Maurice : un prêt de 117 millions $ de la BAD pour développer la production électrique

25/06/2014
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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 25 juin 2014, un prêt de 116,7 millions de dollars EU au bénéfice de l’entreprise publique d’électricité de l’Île Maurice, la Central Electricity Board (CEB – Office central de l’électricité). Ce prêt est destiné à financer le projet de réaménagement de la centrale thermique de Saint-Louis, au coût total de 129,7 millions de dollars EU. L’objectif final est d’accroître la capacité de génération électrique de la CEB, afin d’assurer un approvisionnement fiable, de réduire les impacts sur l’environnement et de stabiliser l’alimentation.

La centrale électrique de Saint-Louis se situe à 5 km au sud de Port-Louis, la capitale mauricienne. Ce projet prévoit l’installation de quatre groupes électrogènes de 15 MW chacun, alimentés par des moteurs fonctionnant au mazout, ainsi que la construction d’un bâtiment pour les abriter, de deux réservoirs de 1 000 m3 pour stocker le mazout et d’une sous-station de 132 kV pour le raccordement de la centrale au réseau existant de la CEB.

L’électricité produite par la centrale sera distribuée sur l’ensemble de l’île principale de Maurice, où vivent 97 % des 1,29 million d’habitants du pays. « Grâce à ce projet, il sera possible de satisfaire la hausse de la demande en courant électrique de tous les secteurs économiques de l’île principale, explique Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD. De plus, les populations riveraines et les travailleurs de la zone industrielle adjacente à la station bénéficieront de niveaux réduits d’émissions de gaz et de bruit ».
Bien que la CEB soit aujourd’hui en mesure, avec sa capacité installée, de répondre aux pics de demande, les projections laissent accroire qu’elle ne pourra plus le faire à partir du second semestre de 2015, en l’absence de la capacité de génération supplémentaire qu’offre ce projet. En effet, dès la fin de 2015, la demande en électricité à Maurice devrait dépasse la capacité de génération raccordée au réseau. Grâce aux 60 MW supplémentaires de puissance installée qu’il offrira, ce projet permettra de combler le déficit en courant électrique.

Les principaux secteurs de l’économie mauricienne - tourisme, textile et services financiers - dépendent tous d’un approvisionnement en électricité qui soit à la fois sûr et fiable. Le gouvernement est sur le point de parachever un Plan de transformation économique et social décennal. Pour en assurer la mise en œuvre, il a préparé un Programme d’investissement dans le secteur public (PSIP), qui inclut le projet proposé. Le gouvernement table sur le concours financier de la BAD pour combler tout déficit dans le financement du PSIP.

Ce projet constitue la première intervention majeure de la BAD dans le secteur mauricien de l’énergie. La Banque dispose d’une large expérience en la matière dans de nombreux pays d’Afrique. Le savoir supplémentaire qu’elle tirera de ce projet lui sera utile dans le cadre de la conception de projets électriques dans ses États membres insulaires et continentaux éloignés des réseaux de transmission.