La BAD continue de promouvoir un développement sobre en carbone

12/07/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) a été, pour la cinquième fois, coorganisatrice du Forum africain du carbone, au côté des Nations unies, de la Banque mondiale et de l’Association internationale pour l'échange de droits d'émission. Ce Forum d’importance s’est tenu du 3 au 5 juillet 2013 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Au vu des défis que pose aujourd’hui le marché du carbone, Il a été l’occasion d’analyser les performances actuelles du Mécanisme de développement propre (MDP), créé dans le cadre du protocole de Kyoto, comme celles d’autres mécanismes de financement, et de discuter des possibilités de renforcement de ceux-ci en Afrique. Première institution de financement et de développement en Afrique, promouvant des solutions de financement viables pour un développement fructueux sur le continent, la BAD soutient avec force la poursuite de ces mécanismes et leur renforcement.

Malgré les prix peu élevés des crédits-carbone, les avancées du MDP et les opportunités qu’offrent de nouveaux marchés potentiels ont attiré plus de 400 participants au Forum, inauguré par le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan. Celui-ci a dit l’importance cruciale d’un développement à faible carbone, qui représente une option viable pour son pays.

« À ce jour, l’Afrique a le plus faible nombre de projets MDP enregistrés, soit un peu plus de 2 % de l’ensemble des projets dans le monde. Et c’est insuffisant », a souligné Kurt Lonsway, un responsable du Département énergie, environnement et changement climatique (ONEC, en anglais) de la BAD. Il a ajouté : « Nous espérons que poursuivre et renforcer le MDP faciliteront la participation de nombreux autres projets sur le continent ». Lors de la première session plénière consacré au MDP qu’il a modérée, sur le thème « Succès et leçons retenues - l’avenir du Mécanisme », Kurt Lonsway a demandé à deux reprises au public présent s’il pensait que le MDP avait un avenir en Afrique. Un peu plus de la moitié a répondu par l’affirmative, témoignant des améliorations à apporter pour réduire les coûts des transactions et simplifier les critères d’accès au Mécanisme pour les pays africains.

Pour mettre l’Afrique sur la voie d’un développement sobre en carbone, la BAD s’est engagée dans un programme ambitieux. Avec son Département énergie, environnement et changement climatique (ONEC), la Banque se positionne comme une plateforme regroupant les services de conseil nécessaires à la mobilisation des financements climatiques, notamment en aidant pays et projets à avoir accès aux marchés du carbone. Les fonds canalisés grâce à des fenêtres de financements, telles que les fonds d’investissements climatiques (FIC), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le tout récent Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA en anglais), la première phase du Programme africain d’appui au carbone (ACSP en anglais) et la nouvelle plateforme africaine de l’Initiative énergie durable pour tous (SE4ALL en anglais) sont directement investis dans l’appui aux secteurs des transports, des communications, de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. L’objectif est d’assurer leur mise à disposition effective en Afrique et leur adéquation avec les besoins du continent.

Lors de la cinquième édition du Forum africain du carbone, les derniers développements du cadre réglementaire, notamment d’éventuels nouveaux mécanismes de marché visant à renforcer la rentabilité des actions d’atténuation du changement climatique, ont été discutés. Divers instruments d’atténuation, comme le système de plafonnement et d'échange, les stratégies de développement à faible émission, les mesures d’atténuation adaptées au contexte national, ont été mis en exergue. Le Forum a également montré un intérêt croissant pour les opportunités de financements du développement à faible carbone et l’engagement des partenaires de développement à les soutenir en Afrique.