La BAD crée un fonds dédié au changement climatique en Afrique

18/04/2014
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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 16 avril 2014, la création du Fonds pour le changement climatique en Afrique (FCCA), un fonds fiduciaire bilatéral destiné à appuyer les pays africains dans leur transition vers un développement résilient au changement climatique et à faible émission de carbone. La BAD hébergera et administrera le FCCA, doté d’une contribution initiale de 4,725 millions d’euros, accordée par l’Allemagne, sur une période donnée de trois ans. L’objectif est d’en faire un fonds fiduciaire multi-bailleurs, dès qu’un nouveau bailleur s’engagera à y participer.

Le directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, également président du Comité de coordination sur le changement climatique de la Banque, Alex Rugamba, souligne l’importance du FCCA pour les pays africains : « L’Afrique est le continent le plus vulnérable aux impacts du changement climatique et ne reçoit qu’une faible part des financements climatiques par rapport aux autres continents. Je crois fermement qu’il est de la responsabilité de la Banque d’aider les pays africains à accéder aux financements climatiques internationaux, pour soutenir leur transition vers un développement qui prenne en compte le changement climatique. Ce fonds aidera à faciliter l’accès des pays aux financements qui leur sont nécessaires pour consolider leurs économies et leurs actifs environnementaux, dans un contexte de changement climatique », a-t-il ajouté.

A vocation internationale, le Fonds vert pour le climat (FVC) a confirmé que 50 % de ses allocations cibleront l’adaptation au changement climatique, et que seront prioritaires les pays les plus vulnérables, à l’instar des pays africains. « Il y a une grande opportunité pour la Banque de catalyser et canaliser davantage de financements climatiques vers l’Afrique. La Banque continuera d’appuyer les pays africains membres du Conseil du FVC avant sa prochaine réunion en mai, et nous travaillons actuellement à la conception d’un partenariat avec le FVC, pour aider les pays à se préparer à accéder aux financements climatiques », a précisé Alex Rugamba.

De nombreux pays du continent ne sont pas prêts à accéder aux financements climatiques internationaux et ont besoin de planifier des actions pour bâtir un avenir résilient au changement climatique et qui soit à faible émission de carbone. La portée du Fonds est suffisamment vaste pour offrir une gamme variée d’activités, nécessaires à la transition des pays vers un développement qui prenne en compte le changement climatique, dans le but d’induire un changement transformationnel sur le moyen et long termes. Les champs d’intervention spécifiques incluent : la préparation au financement climatique ; l’intégration du changement climatique et de la croissance verte ; la préparation et le financement de projets d’adaptation et d’atténuation ; la gestion des connaissances et le partage d’informations relatives aux changements climatiques ; le renforcement des capacités ; la préparation de stratégies et de politiques résilientes au changement climatique et à faible émission de carbone ; le travail d’analyse sur la croissance verte ; le plaidoyer et la sensibilisation. Le premier appel à propositions est prévu dans les deux prochains mois et se focalisera sur la préparation au financement climatique.

Les bénéficiaires des subventions du FCCA pourraient inclure des gouvernements africains, des ONG, des organismes de recherche et des institutions régionales ; les subventions seront gérées par les bénéficiaires eux-mêmes ou, en leur nom, par la Banque.

Dans la droite ligne de la stratégie de mobilisation de ressources additionnelles de la BAD, le FCCA complètera les fonds propres de la Banque ainsi que des fonds multi-bailleurs dont la Banque est l’agence d’exécution. La Banque intègre dans ses activités de développement, de manière progressive, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Sa Stratégie 2013-2022 met d’ailleurs l’accent sur la promotion d’une croissance inclusive et plus “verte”.