Sierra Leone : la BAD approuve le document de stratégie pays 2013-2017 - Promouvoir la gouvernance économique et le développement des infrastructures au profit de la croissance inclusive

20/09/2013
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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 18 septembre 2013 à Tunis, le document de stratégie pays (DSP) 2013-2017 pour la Sierra Leone. Cet outil de travail décrit le plan d’appui conçu par le Groupe de la Banque pour permettre à la Sierra Leone de sortir d’une situation de fragilité, tout en veillant à pérenniser le développement global du pays.

S’appuyant sur une approche participative et sélective, le DSP pour la Sierra Leone s’inscrit dans la droite ligne du Plan d'action gouvernemental pour la prospérité (dit en anglais “Government’s Agenda for Prosperity”, A4P), ainsi que des politiques principales du Groupe de la Banque, incluant le Nouveau programme d’engagement dans les États fragiles, dans lequel la Sierra Leone est un pays pilote. Le DSP met l'accent sur le mandat de la Banque et son avantage comparatif dans la relance économique des États fragiles d'Afrique, grâce à la mobilisation de ressources potentielles, aux opérations régionales, au cofinancement et aux partenariats public-privé.

Présentant le document au Conseil d’administration de la BAD, Franck Perrault, directeur des opérations de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest, a souligné les progrès continus que la Sierra Leone a accomplis dans la consolidation de la paix et la sécurité, tout en reconstruisant son économie, quasi totalement détruite par les dix années du conflit qui a pris fin en 2002. Il a expliqué que la stratégie avait été bâtie, selon l'idée que les racines profondes de la fragilité du pays continuent de menacer le développement du pays.

Parmi les facteurs de fragilité, figurent notamment le taux de chômage élevé chez les jeunes, estimé à 70 % ; les inégalités de genre ; le fort niveau de corruption, tant perçue que réelle ; de faibles capacités humaines et institutionnelles ainsi que des systèmes de gouvernance économique insuffisants, en particulier en matière de gestion des finances publiques et de gestion des revenus. Ces lacunes limitent notamment la capacité du gouvernement à mettre en œuvre son programme de développement. L'amélioration de la fourniture d’infrastructures physiques — dans l'énergie, l'approvisionnement en eau et les routes en particulier —, à la clé d'une croissance durable inclusive et de la capacité du pays à exécuter son programme de transformation, figure également au nombre des autres priorités prises en compte dans le DSP.

Aussi, la stratégie est-elle axée sur deux piliers, conçus pour favoriser la transformation de la Sierra Leone et sa transition vers un modèle de développement plus résilient. Le premier pilier, à savoir renforcer la gouvernance économique et la gestion transparente des revenus issus des ressources naturelles, s'appuiera sur les réformes en cours de la gestion des finances publiques. Le second pilier, soit l’appui au développement durable et transformationnel des infrastructures dans les secteurs de l'énergie, des routes et de l'eau, favorisera une croissance verte inclusive et l'intégration régionale, tout en renforçant le développement du secteur privé et la compétitivité.

L’appui offert sur les points cruciaux susmentionnés vise également à diversifier l'économie dans les domaines qui stimulent l'emploi et s’avèrent inclusifs, quelle que soit  l’appartenance sociale, de genre et géographique. La dimension régionale de la fragilité a aussi été prise en compte dans la formulation de la stratégie, car celle-ci devrait offrir de nouvelles opportunités au pays, en termes de commerce et de diversification de l’économie.

Yero Baldeh, représentant résident de la BAD en Sierra Leone (SLFO), a répondu aux questions des administrateurs quant à la pérennité des efforts de la Banque dans le pays et au rôle du Bureau national de la BAD en Sierra Leone (SLFO) en matière de dialogue politique et d’appui consultatif, de gestion du portefeuille et de mobilisation des ressources, essentiels au succès de la mise en œuvre de cette stratégie. A la fin mai 2013, le portefeuille actif du Groupe de la Banque en Sierra Leone comptait dix opérations à différents stades de mise en œuvre et dans divers secteurs, totalisant un engagement de 116,1 millions d'unités de compte. Au nombre des secteurs prioritaires de la Banque, les infrastructures, le secteur privé et la gouvernance représentent 88,5  % de ses engagements dans le pays, le reste se répartissant entre l'agriculture, le social et la finance. Le portefeuille de la Banque comprend également deux opérations multinationales : le projet de système de paiement de la zone monétaire ouest-africaine et le projet de renforcement des capacités et d'assistance technique auprès du Secrétariat de l'Union du fleuve Mano. L'âge moyen du portefeuille est de 2,2 ans, incluant un projet qui sera clôturé à la fin 2013.