La BAD approuve 348 millions de dollars pour une ligne de transmission électrique entre le Kenya et l’Ethiopie

20/09/2012
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Le conseil d'administration du Fonds africain de développement a approuvé, le 20 septembre 2012, 348 millions de dollars pour financer un projet de lignes électriques d'un montant de 1,26 milliards de dollars entre le Kenya et l'Ethiopie.

Avec une mise en service prévue en novembre 2017, le projet prévoit la construction d'une ligne de transmission directe de 500 kV à haute tension de 1068 kilomètres entre les deux pays. Il comprend la mise en place de stations de conversion reliant Wolayta-Sodo (Ethiopie) à Suswa (Kenya), avec une capacité de transfert de puissance maximale de 2000 MW.

Le projet a pour but de promouvoir le commerce de l’énergie et l'intégration régionale, de contribuer au pool énergétique de l’Afrique de l’Est, au développement social et économique des pays et à la réduction de la pauvreté dans ces pays.

« Avec l'approbation de ce projet, nous avons renforcé notre position en tant que partenaire stratégique clé pour les pays d'Afrique de l’Est dans le secteur de l'énergie », a déclaré Gabriel Negatu, Directeur Régional de la BAD en charge de l'Afrique orientale. « Notre implication dans le projet a eu un rôle de premier plan dans la préparation du projet et le financement d'une partie des études de faisabilité nécessaires pour évaluer le projet et le rendre profitable. Nous avons mobilisé des fonds venant d'autres partenaires de développement d'une manière opportune et efficace. Le projet est également parfaitement aligné avec la stratégie d'atténuation du changement climatique et d'adaptation de la Banque, car il est possible de remplacer certaines centrales thermiques à combustibles fossiles dans la région de l'Afrique orientale. »

Le projet a été cofinancé par la Banque mondiale, l'Agence française de développement (AFD) et les gouvernements du Kenya et de l'Ethiopie. Cette connexion électrique clé entre les pays arrive à un moment où la demande d'électricité en Afrique de l'Est a augmenté de manière régulière par rapport à l'offre, conduisant à de graves pénuries d'électricité occasionnelles. Pour pallier cette situation, les pays d'Afrique orientale ont dû recourir à de l’énergie extrêmement chère venant de générateurs de secours. Cependant, la région est dotée d'une grande variété de ressources naturelles, en particulier l'hydroélectricité, principalement concentrée en Éthiopie.

L'intégration des systèmes d'alimentation de l'EAPP va permettre le développement des vastes ressources hydroélectriques en Ethiopie destinées à l'exportation et fera face aux pénuries d'électricité dans toute la région. Le projet permettra de positionner l'Ethiopie comme la principale centrale électrique et le Kenya comme la principale plaque tournante pour le commerce de l'énergie en Afrique de l'Est. Cependant, il est prévu que l’énergie circule dans les deux sens: de l'Ethiopie à l’Afrique de l’Est jusqu’au pool énergétique de l’Afrique du Sud à court terme, et/ou des pools énergétiques de l'Est et du Sud vers l'Egypte et le Soudan à long terme.

Rien qu'au Kenya, la puissance supplémentaire injectée dans le réseau électrique national permettra de fournir de l'électricité à 870.000 ménages supplémentaires d’ici 2018, et à un total cumulé de 1,4 millions de foyers supplémentaires d'ici 2022, dont 18 pour cent seront situés dans les zones rurales. Les entreprises et les industries en bénéficieront également, avec environ 3.100 GWh d'énergie supplémentaire d’ici 2018, et jusqu’à 5.100 GWh environ d'ici 2022.

« L'Afrique orientale est dotée de ressources énergétiques abondantes qui sont restées inexploitées pendant un certain temps, plus particulièrement l'hydraulique et la géothermie. Avec la mise en œuvre de ce projet phare, qui se veut être un lien d’ancrage dans l'établissement de l'épine dorsale de l'EAPP, les ressources énergétiques peuvent être mises en commun au niveau régional afin de créer un marché régional de l'électricité par le biais du commerce de l'électricité», a déclaré Thierno Bah, Ingénieur électricien senior à la BAD.

« Le commerce de l’énergie assurera une sécurité énergétique accrue pour les pays de l’EAPP et se traduira par des économies de coût pour les compagnies d'électricité et au final, des tarifs inférieurs pour les utilisateurs. Les deux compagnies d'électricité, la compagnie d’électricité éthiopienne (EEPCO),  et la Compagnie de transmission électrique  au Kenya (KETRACO), bénéficieront également de revenus supplémentaires provenant de crédits de carbone avec la méthodologie du Mécanisme innovant de Développement Propre (MDP) développée par la Banque et approuvé récemment par le panel de méthodologie du MDP », a-t-il ajouté.