Secteur financier : la politique et la stratégie de développement de la BAD pour 2014-2019 approuvée

30/10/2014
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Mercredi 29 octobre 2014, la direction générale du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) réunie à Abidjan a pris une décision historique, en approuvant la nouvelle politique et la stratégie de développement du secteur financier (PSDSF), qui entend améliorer l’accès des plus défavorisés aux services financiers ainsi qu’étendre et renforcer les systèmes financiers sur le continent africain.
Décrite comme « la prochaine phase dans l’histoire de l’œuvre de la Banque », cette nouvelle PSDSF esquisse l’orientation des activités du Groupe de la Banque dans le secteur financier pour la période 2014-2019, au bénéfice de ses pays membres régionaux. L’accent y est mis sur le rôle du financement dans l’accélération de la transformation de l’Afrique.
La PSDSF soutient la vision qu’a la Banque du secteur financier en Afrique. En collaboration avec d’autres partenaires au développement importants, le Groupe de la Banque y recourra pour appuyer les pays africains et les communautés économiques régionales, afin de leur permettre d’atteindre trois objectifs qui se renforcent mutuellement :

  • accroître l’accès à un éventail de services financiers de qualité, fiables et abordables, en s’assurant que les personnes généralement défavorisées (femmes et jeunes notamment) puissent en bénéficier, notamment grâce à des approches innovantes conformes aux exigences de stabilité financière.
  • renforcer les marchés financiers, en appliquant les politiques, les lois et un cadre réglementaire sain au secteur, de sorte d’assurer un environnement favorable à différents types d’institutions financières, pour que celles-ci puissent fournir une large gamme de produits et services (leasing, affacturage, assurance), et qu’émerge une panoplie d’instruments financiers (lignes de crédit, obligations, actions) susceptibles de mobiliser à terme d’éventuels financements.
  • maintenir la stabilité du système financier de l’Afrique, à en renforçant la supervision des institutions financières et des capacités, de sorte de garantir la conformité avec les règlements nationaux et régionaux et les normes financières internationales.


En encourageant des systèmes financiers qui soient vigoureux, efficaces, novateurs et solides dans un marché concurrentiel qui réponde aux objectifs de la Stratégie décennale 2013-2022 de la BAD, la PSDSF veut mettre la finance au service des secteurs productifs, et renforcera la capacité à financer la croissance inclusive de l’Afrique. Elle vient également compléter la stratégie de développement du secteur privé (SDSP) qu’applique le Groupe de la Banque et tiendra compte des besoins spécifiques des pays à revenus intermédiaires, des pays à faible revenu et des États fragiles – sans omettre les enjeux liés à la question de genre et à la sécurité alimentaire.

La PSDSF facilitera l’accès des institutions financières à l’investissement et aux fonds de roulement, aidera à développer les marchés de capitaux locaux et à combler le fossé en matière de financement du commerce sur le continent. Grâce à elle, le Groupe de la Banque favorisera une meilleure gouvernance des entreprises et gestion des risques par les institutions financières, conformément aux meilleures pratiques, aux normes et à la réglementation internationales en vigueur.
Durant l’élaboration de la PSDSF, le Groupe de la Banque a pointé l’absence de marchés financiers solides et efficients comme l’un des obstacles majeurs à la croissance économique de l’Afrique : « Un accès limité aux finances réduit le bien-être et entrave la réduction de la pauvreté ainsi que l’émergence d’une classe moyenne, alors que la mise en œuvre d’une politique monétaire dans un contexte de marchés peu actifs s’avère onéreuse et inefficiente ». La stratégie tient compte de la demande soutenue provenant des pays membres régionaux (PMR) et du fait que la Banque ne peut y faire face seule ni tenter de tout faire. Il est donc crucial qu’elle forge des alliances stratégiques pour réussir la mise en œuvre.
L’objectif doit être l’émergence « de systèmes financiers qui mobilisent et répartissent l’épargne, satisfont les besoins en crédits des agents économiques, et affectent des ressources de manière efficace tout en réduisant les coûts d’intermédiation », a déclaré Stefan Nalletamby, directeur du développement du secteur financier de la BAD.