La BAD appelle à une intégration régionale approfondie, outil de croissance et de création d'emplois en Afrique australe

15/03/2011
Share |

Pretoria, le 14 mars 2011 - Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a affirmé l'engagement de son institution à renforcer l'intégration régionale et la croissance en Afrique australe. S'adressant aux médias au terme d'une visite officielle de six jours dans la région, M. Kaberuka a déclaré que la BAD a beaucoup fait en termes de volume d’appui à l'Afrique du Sud et à l'ensemble des pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), mais qu’elle devait en faire encore plus face aux défis qui restent nombreux.

M. Kaberuka, qui s’est rendu en Afrique du Sud à l'invitation du ministre des finances, Pravin Gordhan, a eu des entretiens avec le ministre et d'autres hauts responsables sur des questions d'intérêt commun pour la BAD et l'Afrique du Sud. L’Afrique du Sud est un pays membre régional important et un interlocuteur stratégique de la Banque, étant donné l’importance de son économie et le rôle qu'elle joue dans l'arène internationale, notamment dans le G20 et pour la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 17), qui se tiendra à Durban plus tard cette année. Les discussions ont souligné l’importance des investissements de la BAD dans les infrastructures, la promotion de l'intégration régionale et le changement climatique.

Le programme de M. Kaberuka comprenait une visite au campus Soweto de l'Université de Johannesburg, en tant qu'invité du ministre Gordhan. L’événement était organisé en collaboration avec le Grand Soweto Business Forum. Le président Kaberuka a pu échanger avec des entrepreneurs et des chefs d'entreprise locaux. Il a indiqué que la BAD se penchera sur les moyens avec lesquels elle pourrait soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique du Sud, en vue de contribuer davantage à la lutte contre le chômage.

Le président de la BAD a rendu une visite de courtoisie au président sud-africain Jacob Zuma et tenu une réunion d’information avec le personnel enseignant et les étudiants de l’Université de Witwatersrand.

L'intégration régionale est l'un des quatre piliers de la stratégie de la BAD pour la création de richesses en Afrique et dans la région. La BAD a engagé 3,6 milliards de dollars EU en faveur de l'intégration régionale au cours des 15 dernières années. «La BAD reste particulièrement engagée dans son soutien à l'intégration régionale. L’Afrique du Sud est la plate-forme naturelle de l'intégration régionale en Afrique australe, compte tenu de sa position économique", a dit M. Kaberuka. Il a ajouté que la Banque "va adapter son approche de l'intégration régionale, qui ne se limite pas seulement aux investissements dans les infrastructures. Nous allons mettre l'accent sur des enjeux comme le cadre légal et réglementaire. Cette question est cruciale, par exemple, dans la promotion du commerce régional, le partage des ressources en eau et la coopération dans la prestation des services."

Le ministre des Finances, M. Gordhan, a exprimé le soutien de l’Afrique du Sud à la stratégie de la BAD en matière d'intégration régionale, avec son accent sur le renforcement des capacités institutionnelles pour soutenir le financement des infrastructures.

L’Afrique du Sud présidera la 17e Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 17), qui aura lieu à Durban en 2011. M. Kaberuka a rappelé le ferme engagement de la BAD à la définition des enjeux liés au changement climatique en Afrique. Il a déclaré que la Banque va mobiliser des financements pour un Fonds vert pour l’Afrique et promouvoir la viabilité des projets de changement climatique. Il a expliqué que l'Afrique, qui affiche la contribution la plus faible aux émissions de carbone dans le monde, est l'une des régions les plus vulnérables, soulignant qu'il y avait d'énormes possibilités d'investir dans une croissance propre et l'adaptation au changement climatique. Il a souligné que l'Afrique n'avait pas eu sa juste part d’accès aux financements et ressources au titre du Protocole de Kyoto. «Les dirigeants africains ont apporté leur soutien à la Banque africaine de développement afin qu’elle joue un rôle de premier plan en termes de financement du changement climatique», a déclaré M. Kaberuka. "Nous avons repris cette demande et nous travaillons activement à créer un Fonds vert pour l’Afrique dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques."

M. Aloysius Ordu, vice-président, Programmes pays, régionaux et politiques de la BAD, a réitéré la nécessité de faire des changements climatiques une priorité. "Nous ne considérons pas le changement climatique comme une activité distincte," a déclaré Ordu. «Nous intégrons la question du changement climatique dans toutes nos opérations et donnons la priorité au financement des projets d'infrastructure respectueux du climat."

M. Kaberuka a également visité le Zimbabwe et le Swaziland. Au Zimbabwe, le président a souligné l'importance d’une plus grande clarté et d’une plus grande prévisibilité des politiques, y compris des droits de propriété. Ceci, dit-il, afin de créer un environnement favorable pour stimuler la confiance des investisseurs. Il a exhorté le gouvernement à agir rapidement pour convenir d'un cadre de gestion de la dette.

Au Swaziland, M. Kaberuka s'est entretenu avec les autorités sur les défis économiques que connaît le pays, étant donné ses graves contraintes budgétaires. Il a encouragé les autorités à accélérer et à approfondir le rythme des réformes économiques, avec un accent particulier sur la mise en œuvre d’un plan budgétaire durable à long terme, à la lumière de la baisse des revenus enregistrés au Southern African Customs Union (SACU).

La BAD a récemment ouvert un bureau régional à Pretoria pour mieux desservir la région de la SADC.