La BAD mise sur l’agriculture pour stimuler la transformation de l’Afrique

29/01/2015
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La Banque africaine de développement (BAD) a exprimé son soutien à l'Union africaine (UA) pour la mise en œuvre des engagements de l'Afrique visant à transformer l’agriculture et à en accélérer la croissance.

Lors d'une réunion de haut niveau, tenue le 27 janvier 2015 à Addis-Abeba, à l’occasion du 24e Sommet de l’UA, le vice-président de la BAD Aly Abou-Sabaa a déclaré que son institution apporterait, avec d'autres partenaires, un soutien financier innovant pour mettre en œuvre les engagements que l'Afrique avait pris en 2014, lors du Sommet de Malabo sur l’agriculture et la sécurité alimentaire.

L’agriculture a été et continue d'être importante pour la BAD, a-t-il souligné. Elle joue un rôle clé dans la stratégie 2013-2022 de la Banque pour la promotion d'une croissance inclusive.

« Toutefois, s’il est vrai que l'agriculture représentera une part importante de la croissance de 8 % dont l'Afrique a besoin pour sa transformation, nous devons changer notre approche. Nous devons nous concentrer sur les domaines et les activités qui peuvent conduire à la transformation de nos économies », a plaidé Aly Abou Sabaa.

Et d’ajouter que la BAD est décidée à soutenir les initiatives qui promeuvent les chaînes de valeur agricoles intégrées, à aident à rapprocher les marchés et l'agro-industrie, qui encouragent l'entreprenariat des jeunes dans l'agriculture, outre la nécessité de changer de paradigme, afin de considérer l’agriculture comme un investissement commercial.

Abou-Sabaa a tenu à mettre un accent particulier sur la question du genre : « Les agricultrices africains doivent être habilitées et avoir accès aux moyens de production, y compris la terre et le financement », a-t-il exhorté.

L’emploi des jeunes dans l'agriculture est un enjeu dont la BAD a pleinement conscience – d’autant que 60 % des chômeurs africains sont des jeunes. Or l’agriculture n’emploie que 2 % des diplômés africains. D’ici à 2100, près de moitié de la jeunesse dans le monde sera africaine.

Avec ses partenaires, la BAD entend investir dans un programme phare, qui encourage l'entrée des jeunes diplômés dans l'agriculture et l'agro-industrie. Ce programme vise plus de 800 000 jeunes répartis dans 20 pays africains, auxquels sera dispensée, entre autres actions, une formation à des technologies agricoles éprouvées.

La BAD compte aussi investir massivement dans l'irrigation. Seules 7 % des terres arables en Afrique sont irriguées (à peine 3,7% en Afrique subsaharienne) ; or quelque 40 millions d'hectares de terres agricoles pourraient l’être sur le continent. Augmenter de 3,6 % par an les investissements dans l’irrigation pourrait tripler la superficie irriguée, qui atteindrait ainsi les = 22 millions d'hectares d'ici à 2050.

L'intégration régionale, que la BAD continuera de soutenir, facilite le commerce des produits agricoles sur le continent. Dans un environnement de plus en plus mondialisé, la participation de l'Afrique au marché agricole mondial reste limitée, à seulement 2 %.

« Nous devons reconnaître qu'aucune institution ne peut répondre aux besoins d'investissement – en augmentation – pour le développement agricole du continent », a déclaré le vice-président Aly Abou-Sabaa, qui a  a appelé tous les partenaires au développement à renforcer leur coopération pour dégager des synergies dans le secteur agricole. Et d’ajouter : « Nous allons continuer à œuvrer avec nos partenaires traditionnels tout en recherchant de nouvelles sources de financement pour trouver des solutions innovantes ».