RDC : 105,26 millions de dollars pour le Projet d’aménagement routier Batshamba-Tshikapa

11/12/2013
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 10 décembre 2013 à Tunis, l’octroi de deux subventions et d’un prêt, d’un montant total de 105,26 millions de dollars EU [soit 70,14 millions d’unités de compte (UC)*], destinés à financer le tronçon Lovua-Tshikapa du projet d’aménagement routier Batshamba-Tshikapa, en République démocratique du Congo (RDC).

Ce projet vise à désenclaver les provinces du Bandundu et du Kasaï Occidental, en vue d’améliorer la qualité de service de la chaîne logistique sur la route Kinshasa-Tshikapa, ainsi que les conditions de vie des populations de ces régions.

Il porte sur l’aménagement d’un tronçon de 56 km sur la route reliant Batshamba à Tshikapa, entre Lovua et Tshikapa, dite route nationale 1 (RN 1), qui inclut la construction d’un nouveau pont sur la rivière Kasaï qui traverse la ville de Tshikapa.

Le projet vient compléter de précédentes interventions de la Banque sur cette même route, notamment les tronçons Nsele-Lufimi (93,85 km)  et Kwango-Kenge (70,34 km), qui ont été achevés en 2011, avec une subvention de 52,45 millions d’UC ; et les routes de Loange et de Lovua (63 km), qui ont bénéficié d’une subvention de 53,55 millions d'UC du Fonds africain de développement (FAD), approuvée en 2012. La route couvre, dans son ensemble, 433 km, en direction de Mbuji-Mayi et au-delà de Tshikapa. L’implication de la Banque dans le projet actuel contribuera de la sorte à renforcer les opérations – tant passées que présentes - qu’elle a engagées sur cet axe routier, et à étendre son appui à d'autres provinces clés du pays (Bandundu, Kasaï Occidental et Oriental).

Le projet est dans la droite ligne des piliers du Document de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) 2011-2015 de la RDC – un document qui prévoit, parmi ses orientations principales, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base. Le projet entre dans le cadre des politiques de transport de la RDC, dont le plan d’action se veut le cadre de référence pour les réformes 2002-2015 du pays dans le secteur des transports. Ce plan suggère des investissements massifs dans les infrastructures de transport ainsi qu’un développement durable renforcé, avec trois piliers essentiels : (i) la réhabilitation d’anciennes routes asphaltées et la construction de nouvelles ; (ii) le rétablissement de la circulation en ré-ouvrant le réseau des routes en terre ; et (iii) l’entretien des routes et leur maintien en bon état.

Le projet s’inscrit dans la nouvelle stratégie pays (2013-2017) de la Banque pour la RDC, une stratégie qui repose sur deux piliers : (i) le développement de l’investissement privé, de l’intégration rurale et des infrastructures de soutien ; et (ii) le renforcement des capacités du gouvernement central à accroître les recettes publiques et à créer un cadre favorisant l’investissement privé. Le projet est également dans la lignée de la Stratégie d’intégration régionale (SIR 2011-2015), qui repose elle aussi sur deux piliers : (i) le développement des infrastructures régionales ; et (ii) le renforcement des capacités institutionnelles et humaines.

Aligné sur les objectifs clés de la Stratégie décennale de la Banque (2013-2022) – à savoir, la croissance inclusive et la transition progressive vers la croissance verte – le projet répond également aux priorités opérationnelles d’accompagnement, telles que le développement des infrastructures, le développement du secteur privé, la gouvernance et la responsabilisation, les compétences et les technologies, la question de genre, les États fragiles, l’agriculture et la sécurité alimentaire.

Il convient de noter que le projet se situe dans la lignée des interventions de la Banque et de celles d’autres donateurs (Union européenne et Banque mondiale), car faisant partie du développement progressif de la RN 1. En fait, la Banque a financé, à travers une subvention de 52,45 millions d’UC, la réhabilitation des tronçons entre Nsele et Lufimi (93,85 km) et entre Kwango et Kenge (70,34 km). Des travaux similaires entre Loange et Lovua (63 km) ont également bénéficié d’une subvention du FAD, approuvée en 2012, d’un montant de 53,55 millions d’UC.

On estime à 1 750 000 habitants, dont 892 000 femmes – soit près de 51 % – la population de la zone d’intervention du projet. Celle-ci englobe l'agglomération de Tshikapa ainsi que quatre grands villages (Mukala, Katanga, Kayateshia et Kabunlongo). La route prévue constitue le plus proche axe routier d’importance nationale auquel elle puisse être reliée.

Les bénéficiaires directs du projet sont, pour l’essentiel, les suivants : (i) les personnes vivant dans les zones d’intervention du projet ; (ii) les transporteurs routiers, qui pourront profiter d’infrastructures adéquates et d’une forte réduction des dépenses d’exploitation des véhicules ; iii) le secteur des industries extractives, pour le transport des intrants et l’évacuation des produits ; et (iv) l’État congolais. Les établissements et autres prestataires de service engagés dans la mise en œuvre et le suivi du projet en seront les autres bénéficiaires.

Prévu pour être mis en œuvre de décembre 2013 à décembre 2018, le projet sera cofinancé conjointement par le Département du Royaume-Uni pour le développement international (DFID)  (55,56 millions d’UC) et par le Fonds africain de développement (FAD), principal donateur avec 13,92 millions d’UC. Les contributions du DFID et du FAD représentent respectivement 79,97 % et 20,03 % du coût total du projet, estimé à 69,48 millions d’UC. Les ressources financières du DFID seront gérées et versées par le biais de la Facilité en faveur des États fragiles (FEF), conformément aux règles et aux procédures de la Banque. Pour ce faire, les deux institutions signeront un accord spécifique définissant les termes du cofinancement.

Le coût total du projet, net de toutes taxes et de droits de douane, est estimé à 69,48 millions d’UC (équivalant à 105,26 millions de dollars EU). Le projet est financé conjointement par : (i) le FAD à hauteur de 13,98 millions d’UC, avec un prêt de 0,66 million d’UC provenant d’une annulation, et une subvention de 13,92 millions d’UC, dont 0,28 million d’UC provenant d’une annulation ; (iii) le DFID à hauteur de 63,61 millions d’euros (équivalant à 55,56 millions d’UC), qui seront versés par le biais de la Facilité en faveur des États fragiles (FEF). Les contributions du FAD et du DFID représentent respectivement 20,03 % et 79,97 % du coût total du projet. Ce coût comprend l’indemnisation des populations affectées par le projet – couverte exclusivement par le FAD.

* En date du 10 décembre 2013, 1 unité de compte (UC) = 1,53521 dollars des États-Unis (dollars EU).