Économie verte en Afrique : La BAD, le Club de Madrid et la Fondation P80 Group mobilisent les fonds de pension et les fonds d’investissement souverains

12/06/2013
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Le 30 mai 2013, lors de ses Assemblées annuelles à Marrakech, au Maroc, la Banque africaine de développement (BAD) a organisé un évènement de haut niveau, intitulé « Des financements innovants pour une économie verte », pour débattre de la façon dont l’Afrique peut attirer des financements privés, notamment de fonds de pension et de fonds souverains, afin de financer une économie à faible émission de carbone et résiliente au changement climatique. Le tout nouveau Africa50Fund a précisément été conçu par la BAD pour débloquer les financements privés et accélérer le rythme d’exécution des projets d’infrastructure en Afrique.

Ces fonds privés peuvent déployer des techniques existantes et déjà éprouvées pour aider à résorber la pénurie croissante de financements nécessaires pour parvenir à un développement socio-économique durable, dans des secteurs tels que les énergies propres et renouvelables, l’eau potable, l'industrie agroalimentaire, et les prestations des soins de santé de proximité. La mobilisation de telles ressources est indispensable pour financer les besoins en infrastructures de l’Afrique, et contribuer également à la réalisation de deux des objectifs de la Stratégie décennale de la Banque 2013-2022, que sont : l’appui à la croissance inclusive d’une part ; la transition progressive vers la croissance verte d’autre part.

Le groupe de réflexion s’est inspiré du leadership et des bonnes pratiques exercés par les membres du Club de Madrid, qui compte plus de 90 chefs d'État et de gouvernement démocratiques issus de plus de 60 pays. Représentant le Club de Madrid, l'ancien président du Botswana, Festus Mogae, et l'ancien président de Tanzanie, Benjamin Mkapa, ont souligné les besoins en financement que requiert l'économie verte en Afrique, au travers de certains projets dans les secteurs de l'énergie, l'eau, des transports et de l'agriculture. « Les projets “bancables” ne manquent pas en Afrique », ont reconnu les deux hommes. « Il doit y avoir un bon climat d'investissement pour faciliter les financements. Or ce climat d'investissement s'améliore dans de nombreux pays », a ajouté Mpaka.

Le groupe a bénéficié de l'expérience des représentants de la Fondation P80 Group, dont l’origine est liée au Prince Charles de Galles, qui était convaincu de la possibilité d’encourager les fonds de pension et les fonds d’investissement souverains les plus importants au monde à accroître le volume de leurs investissements axés sur le changement climatique et/ ou le développement durable.

Eugene Yun, directeur général de la Fondation P80 Group, a expliqué que des véhicules financiers novateurs avaient été nécessaires pour déployer les investissements massifs que les fonds de pension et fonds souverains souhaitent faire dans des projets écologiques en Afrique. « Des institutions de confiance comme la BAD peuvent nous aider à investir dans des projets “verts” de qualité sur le continent », a-t-il déclaré. Exemples à l’appui, Alfred Watkins, président exécutif du sommet mondial de l'innovation de la Fondation P80 Group, a expliqué comment la mobilisation de ces fonds pouvait changer la donne en termes de transfert de technologie vers les pays africains.

Dans ce cadre, Charles Boamah, vice-président de la BAD en charge des finances, a décrit la capacité de la Banque à mobiliser des fonds du secteur privé, et à créer des mécanismes de financement innovants tels qu’Africa50Fund. Le Fonds tirera parti du pouvoir mobilisateur et de l’expertise de la BAD, ainsi que de sa large présence sur le continent. Il bénéficiera d’une enveloppe initiale de 3 milliards de dollars EU, dans le but de financer des projets pour un montant total de 100 milliards de dollars EU.

At the recent African Development Bank Annual Meetings in Marrakech, a high-level side event took place exploring the theme Innovative Financing for a Green Economy, defining how African stakeholders can attract private sector finance, particularly from pension and sovereign wealth funds, to finance a low carbon and climate resilient economy in Africa. The Africa50Fund, which was designed by the AfDB to unlock private financing and accelerate the speed of infrastructure delivery in Africa, was also announced.

These private sector funds have the potential to deploy proven, existing technologies to help address increasing shortages of key resources needed to achieve sustainable socio-economic development in such sectors as clean, renewable energy, drinking water, food processing, and local cost health care delivery. The mobilization of these financial resources will be essential to financing Africa’s infrastructure needs and also contribute to achieving the dual objectives of the Bank’s Ten-Year Strategy (2013-2022) which are: (i) supporting inclusive growth and (ii) the gradual transition to green growth.

This panel has drawn on the leadership and best practice experience of Club de Madrid Members composed of more than 90 democratic Heads of State and Government from over 60 countries. Former President of Botswana Festus Mogae and Former President of Tanzania Benjamin Mkapa, representing the Club de Madrid, have highlighted the needs for financing the green economy in Africa through some projects in the energy, water, transport and agriculture sectors. Both agreed: “There is no shortage of bankable projects in Africa”. “There must be a good investment climate to facilitate financing. This investment climate is improving in many countries,” Mpaka emphasized.

The panel benefited from the experience of representatives of the P80 Group Foundation, which owes its origins to the inspiration of HRH Prince Charles who believed that the world’s largest pension and sovereign wealth funds could be encouraged to increase the level of their investments directed towards climate and/or sustainable development. Eugene Yun, Managing Director of the P80 Group Foundation, explained that innovative financial conduits were needed in order to deploy the large investments that pension and sovereign wealth funds want to make in green projects in Africa. Trustful institutions like the AfDB can help us invest in good green projects on the continent,” he said. Alfred Watkins, Executive Chairman of the P80 Group Foundation’s Global Innovation Summit, illustrated how the mobilization of these funds can be a game changer in moving technology and making it available to African countries. In that context, AfDB Vice-President, Finance, Charles Boamah showcased the capacity of the Bank in mobilizing much needed available private sector funds and establishing innovating financing facilities such as the Africa50Fund. The fund will leverage AfDB’s convening power and knowledge and will benefit from the Bank’s extensive presence on the continent. He announced that the Fund will have an initial drawdown of US $3 billion and would aim at financing projects of a total of US $100 billion.