La BAD approuve la stratégie de développement urbain pour les villes africaines

29/04/2011
Share |

Tunis, le 28 avril 2010 – Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé la stratégie de développement urbain de la Banque. Cette stratégie vise à faire des villes africaines des moteurs de croissance économique et de développement social.

Elle s’appuie sur trois piliers : les infrastructures, la gouvernance et le développement du secteur privé.

Le Groupe de la Banque se servira du développement des infrastructures comme un outil stratégique central pour l’appui au développement urbain. Il mettra l’accent sur la fourniture et le développement des prestations d’infrastructures de base ainsi que sur le renforcement des capacités pour l’entretien du parc d’infrastructures publiques.

La stratégie appuiera les efforts des pays membres régionaux et de leurs communautés urbaines visant à améliorer l’approvisionnement en eau, l’assainissement, les services de drainage et de gestion des déchets solides. Elle renforcera la mobilité dans les villes grâce au développement des systèmes de transports publics. Elle soutiendra les projets énergétiques, notamment les projets d’éclairage public, ainsi que la connectivité à large bande au sein et entre les villes africaines, ainsi qu’entre elles et les zones rurales, et exploitera les TIC pour renforcer les activités socio-économiques et la compétitivité.

Elle envisage également de développer les infrastructures sociales urbaines, particulièrement dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Concernant la gouvernance, la stratégie de la Banque s’attachera à consolider la gouvernance d’entreprise et les capacités de gestion des villes en vue de promouvoir une culture de transparence. Elle recherchera également à renforcer les mesures anti-corruption et à édifier les capacités de planification urbaine. Elle appuiera les réformes telles que la décentralisation fiscale, en aidant les municipalités à améliorer les systèmes de gestion financière et administrative.

Pour ce qui concerne le développement du secteur privé, la Banque appuiera tout l’éventail des entreprises privées, des plus petites jusqu’aux sociétés géantes. Elle axera son assistance sur la création d’environnements porteurs pour les investissements du secteur privé, y compris la promotion et le renforcement des marchés financiers locaux.

Les autres domaines prioritaires comprendront : les partenariats public-privé (PPP) viables, le développement des cadres juridiques et réglementaires visant à réduire les coûts des transactions pour le développement des entreprises, ainsi que la mise à disposition de financements à long terme pour les gouvernements, les autorités municipales et les investisseurs privés, afin de soutenir les programmes d’investissement des villes.

La Banque appuiera les opérations transversales, entre autres la production de savoir, l’intégration régionale, la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique, l’égalité de genre, l’habilitation des couches vulnérables de la société et le renforcement des interactions entre les villes et les campagnes.

Rôle croissant des centres urbains dans le développement de l’Afrique

Au cours des 50 dernières années, les centres de l’activité économique en Afrique sont passés de manière marquée des zones rurales aux zones urbaines. Actuellement, les zones urbaines abritent la plus grande partie de l’activité économique interne et plus du tiers de la population.

Alors que les pays africains perçoivent le fonctionnement des secteurs urbains comme importants pour le bien-être économique et social, dans la mesure où ces secteurs représentent environ 55 % du PIB en moyenne, la croissance du secteur urbain a été mise en danger en de nombreux cas, du fait de la baisse de l’économie rurale, de la pauvreté, des conflits et des guerres civiles. Le développement urbain continuera à poser d’immenses défis aux décideurs, notamment dans les domaines de la planification, des infrastructures, de l’emploi, des services sociaux, de la sécurité et de l’environnement.

Mais dans le même temps, la croissance des villes africaines offre aux gouvernements des chances uniques pour mobiliser massivement les citoyens, attirer les investissements et introduire de nouvelles technologies et orientations pour sortir le peuple de la pauvreté et lancer les économies sur des trajectoires de croissance durable. De la sorte, les villes africaines peuvent devenir des moteurs importants d’une croissance intérieure impulsée par la demande d’intégration régionale et d’innovation technologique.

Depuis les années 1960, le Groupe de la Banque a alloué entre 15 à 20 % de ses opérations cumulées au financement direct ou indirect du développement urbain.