BAD-Côte d’Ivoire : Retour dans un contexte de relance économique

08/04/2013
Share |


Après une décennie de stagnation, l’économie ivoirienne retrouve des couleurs. Et les signes de la relance sont perceptibles ici et là, et notamment à Abidjan, la capitale économique. Travaux de voirie et d’assainissement, lutte contre l’insalubrité, lancement de projets de logements sociaux par le gouvernement à Abidjan et à l’intérieur du pays, opérations immobilières menées par le secteur privé, etc.  

Les exemples les plus visibles des travaux de construction à Abidjan sont ceux du 3e pont d’Abidjan, de la réhabilitation de l’Université d’Abidjan et les échangeurs de la Riviéra 2 et de  Marcory. La ville d’Abidjan ressemble à un chantier, disait le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, lors de la réunion du Conseil d’administration de l’institution tenue en février 2013 à Abidjan.  

Spectaculaire remontée

Les efforts de sortie de crise du gouvernement, appuyés par les partenaires au développement dont la BAD, sont remarquables en termes de croissance économique. De 3% en  2010, le taux de croissance s’était dégradé en 2011, tombant à -4,7%. En 2012, la  remontée est spectaculaire : 9.8%. Avec une inflation maîtrisée à 1,3%. Toutes choses qui valent au gouvernement ivoirien les félicitations d’une  mission conjointe  BAD, Banque mondiale et  FMI qui  a eu lieu en mars 2013.

En juin 2012 déjà, le pays engageait bien ses efforts de redressement. Il atteignait alors le point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Ce qui lui a permis d’alléger de 2/3  sa dette. Sur un stock d’environ 6 500 milliards CFA, l’allègement global  attendu est estimé à environ 4 300 milliards  CFA.

C’est dans ce contexte que la BAD prépare son retour annoncé pour 2014. Les premiers pas de ce retour ont été marqués en février 2013 par la tenue d’une réunion du Conseil d’administration de l’institution. Une première depuis la relocalisation en Tunisie en 2003. Un retour précédé également  durant la même période par une mission de consultation des administrateurs venus s’enquérir de l’évolution des projets financés par la BAD, tout comme de l’évolution économique globale du pays.

Cette mission fut l’occasion pour la BAD de rappeler son engagement à soutenir les efforts de sortie de crise du pays. Ainsi, la BAD contribuera à hauteur de 1 milliard de dollars - sur les 8,75 milliards promis par les bailleurs de fonds lors de réunion du Groupe consultatif de décembre 2012 à Paris pour appuyer le Plan National de Développement 2012-2015.

Au cours de son séjour, la délégation de la BAD a échangé avec les autorités. Et le président, Donald Kaberuka, s’est entretenu avec le président ivoirien Alassane Ouattara sur les questions d’intégration régionale et de développement dans la région du Sahel. Des rencontres auxquelles il faut ajouter celles organisées avec les partenaires au développement de la Banque mondiale, du  FMI, de l’Union Européenne et du PNUD.

Un retour porteur d’espoir

Les partenaires du secteur privé et des organisations de la société civile ont également été consultés. L’objectif recherché étant d’élargir les échanges afin que les interventions de la BAD aient le plus grand impact possible sur le terrain.   

Ces différentes rencontres ont été ponctuées de visites de sites, de chantiers de réhabilitation des locaux de la BAD et de projet  financés par l’institution. Au nombre de ceux-ci le siège en réhabilitation, l’immeuble du CCIA devant abriter une partie du personnel, le projet de gestion intégrée du bassin versant du Gourou, le pont Henri Konan Bédié, appelé 3e pont et la centrale thermique d’Azito.

Le retour annoncé de l’institution et ces missions sont porteurs d’espoir pour la population et le gouvernement, après des années de crise. Ils y voient le retour véritable du pays sur la scène internationale. Tout comme un soutien supplémentaire à la relance économique, en termes de création d’emplois, de stimulation de l’économie et de financement de nouveaux projets de développement qui contribueraient à l’amélioration des conditions de vie des populations.