Le conseil d'administration de la BAD approuve la revue à mi-parcours de la Stratégie à moyen terme du Groupe

19/05/2011
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Le conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont approuvé, le 18 mai 2011, la revue à mi-parcours de la Stratégie à moyen terme (SMT) de la Banque pour la période 2008-2012.

L'objectif de la revue est d'évaluer les progrès réalisés par rapport aux objectifs contenus dans la SMT, et d'entamer l'examen d'une stratégie à plus long terme au-delà de 2012.

Le lancement de la SMT a coïncidé avec le début de la crise économique mondiale en 2008. La BAD a répondu rapidement et avec souplesse à l'évolution des besoins de ses clients en raison de la crise.

Elle a pris des mesures telles que la mise à disposition des ressources en phase initiale des opérations, la restructuration du portefeuille de prêts, et l’offre d’instruments à décaissement rapide pour aider ses pays membres régionaux à faire face aux effets à court terme de la crise et à atténuer les impacts à plus long terme.

Dans l'ensemble, les mesures se sont traduites par une augmentation significative des prêts 2009 de la BAD, qui sont passés à 8 milliards d’unités de compte* (12,6 milliards de dollars EU), contre 3,5 milliards d’UC en 2008 et 3,1 milliards d’UC en 2007.

Pendant la crise, les opérations de la BAD ont continué à suivre les priorités énoncées dans la SMT. Les principaux domaines sont les infrastructures, le secteur privé, la gouvernance et l'enseignement supérieur.

Entre 2008 et 2010, ces quatre secteurs ont représenté 88,4 pour cent du total des engagements de la Banque, soit 13,7 milliards d’UC sur un total de 15,5 milliards d’UC.

Les investissements dans les opérations souveraines d’infrastructures représentaient 51 pour cent, le secteur privé 25 pour cent, et la gouvernance environ 22 pour cent.

Bien que les approbations en matière d'éducation supérieure, science et technologie (ESST) aient compté pour moins de deux pour cent du total des prêts, ce qui n'est pas conforme à  leur importance pour l'Afrique, les ressources de la Banque ont contribué à mobiliser des fonds supplémentaires auprès de ses partenaires stratégiques. Les cofinancements ont permis d’obtenir au total quelque 19,16 milliards d’UC en 2009.

Le développement important des opérations du secteur privé a été jusqu'à présent une caractéristique notable au cours de la période de la SMT, y compris dans les pays à faible revenu. La Banque a entrepris un examen de sa politique de développement du secteur privé, ce qui permettra d'affiner les interventions en faveur du secteur privé pendant le reste de la période couverte par la SMT.

Les États fragiles ont continué à bénéficier du soutien du Groupe de la Banque, ce qui s'est avéré essentiel pour leur stabilité économique et financière.

Bien que la rigueur financière ait été constamment maintenue, la BAD reconnaît néanmoins qu’il est nécessaire d’accorder une attention particulière à la gestion des risques, au vu de la croissance de son portefeuille.

La Banque a piloté l'initiative de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales d’Afrique, pour analyser la réponse africaine à la crise, fournir des conseils aux chefs d'Etat africains et intégrer les perspectives africaines dans les discussions du G20.

Le Comité des Dix (C10) qui en est issu continue de se réunir régulièrement pour examiner les priorités économiques de l'Afrique et ses stratégies de partenariat avec le reste du monde.

La BAD a renforcé ses travaux sur la production du savoir et des conseils, et ses publications phares sont maintenant parmi les principales sources d'information sur le développement africain.

La Conférence économique africaine, que la BAD organise conjointement avec la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, est maintenant un forum inscrit sur le calendrier des évènements relatifs au développement en Afrique.

Avec l’extension de la crise financière mondiale, l’appel aux ressources de la Banque a augmenté. Les négociations en vue d’une augmentation générale du capital ont été lancées, et ont abouti à une augmentation de 200 pour cent en 2010. Les négociations pour la reconstitution des ressources du Fonds africain de développement ont connu leur aboutissement à la fin de 2010, avec une augmentation de 10 pour cent.

La coïncidence de ces deux exercices a mis en évidence l'interdépendance des deux principaux guichets de l'institution, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds africain de développement (FAD), et souligné l'importance de l'approche "Une Banque".

L'évolution vers une approche basée sur les politiques économiques et les résultats, plutôt que sur les instruments, a eu des implications importantes pour les politiques du Groupe, qui seront étudiées au cours des prochaines années.

Le changement climatique est passé au premier plan en Afrique au cours de la période. Son impact sur le continent est beaucoup plus apparent, et il est donc devenu nécessaire de répondre efficacement à ses besoins particuliers.

À cette fin, les dirigeants africains ont demandé à la BAD d'abriter un Fonds vert pour l'Afrique en vue d’attirer des ressources vers le changement climatique.

Au cours des trois premières années de la SMT, le Groupe a mis en place un certain nombre de réformes institutionnelles et de politiques, et a également entrepris un peaufinage de la structure de sa direction. Des progrès supplémentaires sont nécessaires, notamment en matière de décentralisation et d’adaptation de la décentralisation aux conditions particulières des pays.

La BAD a mis en place une unité dédiée au renforcement de la gestion pour les résultats. Des progrès ont sans doute été accomplis dans l'utilisation des systèmes nationaux et l'harmonisation de l’aide, mais il reste encore beaucoup à faire.

Le relèvement de la qualité des ressources humaines de la Banque était l’un des principes fondamentaux de la SMT. Entre 2008 et 2010, l'institution a recruté 753 employés, ce qui équivaut à 42 pour cent de l'effectif total actuel. Toutefois, des lacunes importantes dans les compétences restent à combler, y compris dans les bureaux extérieurs.

L'actualité dans certains pays membres régionaux a souligné les défis auxquels le développement africain et  la BAD sont confrontés. Aucune autre banque de développement multilatérale n’a été confrontée aux difficultés que la BAD a rencontrées sur son site, et c'est à l’honneur de son personnel d’avoir continué à travailler avec efficacité face à de tels défis.

Les principales conclusions de la revue à mi-parcours sont les suivantes :

  • L'orientation stratégique sur les quatre domaines phares demeure pertinente,  et elle guidera les opérations de la Banque pour le reste de la période.
  • La Banque doit accorder une attention particulière à l'éducation supérieure, la science et la technologie et aux nouveaux impératifs émergents tels que la sécurité alimentaire et le changement climatique.
  • La Banque doit mettre davantage l'accent sur le développement du secteur privé, qui est essentiel pour la croissance, la création d'emplois et la réduction de la pauvreté.
  •  La Banque doit être proactive, prompte à réagir et souple, notamment sur les grands événements politiques et sociaux qui se déroulent dans les pays membres régionaux, y compris en Afrique du Nord, tout en protégeant ses réalisations.
  • La Banque doit renforcer l’accent sur la fourniture aux pays membres régionaux, en temps voulu, de solutions fondées sur le savoir sur les questions stratégiques de grande importance.
  • La Banque doit renforcer les partenariats stratégiques afin de maximiser l'impact du développement.
  • La Banque doit améliorer à la fois la prestation et les résultats grâce aux réformes institutionnelles continues.
  • La Banque doit renforcer ses travaux sur la promotion de l'égalité de genre et l'autonomisation économique des femmes.
  • La Banque doit engager des travaux sur un plan de réussite de la SMT.

* 1 UC = 1,6 $EU à mai 2011