secteurs du tourisme et agroalimentaire, dans lesquels les femmes sont le plus actives. Le programme prévoit, par exemple, que le nombre de nouvelles micro, petites et moyennes entreprises gérées par des femmes augmentera, passant de 30 en 2014 à environ 150 en 2017.