Barrage de Kariba : la BAD octroie 70 millions $ pour sa réhabilitation

16/12/2014
Share |

Le Conseil d'Administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a donné son feu vert, ce 15 décembre 2014, à l’octroi d’une série de prêt et dons en faveur du Projet de réhabilitation du barrage de Kariba, qui concernent tout à la fois la Zambie et le Zimbabwe. Il s’agit d’un prêt de 36,90 millions de dollars EU du Fonds africain de développement (FAD), accordé à la République de Zambie ; et de deux dons octroyés à la République du Zimbabwe, dont l’un, de 11,35 millions de dollars EU, provient des ressources de la Facilité d’appui à la transition (FAT) et l’autre, de 22,71 millions de dollars EU, de l’enveloppe dédiée aux opérations régionales du FAD.

Ce prêt et ces deux dons serviront à financer la réhabilitation du barrage de Kariba, qui requiert de réaménager le bassin de dissipation et de rénover l’évacuateur de crues. Le bassin de dissipation sera réaménagé de façon à évacuer l’énergie dégagée par l’eau déversée, réduisant ainsi la force de l’impact et, partant, l’érosion du substrat rocheux – érosion qui pourrait menacer les fondations du barrage et causer à terme la rupture du barrage. Les vannes de l’évacuateur de crues ,seront également rénovées, afin d’éviter qu’elles ne se bloquent en position ouverte ou fermée, ce qui, dans les deux cas, entraînerait un risque de rupture du barrage et, à l’échelle de la région, une véritable catastrophe en termes de pertes de vies humaines, de moyens de subsistance, outre des milliards de dollars EU de biens et de production d’électricité qui partiraient en fumée.

La BAD joue un rôle catalyseur pour rallier d’autres bailleurs de fonds et ainsi boucler le financement du projet. Elle contribue aussi à l’élaboration de nouvelles études techniques et sociales, de sorte d’assurer l’intégrité technique et sociale ainsi que la viabilité économique de cette démarche de réhabilitation. La Banque a donc pu mobiliser des ressources en interne, au titre de la Facilité d’appui à la transition, pour financer la contribution du Zimbabwe au coût du projet.

Aucune autre institution de financement n’ayant été en mesure d’apporter sa contribution, la Banque témoigne de la sorte de sa détermination à être le partenaire au développement des pays en situation de fragilité ou de transition. Et à aider à atténuer le risque de fragilité en veillant à la sécurité humaine, aussi bien en Zambie qu’au Zimbabwe, et dans l’ensemble de la région. Partant, elle appuie le programme d’intégration régionale. Toujours dans cette optique de renforcer l’intégration du continent, la Banque contribue d’ailleurs à la promotion des synergies entre le Pool énergétique de l’Afrique australe et l’Autorité du fleuve Zambèze (ZRA).

Le projet comprend un volet relatif au renforcement des capacités. Celui-ci englobe la formation du personnel technique de la ZRA ainsi que le transfert de compétences, grâce à un ingénieur chargé de la supervision et d’un groupe d’experts. Le projet, qui viendra renforcer le Plan de préparation aux situations d’urgence de la ZRA, comprendra également un programme destiné à améliorer la capacité des collectivités à se préparer aux situations d'urgence.