Au Congo, BAD s’engage à hauteur de 52 millions d’euros pour renforcer le réseau de fibre optique et l’accès à Internet

22/05/2016
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Le 18 mai 2016, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 52,04 millions d’euros en faveur du gouvernement de la République du Congo. Ce, afin de financer la composante congolaise du projet de déploiement de la fibre optique an Afrique centrale, appelé en anglais « Central Africa Backbone » (CAB). Le projet va étendre le réseau, améliorer les connexions internationales et faciliter l’accès à Internet et aux e-services au profit de l’ensemble de la population congolaise.

« L’objectif global du projet est de contribuer à la diversification de l’économie congolaise. L’essor des TIC et des services en ligne va créer une dynamique positive dans d’autres secteurs de l’économie comme l’agriculture, l’éducation, la santé et le commerce » a souligné Amadou Oumarou, directeur du Département transport et TIC de la BAD.

Le Congo dispose d’un accès direct au seul câble sous-marin de fibre optique, mais ses connexions terrestres avec ses voisins restent pour le moment limitées, ce qui pénalise la région en termes de bande passante et de coût d’accès au réseau Internet et, partant, freine le développement des e-services et de l’économie numérique. Ce projet approuvé par la BAD doit contribuer à y remédier à l’horizon 2020.

«  Le projet va briser l’isolement dont souffrent certaines régions, notamment rurales, tout en renforçant l’intégration régionale grâce à la création de connexions terrestres internationales avec les pays voisins, notamment le Cameroun et la République centrafricaine. » a expliqué Samatar Omar Eimi, Ingénieur TIC à la BAD et chef d’équipe sur ce projet.

Grâce à ce projet, 550 km de fibre optique seront déployés dans le nord du Congo, depuis la ville d’Ouesso, vers la frontière camerounaise d’une part, et la frontière centrafricaine d’autre part. Un appui technique sera prodigué aux organes de régulation, de sorte de garantir l’accès au réseau et une tarification adaptée dans les régions desservies. Seront également financées la construction d’un centre national de données (Datacenter) destiné au gouvernement congolais, ainsi que la création de nouvelles applications TIC (e-poste, système d’alerte en cas d’urgence). Enfin, le projet aidera à stimuler l’usage et l’apprentissage des TIC à travers plusieurs structures partenaires : un centre ciblant les femmes, des associations locales, une radio communautaire, un institut pour aveugles et sourds-muets, ainsi que l’université Marien Ngouabi.

Une fois achevé, le projet aura amélioré l’accès de la population aux TIC, réduit les coûts de connexion (de 60 % pour les coûts d’échange d’information à l’international) et contribué ainsi à renforcer l’inclusion sociale et spatiale dans les régions traversées. 5 000 personnes devraient bénéficier du service d’e-poste d’ici à 2020, tandis que la création d’une radio communautaire profitera à quelque 90 000 personnes. L’accès aux TIC s’en verra grandement amélioré au sein des institutions partenaires, notamment au bénéfice des femmes, des étudiants et des personnes souffrant de handicap (10.000 femmes et 350 aveugles et sourds-muets seront formés à l’usage des TIC d’ici à 2020), ainsi que de l’administration congolaise.

Le montant total du projet est estimé à 66,56 millions d’euros (43,66 milliards francs CFA environ) – un montant financé par le prêt de la BAD et le complément apporté par la République du Congo.

Ce tronçon congolais opérera une liaison avec un autre important tronçon de fibre optique financé par la BAD au Cameroun – un projet approuvé en 2015. Au total, ce sont près de 11 pays d’Afrique centrale que la BAD et ses partenaires contribuent à mettre en réseau.