La BAD approuve l’octroi de 53 millions de dollars EU pour un projet hydraulique au Zimbabwe et une réforme financière au Tchad

09/12/2015
Share |

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD)  a approuvé, le mercredi 9 décembre, des dons d’un montant global de 53,24 millions de dollars EU en faveur du Zimbabwe et du Tchad, respectivement pour le financement d’un projet hydraulique et d’un programme de réforme financière.

  • Zimbabwe – 34,93 millions de dollars EU pour le projet d’amélioration des services de distribution d’eau et d’assainissement à Bulawayo

Le Conseil d’administration a approuvé une subvention de 34,93 millions de dollars EU pour le projet d’amélioration des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement à Bulawayo (BWSSIP), qui vise à renforcer la santé et le bien-être social de la population de Bulawayo, la deuxième ville la plus peuplée du Zimbabwe et pôle économique majeur, en améliorant ses services de distribution d’eau et d’assainissement.

Comme beaucoup de centres urbains au Zimbabwe, Bulawayo a été touchée par des années de sous-investissement dans l’entretien de ses infrastructures de distribution d’eau et d’assainissement, du fait d’une longue crise économique et sociale dans le pays. La ville souffre également d’une pénurie d’eau due à des périodes de sécheresse fréquentes.

Le projet, qui sera exécuté sur une période de 48 mois à compter de janvier 2016, sera axé sur la réhabilitation et l’amélioration du système de distribution d’eau, le renforcement des capacités institutionnelles, l’amélioration de la prestation et de l’efficacité des services, ainsi que celle de l’hygiène environnementale.

Ce programme sera réalisé par le biais d’activités d’investissement et d’intervention ciblées portant sur des aspects essentiels des infrastructures de distribution d’eau et d’assainissement et sur un renforcement des institutions concernées et des capacités, par la garantie d’un approvisionnement en eau salubre et d’une élimination sûre des eaux usées ;  l’amélioration de l’efficacité des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement ; et  le renforcement de l’efficacité opérationnelle et financière de la prestation des services.

Parmi les principaux résultats visés figurent une amélioration de l’accès des ménages au système municipal de distribution d’eau, une réduction de la pollution de l’environnement par les eaux d’égout brutes et une amélioration de l’efficacité des services publics. Une fois achevé, le projet bénéficiera directement à 471 798 personnes à Bulawayo, dont environ 75 000 personnes jusque-là coupées des services de base, qui disposeront d’un accès aux services de distribution d’eau. Concernant l’intervention en matière d’assainissement, la ville entière bénéficiera d’une réhabilitation des toilettes publiques, d’une éducation à l’hygiène et d’une amélioration des capacités d’entretien. Quant à l’intervention concernant les travaux sur le réseau d’égouts et le traitement des eaux usées, elle bénéficiera à environ 471 798 personnes vivant dans les secteurs concernés, ce qui permettra d’éliminer les risques pour la santé. Les bénéficiaires dans la zone du projet ont été impliqués lors de la conception du projet et ils le seront également dans la mise en œuvre pour renforcer la responsabilité sociale et le partenariat.

Le projet s’appuie sur le Rapport-pays mis à jour (pour la période de 2014 à 2016) avec un accent mis sur la prestation des services essentiels dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Il correspond également au programme Zim-Asset (Programme de transformation socio-économique durable du Zimbabwe), le plan de développement du gouvernement (pour la période de 2013 à 2018) dans lequel les infrastructures et les services utilitaires constituent l’un des quatre piliers.

Le projet est conforme à l’engagement de la Banque et à son rôle au Zimbabwe dans la réduction de la fragilité et le renforcement de la résilience par le biais d’initiatives de renforcement des capacités, de l’amélioration de la fourniture des services de base par le gouvernement, notamment au bénéfice des groupes vulnérables, et de la facilitation et la conduite du processus de réengagement du pays avec la communauté internationale afin d’améliorer les perspectives de développement. Ce projet va tout à fait dans le sens de la Stratégie d’engagement accru dans les États fragiles de la Banque.

Le coût total du projet est estimé à 37,075 millions de dollars EU. La subvention de 34,93 millions de dollars EU de la Banque provenant de la Facilité d’appui à la transition représente 90 % du financement. Les 10 % restants seront apportés par le Gouvernement du Zimbabwe.

  • Tchad – 18,34 millions de dollars EU pour le Programme de soutien à la réforme des finances publiques (PARFIP)

Le PARFIP est un programme général de soutien budgétaire dont la mise en œuvre est prévue sur une période de 12 mois, à partir de décembre 2015, avec un don de 4,62 millions de dollars EU provenant du Fonds africain de développement et une subvention de 13,72 millions de dollars EU provenant de la Facilité d’appui à la transition.

Le Programme représente la contribution de la BAD aux efforts concertés des donateurs par le biais d’un soutien financier spécial visant à assister le Tchad dans ses initiatives pour surmonter la crise qui a affecté le pays dans les secteurs de la sécurité et fiscal, principalement due à la menace terroriste dans la sous-région et à la chute des prix du pétrole.

Il promouvra l’efficacité et la transparence dans la gestion des finances publiques du pays par une mobilisation améliorée des ressources nationales qui renforcera ainsi l’efficacité et la transparence des dépenses publiques.

Ces initiatives seront réalisées par (i) un élargissement de la base fiscale visant à relever la contribution du secteur productif non pétrolier à la mobilisation des recettes fiscales ; (ii) un renforcement de l’efficacité des dépenses publiques permettant d’améliorer les indicateurs de développement social ; et  une augmentation de la transparence du processus budgétaire et de la passation des marchés publics en vue de garantir un accès plus équitable aux marchés publics par les acteurs du secteur privé ainsi que l’accès des citoyens aux informations sur le budget.

La réduction des inégalités sociales, l’amélioration du redressement des ressources nationales dans les secteurs non pétroliers, et le renforcement de l’efficacité et de la transparence des dépenses publiques font partie des principaux résultats visés par le Programme.

Le Programme correspond aux objectifs clés de la Stratégie de pays pour la période de 2015 à 2020, qui place l’accent sur un appui aux réformes pour améliorer l’efficacité de l’action publique et l’efficience du cadre économique. Il est également conforme aux objectifs opérationnels de la Stratégie décennale de la Banque concernant la gouvernance et la redevabilité, ainsi qu’à son programme de Cinq grandes priorités en matière d’amélioration des conditions de vie des populations en Afrique.

Il est prévu que le PARFIP, ainsi que d’autres actions d’appui budgétaire venant de la Banque mondiale et de l’Union européenne permettront, par exemple, de stabiliser de manière efficace le cadre macroéconomique du Tchad, d’augmenter la mobilisation des recettes afin d’étendre les ressources budgétaires du gouvernement et de renforcer ses capacités pour financer son programme de développement dans les domaines essentiels que sont le développement social, les infrastructures et le développement rural.