Le Conseil d’administration de la BAD réfléchit à une approche globale soutenue pour vaincre Ebola

17/02/2015
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Le vendredi 13 février 2015, les administrateurs du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont discuté, à Abidjan, de la nécessité absolue d’éradiquer la fièvre hémorragique à virus Ebola, qui a atteint près de 23 000 personnes et coûté la vie à plus de 9 000 d’entre elles en Afrique de l’Ouest (principalement en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia).

En examinant les efforts déployés par l’institution en vue de contenir la maladie, les membres du Conseil d’administration  de la BAD ont constaté que la maladie avait de fait exposé les faiblesses des systèmes de soins de santé et des systèmes connexes dans les pays concernés en particulier, mais aussi sur le continent africain dans son ensemble.  

L’Ebola a fait son apparition pour la première fois en 1976, dans le cadre de deux épidémies simultanées qui ont touché les localités de Nzara au Soudan et de Yambuku, à proximité de la rivière Ebola (dont la maladie tire son nom) en République démocratique du Congo. 

Avant 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait enregistré l’apparition ainsi que la réapparition de la maladie en 12 autres occasions au Soudan, en République démocratique du Congo, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Congo-Brazzaville.

L’épidémie qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest est considérée comme la plus importante et la plus complexe de ce type jamais connue jusqu’ici. Elle est attribuable à un cas unique survenu en Guinée en décembre 2013.Par la suite, la maladie s’est propagée en traversant les frontières terrestres à la Sierra Leone et au Liberia ; puis, elle est apparue par l’intermédiaire d’un voyageur au Nigeria, ainsi qu’au Sénégal et au Mali, où elle a fini par être contenue, aucun nouveau cas n’ayant été signalé dans ces trois pays.

Bien que la maladie ait accusé un net repli vers la fin de l’année 2014, de nouvelles épidémies ont été signalées en Guinée et en Sierra Leone au cours des deux dernières semaines, dans des zones qui avaient été jusqu’ici épargnées.

La résurgence signalée du virus de l’Ebola atteste de la nécessité de renforcer les mesures de lutte contre la maladie, tout en soulignant le besoin de disposer d’une stratégie à l’échelle de tout le secteur au sein des pays et entre eux, pour combattre la maladie à moyen et à long termes.

Des cadres de la Banque ont effectué deux présentations comportant une image graphique de la situation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest, du fort impact qu’il exerce et du  rôle de leader de la Banque en matière d’efforts visant à contenir la maladie.  

Ces présentations ont également illustré comment le segment le plus actif de la population active, et notamment les femmes (qui sont le moteur de nombreux secteurs économiques et courent le risque d’être infectées en tant que principales dispensatrices de soins) dans les pays concernés sont en passe d’être « décimés ».

L’agriculture et l’éducation comptent parmi les secteurs les plus touchés, enregistrant des pertes économiques estimées à 113 millions de dollars US au Liberia (soit 5,1 % de son PIB) ; 95 millions de dollars US en Sierra Leone (soit 2,1 % de son PIB) et 120 millions de dollars US en Guinée (soit 1,8 % de son PIB).

Plusieurs membres du Conseil d’administration ont loué le leadership dont la direction et le personnel de la Banque ont fait preuve dans la lutte visant à contenir le virus Ebola en réunissant au total 223 millions de dollars US venus compléter les efforts nationaux et internationaux, outre la coordination du dialogue et des stratégies tant à l’échelle internationale qu’au niveau des pays qu’ils ont assurée. 

Ils ont encouragé la direction à exploiter au mieux le pouvoir de rassemblement de la BAD afin de réunir d’autres partenaires au développement et de coordonner des actions qui pourraient contribuer à ériger des structures capables de contenir la maladie de manière définitive.


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